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Le patron de Gazprom assume la baisse des livraisons de gaz Ă  l'Europe

Le patron de Gazprom, AlexeĂŻ Miller au forum de Saint PĂ©tersbourg le 16 juin 2022
Le patron de Gazprom, AlexeĂŻ Miller au forum de Saint PĂ©tersbourg le 16 juin 2022 Tous droits rĂ©servĂ©s TASS Host Photo Agency Pool via AP
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Par Stephane HamalianEuronews avec AFP
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đŸ‡·đŸ‡ș Le patron de Gazprom assume la baisse des livraisons de gaz Ă  l'Europe : "nous ne jouons pas selon des rĂšgles que nous n'avons pas faites" a-t-il dĂ©clarĂ©.

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Le patron du géant gazier russe Gazprom, Alexeï Miller, a défendu jeudi les choix de son groupe, qui ne cesse de baisser ses livraisons à l'Europe dans le contexte de l'offensive russe en Ukraine et des sanctions occidentales contre Moscou.

"Notre produit, nos rÚgles. Nous ne jouons pas selon des rÚgles que nous n'avons pas faites", a déclaré M. Miller lors du forum économique de Saint-Pétersbourg.

Gazprom a annoncé mercredi baisser d'encore un tiers ses livraisons de gaz via le gazoduc Nord Stream, l'entreprise russe évoquant des problÚmes techniques, tandis que Berlin dénonce une décision politique.

C'est la mĂȘme raison technique qui avait Ă©tĂ© invoquĂ©e mardi par l'Ă©nergĂ©ticien russe pour justifier une premiĂšre baisse de 40% de ses flux.

"Gazprom arrĂȘte le fonctionnement d'une autre turbine Ă  gaz de Siemens Ă  la station de compression PortovaĂŻa", oĂč se fait le remplissage de Nord Stream, et dont la production quotidienne passera jeudi de 100 Ă  67 millions de mĂštres cubes par jour, a indiquĂ© le groupe.

La veille, il avait déjà annoncé une premiÚre baisse de 167 à 100 millions de m3.

Cela porte Ă  prĂšs de 60% la baisse des approvisionnements quotidiens via le gazoduc sous-marin qui relie la Russie Ă  l'Allemagne via la mer Baltique.

Le patron de Gazprom remercie l'Europe

Dans le mĂȘme temps, les livraisons de Gazprom au groupe italien ENI ont diminuĂ© de 15% pour la journĂ©e de mercredi.

"Il s'agit clairement d'une stratĂ©gie visant Ă  perturber et faire grimper les prix", a critiquĂ© le ministre allemand de l'Économie et du Climat Robert Habeck, aprĂšs la seconde salve de Gazprom.

Les exportations de gaz russe vers l'Europe sont en baisse constante depuis le début des sanctions occidentales contre Moscou, l'Union européenne cherchant à se défaire de sa dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie.

Mais du fait de l'envolée des prix du gaz, les revenus de Moscou n'ont eux pas été affectés. 

"Nous pouvons remercier les régulateurs européens" a ironisé le patron du géant gazier russe, constatant l'augmentation des prix du gaz, permettant au groupe d'augmenter ses profits.

Le Kremlin n'a de cesse d'affirmer que les décisions des dirigeants européens touchent avant tout leurs propres populations.

Ces derniÚres semaines, Gazprom a interrompu ses livraisons de gaz à plusieurs clients européens ayant refusé de payer en roubles, en Bulgarie, en Pologne et en Finlande notamment.

En rĂ©plique aux sanctions imposĂ©es par l'Union europĂ©enne Ă  la suite de l'offensive russe en Ukraine, le prĂ©sident russe Vladimir Poutine a rĂ©clamĂ© que les acheteurs de gaz russe de pays "inamicaux" payent en roubles depuis des comptes en Russie sous peine d'ĂȘtre privĂ©s d'approvisionnement, en dĂ©pit de contrats prĂ©voyant des paiements en euros ou en dollars.

Or, un certain nombre de clients européens ont refusé.

35% du gaz allemand vient de Russie

Le gazoduc Nord Stream livre depuis 2012 du gaz russe à l'Allemagne via la mer Baltique, sur deux tronçons de 1 224 kilomÚtres chacun. Selon les données de la société d'exploitation du pipeline, 59,2 milliards de mÚtres cubes de gaz naturel ont été exportés de Russie vers l'Europe par Nord Stream en 2021.

Il est une source d'approvisionnement importante pour l'Allemagne dont 35% des importations de gaz viennent de Russie.

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Actuellement "la sécurité d'approvisionnement est garantie", a assuré Berlin mercredi. "Mais nous suivons les choses de trÚs prÚs", a ajouté le gouvernement contraint de reconstituer ses stocks de gaz au prix fort avant l'hiver.

Comme l'Allemagne, c'est l'ensemble des pays européens qui cherchent à accroßtre leur autonomie énergétique et réduire leur dépendance au gaz russe.

Dans ce cadre, l'Union europĂ©enne (UE), IsraĂ«l et l'Égypte ont signĂ© mercredi un protocole d'accord pour approvisionner l'Europe en gaz naturel.

"Le Kremlin a utilisé notre dépendance aux énergies fossiles russes pour nous faire du chantage (...) ", avait dénoncé la veille la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en visite en Israël.

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