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Ukraine : si les Occidentaux veulent défaire la Russie, "qu'ils essaient", lance Poutine

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Par Stephane Hamalian  & Euronews  avec AFP
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Vladimir Poutine au Kremlin, le 7 juillet 2022
Vladimir Poutine au Kremlin, le 7 juillet 2022   -   Tous droits réservés  Alexei Nikolsky/Sputnik

"Qu'ils essaient !" Le président russe Vladimir Poutine a mis au défi jeudi les Occidentaux de défaire la Russie "sur le champ de bataille" en Ukraine, où, a-t-il affirmé, Moscou n'a "pas encore commencé les choses sérieuses".

"Aujourd'hui, nous entendons qu'ils veulent nous vaincre sur le champ de bataille. Que dire ? Qu'ils essaient !", a déclaré M. Poutine lors d'une réunion avec les chefs des groupes de la chambre basse du Parlement, retransmise à la télévision.

"Nous avons plusieurs fois entendu que l'Occident voulait nous combattre jusqu'au dernier Ukrainien. C'est une tragédie pour le peuple ukrainien. Mais il semble que tout se dirige dans cette direction", a-t-il poursuivi.

Ces déclarations martiales interviennent alors que les Etats-Unis et les pays européens ont accéléré ces dernières semaines les livraisons d'armes à l'armée de Kyiv, qui tentent de freiner la progression des forces russes dans l'est de l'Ukraine.

L'île aux Serpents reconquise par Kyiv, Sloviansk et Kramatorsk lourdement bombardées

Les forces russes ont bombardé jeudi plusieurs villes du Donbass, bassin de l'est de l'Ukraine qu'elles tentent de conquérir en totalité, notamment celle de Kramatorsk, où au moins un civil a été tué, selon les autorités locales.

A Kramatorsk, capitale de la partie du Donbass tenue par les Ukrainiens, l'explosion a creusé un large cratère dans une cour située entre un hôtel et des immeubles d'habitation, ont constaté des journalistes de l'AFP. Ils y ont vu le corps d'une personne tuée et des blessés, ainsi que deux voitures en feu.

"Frappe aérienne contre la partie centrale de Kramatorsk. Il y a des victimes", a annoncé sur Facebook le maire de la ville, Oleksandr Gontcharenko, en appelant les habitants à rester dans les abris.

Cette "attaque délibérée contre les civils" a fait "un mort et six blessés", a déclaré sur Telegram le gouverneur de la province de Donetsk, Pavlo Kyrylenko, en précisant que ces chiffres étaient provisoires et que "six immeubles ont été endommagés, dont un hôtel et un immeuble résidentiel"

"Je demande à tout le monde : évacuez ! L'évacuation c'est provisoire, il faut préserver la vie maintenant", a-t-il ajouté.

Les Russes, qui ont avancé ces dernières semaines dans le Donbass, leur objectif prioritaire depuis leur retrait des environs de Kyiv fin mars, affirment avoir pris il y a quelques jours le contrôle total de la province de Lougansk, l'une des deux formant le bassin minier.

Les Russes "ne sont toujours pas parvenus aux limites de la région", a démenti jeudi le gouverneur de la province, Serguiï Gaïdaï, en accusant les Russes d'enrôler de force des habitants des villes de Severodonetsk et Lyssytchansk, sous leur contrôle, en leur faisant miroiter un emploi. 

Une zone "fragile" de l'OTAN

Les présidents polonais et lituanien se sont rendus ensemble jeudi dans la région dite du "corridor de Suwalki", qui s'étend le long de la frontière entre les deux pays, souvent considérée comme un "endroit fragile" de l'Otan et qui pourrait être la première cible d'une hypothétique attaque russe (cf Suwalki gap sur la carte ci-dessous).

Capture d'écran
Carte réalisée par le service graphisme d'EuronewsCapture d'écran

Le "corridor", qui tient son nom de la ville de Suwalki, le chef-lieu de la région, constitue le chemin le plus court entre l'enclave russe de Kaliningrad, sur la mer Baltique, et le Bélarus, allié de Moscou, qui sert de base arrière aux forces russes opérant en Ukraine. Son occupation éventuelle pourrait couper les pays baltes du reste des pays de l'Union européenne et de l'Otan en Europe continentale.

"C'est un endroit fragile" qui risque d'"attirer l'œil de l'agresseur" potentiel, a déclaré à la presse le président lituanien Gitanas Nauseda lors d'un briefing avec son homologue polonais Andrzej Duda.

Les deux chefs d'Etat ont salué les décisions du dernier sommet de l'Otan de renforcer sa présence sur le flanc est de l'Alliance, particulièrement inquiet depuis l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou en 2014 et l'invasion russe en Ukraine lancée le 24 février dernier.