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Boris Johnson, portrait d'un homme brillant et brouillon

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Par euronews  avec AFP, AP
Boris Johnson, alors maire de Londres, le 14/01/2011
Boris Johnson, alors maire de Londres, le 14/01/2011   -   Tous droits réservés  Kirsty Wigglesworth/AP2011

A 58 ans, Boris Johnson est poussé vers la sortie, après 3 ans au 10 Downing Street. Tour à tour journaliste, député, maire de Londres, ministre puis Premier ministre, il est tombé en disgrâce suite à plusieurs scandales, laissant l'image d'un homme brouillon. PORTRAIT.

Sa sœur a un jour raconté que lorsqu'il était enfant, Boris Johnson voulait devenir "le roi du monde". Cela en dit long sur son ambition d'arriver au sommet, et d'y rester. 

Alexander Boris de Pfeffel Johnson est né à New York le 19 juin 1964. 

Etudiant, il suit scrupuleusement le parcours fléché de l'élite britannique : collège d'Eton puis université d'Oxford. A l'époque, certains enseignants, déjà, dénoncent en lui un manque de sérieux et une propension à se croire au dessus des règles.

Boris le journaliste

En 1987, il est journaliste stagiaire au Times grâce à des relations familiales. Il en est rapidement renvoyé pour une citation inventée. Le Daily Telegraph le repêche et l'envoie à Bruxelles en 1989, où à coup d'outrances et d'approximations, il tourne les institutions européennes en ridicule.

De retour à Londres, il devient chroniqueur politique pour le Telegraph et le Spectator, écrit aussi des critiques automobiles pour le magazine GQ. Il est drôle, érudit, percutant. Mais collectionne pour 4.000 livres sterling d'amendes de stationnement avec les voitures qu'il teste.

Dans l'arène politique

Il entre au Parlement en 2001, rapidement renvoyé du "cabinet fantôme" de l'opposition pour avoir menti sur une liaison.

Puis il prend la mairie de Londres aux travaillistes en 2008, à l'époque pro-Européen et pro-immigration.

Il y reste huit ans, se taille une stature internationale, aidé par les jeux Olympiques.

Il devient ensuite l'une des principales figures de la campagne du Brexit, puis chef de la diplomatie sous Theresa May, et la remplace comme Premier ministre en juillet 2019.

Boris, le héros du Brexit

Eternel optimiste, Boris Johnson offre en 2019 aux Conservateurs une majorité historique à la Chambre.

Chevelure paille désordonnée, énergie communicative et brouillonne, il conduit la réalisation du Brexit, le retrait du Royaume Uni de l'Union européenne.

Mais sa cote de popularité s'érode, passant de 66% d’opinions favorables en avril 2020 à 23% fin juin (baromètre YouGov).

Lui n'a de cesse de vanter son bilan, le chômage au plus bas, la campagne efficace de vaccinations contre le Covid et son soutien résolu au président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Mais sur tous les sujets intérieurs, inflation, immigration, impôts, logement, économie, santé, transports, Brexit, éducation, criminalité, environnement… une majorité des Britanniques pensaient que son gouvernement faisait du mauvais travail selon un récent sondage YouGov.

 Et entre 69% et 72% des Britanniques souhaitaient sa démission, selon deux sondages cette semaine.

3 mariages et une démission

"C'est un artiste brillant, mais inapte à des fonctions nationales, car il semble qu'il ne se soucie que de son destin et de sa satisfaction personnelle", a dit de lui son ancien patron au Telegraph Max Hastings.

Sa vie privée est à la hauteur du personnage. Marié trois fois, en 1987, 1993 et 2020, il a au moins sept enfants, dont les deux plus jeunes nés de son mariage en 2020 avec Carrie Symonds, 34 ans, ancienne chargée de communication du parti conservateur.

Rebecca Fulton / 10 Downing Street / AFP
Photo du mariage de Boris et Carrie Johnson le 29/05/2021 - photo transmise par le 10 Downing Street, leRebecca Fulton / 10 Downing Street / AFP

 Boris Johnson rêvait d'entrer dans l'histoire comme l'un des Premiers ministres britanniques étant resté le plus longtemps au pouvoir, mais sa chance a tourné court, après trois années d'un mandat particulièrement turbulent.

Scandales et mensonges ont eu raison de cet homme politique atypique qui a annoncé ce jeudi sa démission du poste de chef du parti conservateur.