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Érignac : Jean Castex lève le statut de "détenu particulièrement signalé" de Ferrandi et Alessandri

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Par Stephane Hamalian  & Euronews  avec AFP
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Un drapeau corse lors d'une manifestation de soutien à Yvan Colonna, à Ajaccio, Corse, le 9 mars 2022
Un drapeau corse lors d'une manifestation de soutien à Yvan Colonna, à Ajaccio, Corse, le 9 mars 2022   -   Tous droits réservés  PASCAL POCHARD-CASABIANCA/AFP or licensors

La tension est à son comble en Corse depuis l'agression d'Yvan Colonna, le 2 mars, dans sa prison d'Arles dans le sud de la France. Le militant indépendantiste condamné à perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Érignac en 1998 est, depuis, dans le coma.

Cette agression aura suffit à embraser l'île de beauté, une grande partie de la population réclamant depuis plusieurs années le rapprochement du détenu dans une prison corse. Son statut de "détenu particulièrement signalé" (DPS) empêchait ce rapprochement, mais mardi soir, le gouvernement a finalement décidé de lever ce régime carcéral, un geste qui a été jugé par beaucoup comme une provocation.

Des émeutes à Ajaccio et Bastia

Dans la nuit de mercredi à jeudi, des émeutes sont survenues à Ajaccio, notamment dans le palais de justice. Au moins 14 personnes ont été blessées. À Bastia, 23 CRS et trois civils ont été blessés.

"On a assisté à des scènes de quasi émeutes urbaines avec une fin de manifestation qui s’est déroulée sur la place du diamant avec des personnes refoulées sur les alentours de la place du diamant et de la préfecture et qui se sont dirigées vers le Palais de justice. Ils sont rentrés à l’intérieur et ont commencé une mise à feu du rez de chaussée du palais de justice" a constaté Nicolas Septe, procureur d'Ajaccio.

Jeudi, les manifestations se sont poursuivies, avec des slogans pointant la responsabilité de l'Etat français dans l'agression d'Yvan Colonna.

Dans la matinée, environ 400 lycéens s'étaient rassemblés derrière une banderole "Per Yvan, Statu francesu assassinu" (Pour Yvan, Etat français assassin: NDLR) certains, visages masqués et armés de raquettes de tennis, prêts à en découdre avec les forces de l'ordre. Mais une dizaine d'adultes se sont interposés, parvenant à empêcher les heurts, a constaté une journaliste de l'AFP.

Deux membres du commando Érignac bientôt de retour en Corse ?

Les troubles et les violences ont été condamnées par le Premier ministre Jean Castex, qui a toutefois annoncé ce vendredi lever le statut DPS à Alain Ferrandi et Pierre Alessandri, membres du commando Erignac.

Afin d'apaiser les tensions, le Premier ministre Jean Castex a levé ce vendredi le statut DPS à Alain Ferrandi et Pierre Alessandri, deux membres du commando Érignac. Une décision qui s'applique "sans délai", et qui ouvre donc la voie à un rapprochement en Corse des deux détenus.

Jean Castex "a proposé qu'une fois le calme revenu sur l'île, le dialogue engagé ces derniers mois sur l'évolution du statut de la collectivité de Corse, ainsi que sur les grands dossiers économiques et sociaux du territoire puissent reprendre".

Jeudi soir, le président autonomiste du conseil exécutif de Corse Gilles Simeoni avait appelé l'Etat à "ouvrir un nouveau cycle politique et à dire clairement qu'il y a une question corse". Et parmi les "signaux forts" attendus figuraient aussi "la levée immédiate du statut de DPS" de M. Alessandri et M. Ferrandi "et leur transfèrement" dans la prison corse de Borgo.

Si M. Castex donnait satisfaction sur ces points, "le soufflet de la colère populaire ne pourrait que retomber un petit peu voire beaucoup", avait assuré jeudi à l'AFP le politologue Thierry Dominici, spécialiste des mouvements nationalistes.