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Ukraine : les étudiants africains confrontés au racisme et à la discrimination à la frontière

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Par Raphaele Tavernier  avec AP
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 Des Ukrainiens et des ressortissants étrangers attendent de pouvoir monter dans un train, à la gare de Lviv, le 28 février 2022.
Des Ukrainiens et des ressortissants étrangers attendent de pouvoir monter dans un train, à la gare de Lviv, le 28 février 2022.   -   Tous droits réservés  Bernat Armangue/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved

"Nous sommes des étudiants, nous sommes en train de mourir de froid". À la frontière entre l'Ukraine et la Pologne, des étudiants originaires d’Afrique et du Moyen-Orient sont désespérés. Arrivés en Ukraine pour suivre des études, ils tentent, comme de très nombreux Ukrainiens, de quitter le pays. Alexander est l’un d’entre eux. Il raconte comment, outre le chaos dû à la guerre, ses origines africaines compliquent encore davantage un voyage déjà très difficile.

"Traverser la frontière de l'Ukraine vers la Pologne a été dévastateur, à cause de comportements racistes et de la discrimination. Cela a commencé à la gare de Kyiv. Ils ne laissaient passer que les femmes et les enfants. Je leur ai dit ok, c’est bien, mais je ne vous vois pas laisser passer les femmes africaines ou du Moyen-Orient. Certaines sont enceintes", raconte Alexander Somto Orah, étudiant nigérian de l’université d’Etat des télécommunications de Kyiv.

Selon les chiffres officiels, près de 80 000 étudiants étrangers sont présents en Ukraine, dont plus de 20 % sont issus du continent africain. Les pays d’Afrique coordonnent leurs efforts pour aider leurs milliers de ressortissants à quitter le pays, mais, sur le terrain, les accusations de comportements racistes aux frontières se multiplient. Alexander confirme.

"Après quelques heures, un homme en noir est venu nous dire : "les Indiens, les Africains et les personnes originaires du Moyen-Orient doivent partir d'ici et se rendre au point frontière avec la Roumanie". Nous lui avons répondu que nous ne pouvions pas recommencer. Nous sommes sur la route depuis trois jours, et nous ne pouvons pas faire marche arrière. Parfois, j’ai eu l'impression qu’une personne risquait de mourir, car certaines s'évanouissaient. Il n'y avait pas de couverture, alors on se couvrait avec nos simples vêtements et tout ce qu'on pouvait trouver", détaille Alexander.

Si quelques centaines d’étudiants africains ont déjà franchi les frontières ukrainiennes, ils sont encore nombreux à être bloqués dans des villes bombardées. Et pour ceux qui ont réussi à rejoindre la Pologne, le calvaire n’est pas terminé, les étrangers non européens n’étant pas autorisés à rester plus de 15 jours sur le sol polonais.