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L'ex-dirigeant des FARC, brièvement arrêté au Mexique, est rentré en Colombie

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Par euronews
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Rodrigo Granda (centre) à son arrivée à l'aéroport de Bogota (Colombie), le 20/10/2021
Rodrigo Granda (centre) à son arrivée à l'aéroport de Bogota (Colombie), le 20/10/2021   -   Tous droits réservés  MAURICIO MORENO/AFP

Rodrigo Granda est arrivé ce mercredi à Bogota (Colombie). La veille, ce dirigeant de l'ex-guérilla colombienne des FARC avait été brièvement interpellé au Mexique.

"Je suis là", a déclaré Rodrigo Granda à la presse à son arrivée l'aéroport international de Bogota, où il a remercié le Mexique et la communauté internationale de lui avoir "donné toutes les possibilités" de rentrer dans son pays.

M. Granda, connu comme le diplomate en chef de l'ex-guérilla marxiste, avait été arrêté la veille à Mexico sur la base d'une "notice rouge" d'Interpol émise par le Paraguay, selon les députés et dirigeants du parti Comunes, fondé par les anciens guérilleros à l'issue de l'accord de paix.

Il se rendait au Mexique, au sein d'une délégation menée par l'ex-numéro un des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), Rodrigo Londoño, à l'invitation du Parti du travail pour participer à une convention de formations de gauche.

Comunes, le parti politique issu de la disparition des FARC, a dénoncé une violation de l'accord de paix historique de 2016, et accusé le président colombien Ivan Duque d'être à l'origine de l'arrestation.

Des sources au sein des autorités fédérales mexicaines ont confirmé l'arrestation à l'Agence France Presse, refusant néanmoins de donner des détails.

En 2008, un juge paraguayen avait lancé un mandat d'arrêt à son encontre pour la responsabilité présumée de Rodrigo Granda dans l'enlèvement, suivi du meurtre, de la fille de l'ancien président Raul Cubas, en 2005. Le gouvernement colombien n'a pas précisé si son interpellation au Mexique était liée à cette affaire.

Négociateur de la paix ?

Rodrigo Granda, 72 ans, était l'un des négociateurs de la paix à La Havane, processus entamé en 2012 et qui avait abouti à l'accord de paix historique de 2016, suivi du désarmement des FARC. Il avait été déjà arrêté en 2005 lors d'une opération clandestine de l'armée colombienne au Venezuela, puis remis en liberté en 2007 dans le cadre du processus de paix.

L'arrestation de Rodrigo Granda intervient un peu plus d'un mois avant le cinquième anniversaire de l'accord signé à l'époque entre la guérilla et le président Juan Manuel Santos, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2016.

La Colombie connaît ces derniers mois une préoccupante recrudescence de la violence dans plusieurs régions du pays, où sévissent de nombreux groupes armés, dont des dissidents des FARC qui rejettent l'accord de 2016 et ont repris les armes.

En 2018, un autre leader des ex-FARC et négociateur de l'accord de 2016, recherché aux Etats-Unis pour trafic de drogue, "Jesus Santrich", avait été arrêté. Libéré en 2019 sur ordre de la Cour suprême, il avait ensuite repris les armes, invoquant le non-respect de l'accord de 2016 par le président Duque.

Il est mort peu après au Venezuela lors d'une confrontation armée dont les acteurs restent non-identifiés à ce jour. Rodrigo Granda avait alors évoqué un possible retour à la lutte armée.

Sources additionnelles • AP, AFP