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Selon un rapport d'Oxfam, les super riches se sont enrichis comme jamais durant la pandémie

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Par Maxime Bayce  avec AFP
Les ventes de yacht se sont envolées en 2021, symbole de l'enrichissement des super-riches durant la pandémie
Les ventes de yacht se sont envolées en 2021, symbole de l'enrichissement des super-riches durant la pandémie   -   Tous droits réservés  VALERY HACHE/AFP or licensors

La fortune des dix hommes les plus riches du monde a doublé depuis le début de la pandémie tandis que les revenus de 99% de l'humanité ont fondu, d'après un rapport d'Oxfam lundi.

"L'accroissement des inégalités économiques, de genre et raciales et les inégalités entre pays détruisent notre monde", dénonce l'ONG de lutte contre la pauvreté, dans un rapport intitulé "les inégalités tuent" et publié à l'orée du Forum de Davos.

La fortune cumulée de l'ensemble des milliardaires a connu depuis le début de la pandémie de Covid-19 "sa plus forte augmentation jamais enregistrée", de 5000 milliards de dollars, pour atteindre son niveau le plus élevé" à 13 800 milliards.

Les dix personnes les plus riches du monde comprennent d'après le magazine Forbes Elon Musk, le patron de Tesla, Jeff Bezos (Amazon), Bernard Arnaud (LVMH), Bill Gates (Microsoft), Mark Zuckerberg (Meta/Facebook), Waren Buffett (Berkshire Hathaway), Larry Ellison (Oracle).

+173 milliards d'euros en France

En France également, la pandémie s'est révélée particulièrement florissante pour les grandes fortunes. De mars 2020 à octobre 2021, leur patrimoine s'est envolé de 136% soit plus que durant les 10 dernières années.

"A elles seules, les 5 premières fortunes de France – celles de Bernard Arnault (LVMH), Françoise-Meyers Bettencourt (L’Oréal), François Pinault (Kering), des frères Alain et Gérard Wertheimer (Chanel) – ont doublé, augmentant de 173 milliards d’euros en 19 mois", précise le rapport.

La raison de ce soudain enrichissement supplémentaire est à chercher, selon Oxfam, du côté des plans de soutien étatiques dédiés au secteur privé depuis le début de la pandémie.

"L’argent public versé sans condition par les gouvernements et les banques centrales" a permis _"une montée en flèche des cours des actions", _pointe le rapport. Le fameux "quoi qu'il en coûte" a donc surtout coûté à certains.

PHILIPPE LOPEZ/AFP or licensors
Le Palais Brongniart, le siège de la Bourse de Paris (France), en septembre 2018PHILIPPE LOPEZ/AFP or licensors

En octobre dernier, suite à l'envolée des cours de la bourse en France, certains chercheurs comme ceux de l'Observatoire des multinationales avaient déjà mis en évidence le rôle prépondérant joué par les aides publics dans cette hausse démesurée.

Quid de la redistribution ?

Selon l'ONG,  "nous pouvons vaincre l'extrême pauvreté à travers une taxation progressive" et des systèmes de santé publics et gratuits pour tous. 

Toutefois, les grands groupes et leurs dirigeants sont régulièrement épinglés pour avoir recours à des systèmes d'optimisation fiscale en plaçant une partie de leur bénéfices dans les paradis fiscaux. Selon un rapport de novembre 2020 publié par l’ONG Tax Justice Network, le manque à gagner pour les systèmes fiscaux nationaux s'élèverait à plus de 420 milliards de dollars par an.

D'après Oxfam, les inégalités contribuent à la mort "d'au moins 21 000 personnes par jour" en se fondant sur les décès mondiaux dus au manque d'accès aux soins de santé, à la violence liée au genre, à la faim et à la crise climatique.

"Une taxe exceptionnelle de 99% sur les revenus provenant de la pandémie des dix hommes les plus riches permettrait de produire assez de vaccins pour le monde, fournir une protection sociale et médicale universelle, financer l'adaptation au climat et réduire la violence liée au genre dans 80 pays", donne en exemple l'ONG. Vertigineux. Et cela laisserait malgré tout "8 milliards de plus qu'avant la pandémie à ces hommes".