This content is not available in your region

Syrie : un ex-haut gradé du renseignement condamné à la perpétuité en Allemagne

Access to the comments Discussion
Par Euronews
euronews_icons_loading
Un portrait de Bachar Al Assad dans une rue de Damas, Syrie, le 15 septembre 2011 - archive
Un portrait de Bachar Al Assad dans une rue de Damas, Syrie, le 15 septembre 2011 - archive   -   Tous droits réservés  Muzaffar Salman/AP2011

L'ONG Human Rights Watch a salué le verdict "historique" contre un ancien colonel des services de renseignement syriens condamné jeudi par la justice allemande à la prison à vie pour crimes contre l'humanité.

"C'est vraiment historique", a commenté le directeur exécutif de HRW, Kenneth Roth, auprès de journalistes à Genève, à l'issue de ce premier procès au monde lié aux exactions attribuées au régime de Bachar al-Assad.

"La torture et le meurtre en détention dont il a été reconnu coupable sont un élément clé du modus operandi du gouvernement d'Assad", a-t-il soutenu.

La Cour de Coblence (Ouest) a reconnu coupable le Syrien Anwar Raslan, 58 ans, de la mort de prisonniers et de la torture de milliers d'autres dans un centre de détention secret du pouvoir à Damas, entre 2011 et 2012.

Ce procès, scindé en deux, s'est déjà conclu par la condamnation le 24 février 2021 d'un ex-membre des renseignements d'un grade subalterne à quatre ans et demi de prison pour "complicité de crimes contre l'humanité".

"En raison des vetos russe et chinois, le Conseil de sécurité de l'ONU n'a pas pu faire saisir la Cour pénale internationale pour qu'elle juge ces atrocités", a souligné M. Roth.

"Mais il existe toujours une alternative très importante, qui consiste à recourir aux juridictions nationales, à faire valoir le principe de compétence universelle, qui permet de juger les crimes de guerre et les atrocités de masse", a-t-il dit.

Et de saluer le rôle "d'avant-garde" de l'Allemagne : "C'est ce qu'a fait le gouvernement allemand. Ils ont intenté cet important procès pour torture, qui vient de s'achever".

Le patron de HRW a encouragé les autres pays à suivre l'exemple allemand et rappelé qu'ils pouvaient compter sur l'aide du Mécanisme international, impartial et indépendant (MIII), un mécanisme onusien basé à Genève chargé de faciliter les enquêtes sur les violations les plus graves commis en Syrie, et dirigé par la juge française Française Catherine Marchi-Uhel.