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Ukraine : la Russie largement condamnée à l'ONU lors d'une réunion d'urgence

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Par Euronews  avec AFP
Le président russe signant le document reconnaissant l'indépendance des régions séparatistes de l'est de l'Ukraine, lundi 21 février 2022.
Le président russe signant le document reconnaissant l'indépendance des régions séparatistes de l'est de l'Ukraine, lundi 21 février 2022.   -   Tous droits réservés  Photo : Alexei Nikolsky (Sputnik, Kremlin Pool Photo via AP)

L'ONU et une majorité de membres du Conseil de sécurité ont condamné lundi lors d'une réunion d'urgence la décision de la Russie de reconnaître l'indépendance des l'indépendance des Républiques populaires de Donetsk et de Lougansk (DNR et LNR), régions séparatistes ukrainiennes prorusses, et d'y "déployer des troupes russes", Moscou assurant demeurer "ouvert à la diplomatie".

"Les frontières internationalement reconnues de l'Ukraine resteront inchangées, peu importe les déclarations et les actions de la Russie", a déclaré l'ambassadeur ukrainien à l'ONU, Sergiy Kyslytsya. L'Ukraine demande à la Russie "d'annuler sa décision de reconnaissance" des territoires sécessionnistes ukrainiens, "de revenir à la table des négociations", et de procéder à "un retrait immédiat et vérifiable de ses troupes d'occupation", a-t-il ajouté.

La désignation de l'armée russe, par le président Vladimir Poutine, en "force de maintien de la paix" pour justifier son entrée dans les territoires séparatistes de l'est de l'Ukraine, est "un non-sens", avait déclaré au préalable l'ambassadrice des Etats-Unis aux Nations Unies Linda Thomas-Greenfield.

Photo : AP/United Nations
L'ambassadrice des États-Unis aux Nations unies, Linda Thomas-Greenfield, après la réunion d'urgence du Conseil de sécurité sur l'Ukraine, lundi 21 février 2022.Photo : AP/United Nations

Le président Poutine "a annoncé depuis qu'il allait déployer des troupes russes dans ces régions. Ils les appellent des forces de maintien de la paix. C'est un non-sens. Nous savons ce qu'elles sont vraiment", a fustigé la diplomate américaine.

La Russie ne ferme pas la porte à la "diplomatie"

La secrétaire générale adjointe de l'ONU pour les Affaires politiques, Rosemary DiCarlo, avait au préalable vivement "regretté" les décisions et actions de la Russie.

"Les frontières internationalement reconnues de l'Ukraine resteront inchangées, peu importe les déclarations et les actions de la Russie"
Sergiy Kyslytsya
Ambassadeur ukrainien à l'ONU

"Les prochaines heures et jours seront critiques. Le risque de conflit majeur est réel et doit être évité à tout prix", a-t-elle réclamé lors de la réunion organisée à la demande notamment des Occidentaux.

La Russie ne ferme pas la porte à la "diplomatie" pour résoudre la crise en Ukraine mais empêchera un "bain de sang" dans les territoires séparatistes de l'est du pays dont Moscou vient de reconnaître l'indépendance, a assuré l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassily Nebenzia.

Photo : AP/United Nations
L'ambassadeur russe aux Nations unies, Vasily Nebenzya, lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité sur l'Ukraine, lundi 21 février 2022.Photo : AP/United Nations

"Nous restons ouverts à la diplomatie, pour une solution diplomatique. Pour autant, nous n'avons pas l'intention de permettre un bain de sang dans le Donbass", a déclaré le diplomate russe.

La Russie a aussi assuré ce mardi matin être toujours "prête" aux négociations avec le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, qui doit rencontrer jeudi à Genève son homologue russe Sergueï Lavrov, après la reconnaissance par Moscou des régions séparatistes ukrainiennes prorusses.

"Même aux moments les plus difficiles... nous disons: nous sommes prêts au processus de négociations, c'est pourquoi notre position est restée la même (...). Nous sommes toujours pour l'utilisation de la diplomatie", a déclaré la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova. 

Nombreuses condamnations

Lors de la séance, plusieurs membres du Conseil de sécurité ont fait part de leur condamnation des derniers développements, à l'instar de la France, de la Norvège ou de l'Irlande, dont l'ambassadrice, Geraldine ByrneNason, a vivement critiqué Moscou. "Les actions unilatérales de la Russie ne font qu'exacerber les tensions", a-t-elle lancé.

Pour la France, la Russie a "choisi la voie de la remise en cause et de la confrontation", a déploré l'ambassadeur français, Nicolas de Rivière.

"Qui est le prochain" à devoir être envahi ?, s'est interrogé de son côté de manière plus directe l'ambassadeur albanais, Ferit Hoxha, en condamnant "une rupture du droit international".

Son homologue indien, T.S. Tirumurti, a fait part "de sa profonde inquiétude" et a appelé "à la retenue de toutes les parties", tandis que l'ambassadrice britannique, Barbara Woodward, exigeait de la Russie qu'elle fasse "marche arrière" et que le Brésil demandait "un cessez-le-feu immédiat" dans l'est de l'Ukraine.

"Cette action" d'entrer militairement dans l'est de l'Ukraine "et cette annonce" de reconnaissance d'indépendance "portent atteinte à l'intégrité territoriale de l'Ukraine", a affirmé l'ambassadeur du Kenya, Martin Kimani.

"Le Kenya est sérieusement préoccupé", a-t-il ajouté. "Aujourd'hui, la menace ou l'usage de la force contre l'intégrité territoriale et l'indépendance politique de l'Ukraine a été affecté", a dénoncé le diplomate kenyan.

Le Ghana, les Emirats arabes unis ont aussi critiqué la Russie, réclamant "désescalade" et "retenue".

La Chine appelle toutes les parties "à la retenue"

La Chine s'est distinguée de ses partenaires en ne condamnant pas explicitement la Russie. "Nous pensons que tous les pays doivent résoudre les différends internationaux par des moyens pacifiques conformément aux buts et principes de la Charte des Nations unies", s'est limité à dire l'ambassadeur chinois, Zhang Jun.

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L'ambassadeur chinois à l'ONU, Zhang Jun, prenant la parole lors d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité, lundi 21 février 2022.Photo : UNTV via AP

"Toutes les parties concernées doivent faire preuve de retenue et éviter toute action susceptible d'alimenter les tensions", a-t-il ajouté devant le Conseil de sécurité.