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Cinquante ans après, hommage aux victimes du "Bloody Sunday" en Irlande du Nord

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Par Ken Murray
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Le Premier ministre irlandais Micheal Martin rend hommage aux victimes du Blood Sunday lors de la cérémonie du 50è anniversaire de la manifestation meurtrière à Londonderry
Le Premier ministre irlandais Micheal Martin rend hommage aux victimes du Blood Sunday lors de la cérémonie du 50è anniversaire de la manifestation meurtrière à Londonderry   -   Tous droits réservés  Peter Morrison/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved

Tous les jours, depuis cinquante ans, Kate Nash se rend sur la tombe de son frère William.

Il était l'un des quatorze hommes abattus par des soldats britanniques le 30 janvier 1972.

Comme les autres familles des victimes, elle demande encore que les responsables de cette tuerie soient traduits en justice.

"J'aimerais voir le gouvernement britannique nous accorder nos trois demandes, nous en avons trois et ce sont des poursuites" explique-t-elle à Euronews.

Un épisode crucial du conflit

Ce drame a changé l'Irlande du Nord. Des centaines de personnes ont rejoint les rangs de l'organisation terroriste de l'IRA, prolongeant une guerre qui a duré jusqu'à la fin des années 90. Le gouvernement irlandais affiche son soutien aux familles des victimes et à leurs demandes.

"Dans tous les domaines et pour toutes les questions liées à l'héritage, il doit y avoir une responsabilité totale" a déclaré le Premier ministre irlandais, Michael Martin, ajoutant : "Les familles des victimes doivent toujours avoir la primauté en termes de considérations politiques et dans le traitement du passé".

Peter Morrison, AP
Les portraits des victimes du Bloody Sunday sont affichés en tête de cortège pour les 50 ans de la manifestation qui coûta la vie à 14 civils non armés en Irlande du NordPeter Morrison, AP

La difficile reconnaissance du passé

Des milliers de personnes se sont réunies à Derry dimanche pour rendre hommage aux victimes et demander la poursuite en justice des responsables. Pour des politiciens locaux, les Britanniques mènent une opération de camouflage.

"Le gouvernement britannique a longtemps couvert ce drame" affirme Colum Eastwood, député britannique et chef du Parti social-démocrate. "Leurs soldats assassinaient des civils désarmés, des gens qui faisaient campagne pour les droits civiques, qui marchaient dans les rues, avant qu'une armée d'un autre pays vienne les abattre, alors qu'ils s'enfuyaient, les abattre alors qu'ils rampaient sur le sol, rien ne peut être fait pour réparer cela."

En 2010, le Premier ministre britannique David Cameron a présenté ses excuses et admis que quelque chose s'est mal passé. Mais personne n'a été inquiété. Les familles de ceux qui sont morts ont juré que, malgré ces excuses, la bataille continuait.