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Un célèbre journaliste russe poursuivi pour avoir diffusé de "fausses" informations sur Marioupol

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Par Laurence Alexandrowicz
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Un célèbre journaliste russe poursuivi pour avoir diffusé de "fausses" informations sur Marioupol
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Alexander Nevzorov est le premier journaliste russe célèbre à faire l'objet d'une enquête pour avoir diffusé de "fausses" informations sur l'armée russe. L'homme se cacherait en dehors de la Russie, il risque 15 ans de prison en vertu de la nouvelle loi qui musèle les médias et leur interdit notamment d'utiliser le mot guerre. Le populaire commentateur politique, ancien député,  est poursuivi pour un article sur le bombardement de la maternité de Marioupol.

Une propagande qu'elle ne peut plus couvrir

Elle aussi en a eu assez des mensonges du Kremlin, qui appelle son invasion une "opération militaire spéciale". Zhanna Agalakova, un visage familier dans les foyers russes, correspondante à New York et Paris pour la chaîne publique Channel One pendant deux décennies, a démissionné :"Je veux être entendue en Russie. Je veux que les gens y apprennent à faire la différence entre la propagande et d'autres sources d'informations. Je veux que les gens cessent d'être "zombifiés". Vous condamnez la Russie, un grand pays, avec 140 millions d'habitants, à la pauvreté et à la destruction."

Les larmes aux yeux, Zhanna Agalakova a déclaré qu'elle avait beaucoup hésité avant de s'exprimer en public, mais qu'elle avait décidé "qu'il n'y avait pas d'autre choix".

 Zhanna Agalakova a admis qu'elle avait "fait de nombreux compromis dans sa carrière", mais elle a décrit l'invasion de l'Ukraine comme une "ligne rouge".

 Zhanna Agalakova a souligné la façon dont la télévision d'État couvre le président Vladimir Poutine, avec une couverture exhaustive de ses activités machistes pendant les vacances, mais sans s'intéresser à sa vie privée, qui est un tabou absolu.

"Nos informations ne montrent pas le pays, nous ne voyons pas la Russie", a-t-elle déclaré.

"Nous ne voyons que le premier homme du pays, ce qu'il a mangé, à qui il a serré la main, nous l'avons même vu torse nu. Mais nous ne savons pas s'il est marié, s'il a des enfants", a-t-elle ajouté.

Elle a fustigé les médias d'État pour leur description répétée des opposants russes en Ukraine comme des "nazis", un terme qui touche une corde sensible dans un pays encore marqué par les sacrifices de la Seconde Guerre mondiale.

"Quand, en Russie, nous entendons le mot 'nazi', nous n'avons qu'une seule réaction : détruire. C'est une manipulation, un énorme mensonge".

Justifiant sa longue carrière de correspondante à New York et à Paris, elle a déclaré : "Je pensais qu'en faisant des reportages sur la vie en Europe -- et en particulier à Paris -- je pouvais éviter d'être propagandiste."

"Je ne mentais pas, chaque fait était réel. Mais prenez des faits réels, mélangez-les et vous obtiendrez un gros mensonge", a-t-elle déclaré.

Non à la guerre, sur un carton en direct à la télévision

Elle, assure vouloir rester en Russie, malgré la main tendue d'Emmanuel Macron, malgré le risque de poursuite, et d'emprisonnement. Marina Ovsyannikova avait dénoncé la guerre le 3 mars sur Channel One, la chaîne où elle travaillait comme journaliste. Marina Ovsyannikova a été placée en détention et un tribunal de Moscou l'a rapidement condamnée à une amende de 30 000 roubles (260 euros).

 Les députés russes ont adopté mardi une loi prévoyant jusqu'à 15 ans de prison contre ceux qui critiquent l'action de Moscou à l'étranger. Elle s'ajoute à celle qui vise déjà les journalistes et ceux qui colportent des  «mensonges» contre l'armée.

De nombreux médias russes et étrangers ne sont plus diffusés en Russie, ainsi que plusieurs réseaux sociaux, comme Twitter, Instagram et Facebook. Euronews, qui émet aussi en russe, a été interdite lundi.