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Une année 2021 en Europe sous le signe de la lutte contre le changement climatique

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Par Méabh Mc Mahon  & Euronews
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Une année 2021 en Europe sous le signe de la lutte contre le changement climatique
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Avant la pause politique liée aux fêtes de fin d’année, les ministres de l’UE en charge de l'Environnement se sont retrouvés à Bruxelles. Ils ont évoqué l'une des principales propositions de l'année pour le climat : le paquet Fit for 55. Cette stratégie doit permettre de réduire de 55% les émissions de CO2 d'ici 2030.

Le gouvernement polonais estime qu'il faut reporter cet objectif responsable de la hausse des prix de l'énergie, selon Varsovie. Mais pour le ministre slovène de l'Environnement, dont le pays assure la présidence semestrielle de l’UE jusqu'au 31 décembre, cette option n'est pas envisageable.

"Je suis convaincu que la flambée des prix de l'énergie avant l'hiver n'a absolument rien à voir avec la publication en milieu d'année du paquet Fit for 55. C'est l'argument employé par certains pays membres qui essayent de paralyser la volonté des Etats membres et de la Commission", répond Andrej Vizjak.

Alors que les ministres se retrouvaient, l'ONG Ocean Rebellion organisait une action avec des sirènes mortes, étendues dans des plastiques, à quelques mètres de la réunion. L’objectif était de souligner que d'ici 2050 les mers et les océans pourraient compter plus de plastiques que de poissons.

Euronews a interrogé Annika Hedberg, responsable du programme Prospérité durable au European Policy Centre.

Euronews :

Est-ce que 2021 est l'année où l'UE a fait du climat sa priorité ?

Annika Hedberg :

On peut dire que d'un point de vue rhétorique nous avons vu un accent sur l'action climatique, que ce soit à propos de la neutralité carbone, de la réduction de 55% des émissions d'ici 2030, de l'importance de la transition énergétique, ainsi qu'une transition équitable pour convaincre les citoyens. Tout cela se reflète dans les discours, dans les déclarations. On peut le dire : oui. Mais le défi sera la mise en œuvre et de voir si nous sommes vraiment en bonne voie.

Euronews :

C'est la présidence française de l'Union européenne qui devra mener ces délicates discussions l'année prochaine. Est-ce que la flambée des prix de l’énergie pourrait faire dérailler cet effort ?

Annika Hedberg :

Il est très important de rappeler que l'actuelle hausse des prix de l'énergie n'est pas la conséquence du Pacte vert. Cela relève beaucoup de notre dépendance aux énergies fossiles et à la hausse des prix des énergies fossiles. La flambée des prix de l'énergie doit servir de signal d'alerte pour nous rappeler pourquoi nous avons besoin d'accélérer la transition énergétique, la transition vers des énergies propres, pourquoi nous investissons dans l'efficacité énergétique, pourquoi il faut investir dans les renouvelables, des réseaux intelligents, pour nous assurer du bon fonctionnement du marché électrique.

Christophe Licoppe/EC - Audiovisual Service
Face à la crise énergétique l'UE veut réduire sa dépendance aux énergies fossilesChristophe Licoppe/EC - Audiovisual Service

Euronews :

Concernant les océans, il existe de nombreuses stratégies mais elles ne sont pas mises en place ?

Annika Hedberg :

Absolument. Nos dirigeants sont généralement très bons pour faire des discours le dimanche, mais lorsqu'il s'agit d'agir le lundi ils prennent du retard. Quand on fait du chalutage de fond pour attraper des poissons, nous libérons malheureusement d'énormes quantités de CO2 des fonds marins. C'est un grand problème aussi pour l'Europe. La pêche commerciale accélère et favorise le changement climatique. Malheureusement on n'en parle pas assez.