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Ukraine : frappes russes sur Kyiv, avant le sommet du G7 en Allemagne

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Par Etienne Paponaud  avec AFP / AP
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La zone résidentielle touchée par une frappe aérienne russe, à Kiev, le 26 juin 2022.
La zone résidentielle touchée par une frappe aérienne russe, à Kiev, le 26 juin 2022.   -   Tous droits réservés  Nariman El-Mofty/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.

Quatre missiles ont atteint dimanche matin un quartier d'habitation proche du centre de Kyiv. Une personne a été retrouvée morte et quatre autres ont dû être hospitalisées, selon le maire de la capitale ukrainienne, Vitaly Klitschko. "Un corps a été retrouvé, six habitants ont été blessés dont quatre ont été hospitalisés parmi lesquels une fille de sept ans", a-t-il déclaré, sans donner de détails sur la personne qui a péri. Quatre explosions ont été entendues vers 06h30 (03h30 GMT).

Il s'agit d'"intimider les Ukrainiens (...) à l'approche du sommet de l'Otan", une organisation honnie par la Russie, a-t-il poursuivi, quelques jours avant le sommet de l'Alliance atlantique, du 28 au 30 juin à Madrid. "Aujourd'hui, des civils à Kyiv sont attaqués pendant que le G7 se réunit. (La Russie) comprend qu'il n'y a pas d'armes qui puissent nous faire peur ; elle veut que le monde entier ait peur. Avoir peur ou agir maintenant. Le choix vous appartient !", a pour sa part tweeté le ministre ukrainien de la Défense Oleksiï Reznikov.

L'usine d'armement Artiom, "en tant qu'infrastructure militaire, était la cible", a pour sa part assuré le ministère russe de la Défense, affirmant que les dégâts sur un immeuble voisin étaient dus à un missile de la défense antiaérienne. "Un missile a été abattu par la défense antiaérienne dans la région de Kiev, les débris sont tombés sur un village", a dit de son côté le gouverneur de la région de Kiev, Oleksiï Kouleba.

Le verrou de l'Est attaqué par Moscou, le Nord et l'Ouest ciblés par des missiles

Les forces russes se sont totalement emparées de la ville stratégique de Severodonetsk et ont pénétré dans celle voisine de Lyssytchansk, une étape importante vers la conquête de l'intégralité du bassin minier du Donbass. "Pour autant, ce n'est qu'un des défis que la Russie devra relever pour occuper l'ensemble de la région", estime le ministère britannique de la Défense, qui souligne la volonté russe d'"avancer sur le centre majeur de Kramatorsk et de sécuriser les voies d'approvisionnement" de la la ville de Donetsk.

Les militaires russes ont aussi progressé à l'est de la ville de Bakhmout et poursuivi leurs offensives vers le sud-est d'Izioum, en direction de Sloviansk, selon l'Institut américain pour l'étude de la guerre (ISW), qui observe "des séries anormales de frappes russes sur des zones de l'arrière". Il cite le commandement de l'armée de l'Air ukrainienne selon lequel quelque 50 frappes ont été recensées samedi près de Kyiv, Khmelnytskyï, Lviv (ouest), Tcherniguiv (nord), Mykolaïv (sud), Kharkiv (nord-est) et dans la région de Dniepropetrovsk (centre). 

Le ministère russe de la Défense a déclaré avoir frappé trois centres d'entraînement militaires dans le nord et l'ouest avec des "armes de haute précision des forces aérospatiales russes et des missiles (de croisière) Kalibr". Parmi les cibles, figure un centre d'entraînement militaire ukrainien dans le district de Starytchi, dans la région de Lviv, à une trentaine de kilomètres de la frontière polonaise. Ces régions ne sont le théâtre d'aucun combat au sol.

Bannir l'or russe

Les grandes puissances du G7, qui cherchent à intensifier la pression sur Moscou après quatre mois de guerre en Ukraine, ont annoncé au premier jour de leur sommet leur intention de bannir les importations d'or russe, coupées du crucial marché londonien.

"Ensemble, le G7 va annoncer que nous allons interdire l'or russe, une source majeure d'exportations, ce qui privera la Russie de milliards de dollars", a tweeté le président américain Joe Biden, qui retrouvait en Bavière ses homologues de France, du Royaume-Uni, d'Allemagne, d'Italie, du Canada et du Japon, alors qu'apparaît le risque d'une forme de fatigue dans le soutien apporté à Kyiv. Vladimir Poutine espérait que, "d'une manière ou d'une autre, l'Otan et le G7 se divisent. Mais nous ne l'avons pas fait et nous ne le ferons pas", a assuré M. Biden.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a mis en garde le président français Emmanuel Macron contre la tentation d'une solution négociée "maintenant" au risque de prolonger "l'instabilité mondiale", selon Downing Street. Les deux dirigeants "ont convenu (...) qu'il était possible de renverser le cours de la guerre".