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"La Russie peut attaquer l'Ukraine à tout moment", s'inquiètent les Etats-Unis

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Par euronews  avec AFP, AP
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Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'Otan (à g.), convoi militaire russe en Crimée (au centre), Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe (à dr.)
Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'Otan (à g.), convoi militaire russe en Crimée (au centre), Sergueï Lavrov, chef de la diplomatie russe (à dr.)   -   Tous droits réservés  Hannibal Hanschke/Pool via AP - Russian Foreign Ministry Press Service via AP

Attaque de l'Ukraine possible "à tout moment", manœuvres jugées inquiétantes au Bélarus : les Etats-Unis sonnent désormais l'alarme tous azimuts contre la Russie, avec laquelle ils assurent toutefois chercher encore une "porte de sortie diplomatique."

"Nous sommes à un stade où la Russie peut lancer à tout moment une attaque en Ukraine", a estimé la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki, parlant d'une "situation extrêmement dangereuse".

Peu de temps après, le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken s'est envolé pour l'Europe. A son programme : des consultations avec l'Ukraine et les Européens mais surtout, ce vendredi 21 janvier, une entrevue avec son homologue russe à Genève.

Washington s'est par ailleurs alarmé des manœuvres russes présentes et à venir au Bélarus, pays voisin de l'Ukraine. Il s'agit officiellement de préparatifs à des exercices prévus en février, des exercices d'entrainement, en cas de combat aux frontières de l'Union européenne et de l'Ukraine.

Le porte-parole du Pentagone a estimé que le président russe Vladimir Poutine était "clairement en train de monter un dispositif de forces lui donnant plusieurs options."

Une responsable du département d'Etat a pour sa part déclaré que des exercices militaires russo-bélarusses annoncés mardi 18 janvier par le Bélarus allaient "bien au-delà de la normale" et pourraient présager d'une militaire permanente de la Russie dans cet ancienne république soviétique restée intimement liée à Moscou.

La même source s'est aussi inquiétée d'un projet de réforme constitutionnelle au Bélarus qui permettrait un déploiement d'armes nucléaires russes dans ce pays frontalier de l'Ukraine mais aussi de la Pologne.

Climat tendu

De son côté, la Grande-Bretagne a indiqué ce lundi avoir commencé à fournir des armes à l’Ukraine. Objectif : aider Kiev à se défendre en cas d'éventuelle invasion.

En tout cas, cela alourdit un peu plus le climat déjà très tendu entre Russes et Occidentaux.

Les chancelleries s'activent pour tenter de faire baisser la pression.

  • Visite de la cheffe de la diplomatie allemande à Moscou

Annalena Baerbock, ministre allemande des Affaires étrangères, s'est entretenu avec son homologue russe à Moscou.

Ces dernières semaines, plus de 100 000 soldats russes, équipements et tanks ont été déployés près de l'Ukraine, sans raison valable. C'est difficile de ne pas voir cela comme une menace.
Annalena Baerbock
Ministre allemande des Affaires étrangères

De son côté, le ministre russe des Affaires étrangères a rejeté la demande occidentale de retirer les dizaines de milliers de soldats russes déployés à la frontière ukrainienne, assurant que ces troupes ne menaçaient personne.

"Nous n'avons jamais eu la moindre raison de vouloir créer une situation de conflit.
Nous n'avons qu'une seule exigence : que les accords soient respectés à la lettre. Cela vaut pour les accords de Minsk, qui - je le répète - sont actuellement sabordés par les autorités ukrainiennes, et cela vaut aussi pour l'architecture de sécurité générale en Europe.
Sergueï Lavrov
ministre russe des Affaires étrangères
  • Visite du chef de l'OTAN à Berlin

Pour éviter le déclenchement d'un conflit, les Occidentaux s'efforcent de ramener la Russie à la table des négociations. Les discussions engagées la semaine dernière à Genève n'ont permis aucune avancée.

Ce mardi, en visite en Allemagne, le secrétaire général de l'Otan a indiqué avoir invité la Russie à de nouvelles discussions.

La Russie se dit menacée par l'Otan

La Russie nie toute velléité belliqueuse en Ukraine et se dit menacée par le renforcement de l'Otan dans la région.

Mais au cours d'une conférence de presse avec son homologue allemande Annalena Baerbock, Sergueï Lavrov a rejeté la demande occidentale de retirer les dizaines de milliers de soldats russes présents à la frontière ukrainienne, assurant que ces troupes ne menaçaient personne.

"Plus de 100.000 soldats russes, équipements et chars ont été déployés près de l'Ukraine sans raison. C'est difficile de ne pas voir cela comme une menace", a répliqué Annalena Baerbock.

Ajoutant aux tensions, Moscou a commencé à envoyer un nombre indéterminé de soldats au Bélarus pour des exercices de préparation au combat aux frontières de l'UE et de l'Ukraine.

Le vice-ministre russe de la Défense, Alexandre Fomine a signifié aux attachés militaires étrangers en poste dans la capitale russe que ces manœuvres étaient destinées à "repousser une agression extérieure".

En réponse à une révolution pro-occidentale en Ukraine, la Russie a déjà annexé en 2014 la péninsule ukrainienne de Crimée et est largement considérée comme étant le parrain militaire de séparatistes pro-russes dans l'est de l'Ukraine, **théâtre d'une guerre depuis près de huit ans. **