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Le Parti conservateur de Boris Johnson sort affaibli des élections locales

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Par euronews  avec AFP
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Le Premier ministre britannique Boris Johnson
Le Premier ministre britannique Boris Johnson   -   Tous droits réservés  Daniel Leal/AP

Les travaillistes britanniques ont de quoi se réjouir : ils viennent de décrocher des victoires très symboliques aux élections locales. Dans leur escarcelle, à Londres, les conseils de Westminster aux mains des conservateurs depuis leur création en 1964. Si elle renforce son emprise dans la capitale, l'opposition britannique obtient des gains plus limités en dehors de Londres. Les conservateurs eux, sont en net recul mais les scandales n'ont pas donné lieu à l'effondrement tant redouté.

"C'est la mi-mandat et ce sont certainement des résultats mitigés. Nous avons eu une nuit difficile dans certaines parties du pays, mais d'un autre côté, dans d'autres parties du pays, vous voyez toujours des conservateurs aller de l'avant et faire des gains assez remarquables dans des endroits qui n'ont pas voté conservateur depuis longtemps ou même jamais" souligne le Premier ministre Boris Johnson.

Pour la première fois depuis les révélations des fêtes à la résidence du Premier ministre pendant les confinements, les électeurs avaient le pouvoir de sanctionner le gouvernement. Au pouvoir depuis 12 ans, les conservateurs paient leur immobilisme face à l'envolée des prix.

"J_e pense que le gouvernement ne s'est pas très bien comporté et un certain nombre de membres du cabinet en particulier ne se sont pas très bien comportés du tout ; et c'est une sanction à ce niveau-là. Je pense aussi que les gens sont moins naïfs concernant ce à quoi ils peuvent s'attendre d'un gouvernement conservateur_" explique Aude Pasquier, libraire à Londres.

"À mon avis, c'est une situation normale pour des élections partielles. Chaque gouvernement traverse une période difficile pendant ce scrutin. Mais évidemment, en ce moment, je pense que c'est pire à cause du manque de confiance qu'ont les gens dans le gouvernement" indique Andy Anderson, retraité.

Si la popularité de Boris Johnson, 57 ans dont bientôt trois à Downing Street, s'est effondrée ces derniers mois, il a pour l'instant traversé la tempête, mettant en avant son rôle moteur dans le soutien occidental à l'Ukraine, et se dit déterminé à rester au pouvoir et mener la bataille des législatives en 2024.

Malgré la "mauvaise performance" électorale des Tories, le politologue Simon Usherwood, de l'Open University, estime que le Premier ministre n'est pas menacé dans l'immédiat. "Ce n'est un signal assez fort pour convaincre de nombreux députés qu'il est temps de se débarrasser de Johnson", explique-t-il à l'AFP.

Pour le Labour, la fête est d'ailleurs gâchée par l'ouverture par la police d'une enquête visant Keir Starmer, soupçonné d'avoir enfreint les règles sanitaires pour avoir partagé bières et currys avec son équipe fin avril 2021 lors d'une campagne électorale. De quoi le mettre en position délicate, lui qui a appelé maintes fois le Premier ministre à la démission dans le "partygate".

Au total, selon des résultats encore partiels, les conservateurs perdraient 11 conseils et plus de 200 sièges tandis que les travaillistes remporteraient sept conseils et plus de 120 conseillers.