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Ketanji Brown Jackson : "Tous les Américains peuvent être fiers de ce moment"

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Par Euronews  avec AFP
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Le président Joe Biden et la juge Ketanji Brown Jackson à la Maison Blanche à Washington, vendredi 8 avril 2022.
Le président Joe Biden et la juge Ketanji Brown Jackson à la Maison Blanche à Washington, vendredi 8 avril 2022.   -   Tous droits réservés  Photo : Andrew Harnik (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)

"Il a fallu 232 ans (...) avant qu'une femme noire ne soit choisie pour servir à la Cour suprême des États-Unis, mais nous l'avons fait !" Ovationnée, Ketanji Brown Jackson a livré vendredi à la Maison Blanche un puissant message d'espoir dans un pays divisé.

L'éminente juriste et magistrate bardée de diplômés, dont le visage s'illumine le plus souvent d'un immense sourire, s'est faite grave pour conclure le discours que l'avait invitée à prononcer le président Joe Biden, au lendemain de la confirmation par le Sénat de sa nomination à la plus haute juridiction des États-Unis.

"Tous les Américains peuvent être fiers de ce moment", a dit cette femme de 51 ans.

"Dans ma famille, il n'a fallu qu'une génération pour passer de la ségrégation à la Cour suprême"
Ketanji Brown Jackson
Première magistrate noire nommée à la Cour suprême des États-Unis

Derrière elle, de multiples drapeaux des États-Unis, et devant elle, des élus et de nombreuses figures de la communauté afro-américaine, au total des centaines de personnes qui se sont plusieurs fois levées pour l'acclamer ou qui, comme elle, ont parfois essuyé quelques larmes.

"Dans ma famille, il n'a fallu qu'une génération pour passer de la ségrégation à la Cour suprême", a dit Ketanji Brown Jackson, aux côtés de qui se tenait Kamala Harris, première femme, et première Afro-Américaine à être vice-présidente.

Sa voix s'est étranglée, quand, pour rendre hommage aux militants des droits civiques et à leurs combats passés, elle a dit ces lignes de la grande poétesse et militante Maya Angelou.

"Apportant les présents que mes ancêtres m'ont donnés, je suis le rêve et l'espérance de l'esclave", a dit la magistrate, dont la nomination était une promesse de campagne de Joe Biden.

Photo : Andrew Harnik (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)
Ketanji Brown Jackson a livré vendredi 8 avril 2022 à la Maison Blanche un puissant message d'espoir dans un pays divisé.Photo : Andrew Harnik (Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.)

Le président démocrate, savourant chaque moment d'une cérémonie qui est aussi pour lui une indéniable victoire politique, a lui rendu hommage à la "force" de Ketanji Brown Jackson et à ses parents, tous deux présents, qui ont connu "l'inhumanité de la ségrégation".

"Cette force a remonté le moral des millions d'Américains qui vous ont vue, juge Jackson, et en particulier des femmes de couleur", a-t-il dit.

Mais Joe Biden, qui doit en grande partie son élection à l'électorat afro-américain, a aussi rappelé qu'au-delà de cette journée de fête et d'unité, les clivages partisans étaient plus profonds que jamais aux États-Unis.

Il a estimé que sa candidate avait été la cible de la part des sénateurs républicains, lors d'auditions interminables et parfois tendues, "d'affirmations méprisables et sans fondement".

Sa nomination était une promesse de campagne

Le Sénat américain a procédé jeudi à la confirmation historique de la juge Ketanji Brown Jackson à la Cour suprême.

Tous les élus du parti démocrate et trois sénateurs républicains modérés ont voté pour faire rentrer cette brillante juriste de 51 ans dans le temple du droit.

Cette magistrate avait été choisie fin février par le président démocrate Joe Biden, qui avait promis pendant sa campagne de nommer, pour la première fois, une femme noire à la plus haute institution judiciaire du pays, vieille de 233 ans.

Il s'agit pour le dirigeant démocrate de sa première nomination à la haute cour dont la mission est de veiller à la constitutionnalité des lois et de trancher les importants débats de société aux États-Unis, comme l'avortement ou le mariage homosexuel.

Ce vote ne changera toutefois pas le rapport de force au sein du prestigieux collège de neuf magistrats où les juges conservateurs sont majoritaires.