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En Roumanie un parti nationaliste remet en question l'enseignement de l'Holocauste à l'école

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Par Mari Jeanne Ion
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En Roumanie un parti nationaliste remet en question l'enseignement de l'Holocauste à l'école
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En Roumanie, la polémique enfle autour de l'Holocauste. L'étude de la Shoah est une matière à part entière depuis peu dans les écoles secondaires. Mais un parti, l'Alliance pour l'Unité des Roumains, (AUR) est farouchement contre. Cette formation, qui a obtenu 9 % des voix lors des élections précédentes et qui est aujourd'hui en hausse selon les sondages, demande au gouvernement de mettre fin aux "expériences idéologiques sur les enfants".

Selon le parti nationaliste conservateur, l'éducation sexuelle ou l'histoire de l'Holocauste sont des " sujets mineurs" pour les élèves.

Le parti AUR a déclaré qu'il souhaitait voir un programme scolaire davantage orienté sur la littérature roumaine et l'histoire nationale, sans référence à l'antisémitisme.

"Nous n'avons pas remis en question l'Holocauste, se défend Claudiu Tarziu, co-président du parti, nous avons remis en question une manière d'éduquer les jeunes générations. Nous n'avons pas minimisé l'Holocauste. C'est pourquoi l'enquête contre nous des procureurs est surprenante, car le sujet est inexistant. Nous sommes chrétiens, nous ne pouvons pas être antisémites."

Mais l'explication n'est pas satisfaisante pour les spécialistes de l'Holocauste en Roumanie.

_ "__Si ces acteurs politiques arrivent aux pouvoir ils vont avoir des politiques publiques pour diminuer les droits et les libertés des certaines catégories de population en Roumanie_, regrette Alexandru Florian, spécialiste de l'Holocauste. Donc, le négationnisme est un péril à l'adresse de la démocratie."

Pendant des années, la Roumanie a nié sa participation à l'extermination des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale, mais 280 000 personnes au moins ont été tuées dans le pays et les territoires sous son contrôle.

Les autorités roumaines ont fait de sérieux efforts pour changer cette perspective et une loi incriminant l'utilisation de signes fascistes et la négation de l'Holocauste est en vigueur depuis 2002. Pourtant, les dirigeants de l'Alliance pour l'Unité des Roumains pensent que l'antisémitisme n'est pas un problème si sérieux ici, au niveau social, et que les autorités ne devraient pas accorder autant d'attention à ce sujet.