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En Turquie, le nouveau tube de Tarkan ravit les opposants au régime d'Erdogan

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Par Euronews  avec AFP
Archive - Le chanteur Tarkan lors d'un concert à Istanbul, le 15 janvier 2010.
Archive - Le chanteur Tarkan lors d'un concert à Istanbul, le 15 janvier 2010.   -   Tous droits réservés  ASSOCIATED PRESS/AP2010

En quelques heures ce vendredi, le nouveau tube de la mégastar turque Tarkan, qui promet la fin prochaine des "souffrances", est devenu un chant de ralliement largement partagé par les opposants au régime de Recep Tayyip Erdogan.

Sortie jeudi soir sur les réseaux sociaux, la chanson "Geççek", qui signifie littéralement "ça va passer", est devenue virale sur Twitter, où elle a été vue plus de huit millions de fois, fréquemment accompagnée du mot-dièse #TarkanNestPasSeul.

Beau gosse de la variété turque et inoubliable interprète de la "Chanson du bisou" (Simarik), son tube planétaire sorti en 1997, Tarkan assure en refrain que "tout a une fin" et que "toute cette souffrance finira elle aussi par passer".

Les paroles de "Geççek" font écho à la crise économique que traverse le pays, avec une inflation à près de 50 %, et au manque de perspectives de la jeunesse : "si vous me demandez, je ne vais pas très bien moi non plus, je n'ai plus le même optimisme et je ne profite pas beaucoup de la vie". "Mais ça va passer, ça passera comme c'est venu et l'espoir refleurira", reprend le refrain.

Le nom de l'homme fort de la Turquie, au pouvoir depuis dix-neuf ans, n'est jamais cité dans la chanson, ni sa fonction. Devenu Premier ministre en 2003 puis président en 2014, Recep Tayyip Erdogan compte être réélu en juin 2023.

Dans une vidéo de présentation de son nouveau hit sur YouTube, le chanteur raconte qu'il a "voulu écrire une chanson qui nous ferait du bien à tous. Qui nous consolerait un peu, nous remonterait le moral, nous donnerait de l'espoir."

"Un pays qui étouffe"

Sa chanson a été rapidement partagée par des responsables du parti d'opposition CHP, dont son porte-parole Faik Oztrak et le maire d'Izmir, Tunc Soyer. La cheffe du parti d'opposition nationaliste Iyi Parti, Meral Aksener, a également retweeté la chanson, ajoutant en commentaire : "le pire est passé".

Dans un éditorial du site d'information en ligne Duvar, l'écrivaine et commentatrice Zehra Celenk écrit vendredi que "dans un pays qui étouffe et consume les gens, nos cœurs ont besoin d'accélérer de temps en temps pour continuer à battre." "C'est ce que Tarkan nous donne avec sa dernière chanson, Geççek", estime-t-elle.

Toujours sur Twitter, l'universitaire Lisel Hintz, spécialiste de la pop culture à l'Université John Hopkins, à Washington, rapporte que "Tarkan s'est politisé dans ses tweets**,** en particulier sur la jeunesse et contre la violence sexiste : désormais il rejoint le camp de la protestation".

Le chanteur de 49 ans, né en Allemagne de parents turcs et arrivé en Turquie à l'âge de 14 ans, s'est également illustré ces derniers temps par sa défense de l'environnement. Sa "chanson du bisou" avait été vendue à des millions d'exemplaires en Europe et au Japon notamment.