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Intervention de Macron au Parlement européen : décryptage dans le Cube d'Euronews

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Par Christophe Garach
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Face à face politique entre un candidat officiel, Yannick Jadot, et un candidat putatif, Emmanuel Macron
Face à face politique entre un candidat officiel, Yannick Jadot, et un candidat putatif, Emmanuel Macron   -   Tous droits réservés  Bertrand Guay/AP

Dans le "Cube d'Euronews", cette semaine, Christophe Garach a décrypté l’intervention d’Emmanuel Macron, ce mercredi au Parlement européen. Le président français était venu présenter les priorités de la présidence française du Conseil de l’Union pour les six prochains mois.

Et, comme prévu, la campagne électorale française s’est invitée dans l’hémicycle de Strasbourg à trois mois de l’élection présidentielle. Beaucoup de parlementaires s'en sont plaints, voire ont critiqué cette posture "politicienne".

Mais la question est de savoir qui a dégainé le premier contre Emmanuel Macron. Etait-ce un Français ?

En réalité c'est Manfred Weber, un Allemand, qui a ouvert le bal des critiques. Sur le fond comme sur la forme.

Le président du plus puissant groupe politique du Parlement européen, le Parti populaire européen, s'est même permis à la fin de son intervention de glisser que le prochain locataire de l'Elysée serait peut-être une femme. Une allusion à peine voilée à Valérie Pécresse, la candidate des Républicains, que Manfred Weber soutient activement.

Il est vrai que le débat a ensuite pris une tournure franco-française lorsque les eurodéputés français se sont relayés pour prendre la parole.

Petite précision : c’est une tradition au Parlement européen. Quand un chef d’Etat vient à Strasbourg, il est de coutume qu’il soit lui-même "cuisiné" par les eurodéputés de son pays. Et c’est ce qu’il s’est passé mercredi.

Dans ce face à face avec Emmanuel Macron c’est évidemment l’écologiste Yannick Jadot qui avait le plus à gagner… ou à perdre.

Député européen et seul candidat à la présidentielle dans l’hémicycle, Yannick Jadot s’est lancé dans un virulent réquisitoire contre Emmanuel Macron sur le thème du réchauffement climatique, notamment.

Mais cette saillie anti-Macron n’a pas été du goût de nombreux députés européens, y compris chez les Verts.

“_Ce n’était pas ma tasse de thé_”, a écrit Reinhard Bütikofer le député vert allemand à propos du discours de Yannick Jadot.

Mais les députés pro-européens ont aussi passablement été irrités par les autres interventions virulentes des députés français contre la politique d’Emmanuel Macron.

L’intervention au vitriol de Jordan Bardella du Rassemblement national, proche de Marine Le Pen, a été largement relayée sur les réseaux sociaux. Tout comme la réponse cinglante d’Emmanuel Macron à Jordan Bardella...

Mais "si Emmanuel Macron ne voulait pas que son discours soit pollué par la campagne présidentielle il n’avait qu’à repousser la présidence française du Conseil de l’Union après l’élection présidentielle", a souligné ce jeudi la députée de la France insoumise, Manon Aubry.

Au final : la question est de savoir si malgré ce débat éminemment politique à Strasbourg il a quand même été possible de parler en profondeur des grands sujets européens.

La réponse est oui : il a beaucoup été question de climat, de numérique et de sécurité intérieure et extérieure... et de la pandémie, comme il se doit.

Reste à savoir si tous ces grands sujets européens à l'ordre du jour trouveront une solution, une issue concrète, d'ici la fin de la présidence française du Conseil de l'Union. Rien n'est moins sûr.

Rendez-vous le 30 juin pour faire le bilan.