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Incidents au Stade de France : le Sénat pointe des dysfonctionnements et des défaillances

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Par Euronews  avec AFP
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Des policiers surveillent le Stade de France avant la finale de la Ligue des champions entre Liverpool et le Real Madrid, à Saint-Denis près de Paris, samedi 28 mai.
Des policiers surveillent le Stade de France avant la finale de la Ligue des champions entre Liverpool et le Real Madrid, à Saint-Denis près de Paris, samedi 28 mai.   -   Tous droits réservés  AP Photo/Christophe Ena

Déterminer les responsabilités du fiasco sécuritaire de la finale de la Ligue des champions au Stade de France et proposer des remèdes pour éviter pareil chaos lors des JO 2024 : le Sénat présente mercredi les résultats de ses auditions et ses préconisations sur cette soirée qui a écorché l'image de la France dans le monde entier.

Le sénateur Laurent Lafon, président de la commission culture, a évoqué mercredi "un enchaînement de dysfonctionnements" pour expliquer les incidents au stade de France lors de la finale de la Ligue des champions le 28 mai, évoquant des "défaillances" aussi bien "dans l'exécution" que dans la "préparation" de l’événement.

"Chacun était dans son couloir sans qu'il y ait une véritable coordination", a également pointé le sénateur lors d'un point-presse présentant le rapport sénatorial sur cette soirée.

Gérald Darmanin au cœur des critiques

Les sénateurs ont par ailleurs estimé que la présence des supporters de Liverpool n'étaient pas liée aux incidents "autour du stade", contredisant ainsi la version du ministre de l'Intérieur Gérard Darmanin qui avait qualifié la présence massive de faux billets des supporters anglais comme le "mal racine" du fiasco de la soirée.

"Ce n'est pas parce qu'il y avait des supporteurs de Liverpool qui ont accompagné leur équipe que ça s'est mal passé", a assuré Laurent Lafon, dénonçant "une analyse partielle et imprécise" du locataire de la place Beauvau.

"Les premières déclarations (NDLR : du ministre de l'Intérieur) ne correspondaient pas à la vérité", a également dénoncé François-Noël Buffet (LR) le président de la commission des Lois.

Pressé par les critiques, le ministre de l'Intérieur a fini par reconnaître fin juin "une part de responsabilité" dans les ratés de la soirée et réitéré ses "excuses" aux supporters "qui ont subi cette mauvaise gestion".

Les recommandations des sénateurs

Les sénateurs demandent, parmi les 15 recommandations qui concluent leur rapport, de "rendre obligatoire le recours à des billets infalsifiables" lors de tels événements, alors que la France s'apprête à accueillir la Coupe du monde de rugby en 2023, puis les Jeux olympiques un an plus tard.

Le rapport revient aussi sur la non-conservation d'une partie des images de vidéosurveillance, qui avait nourri la polémique. "Ni le consortium (...) ni la préfecture de police, ni le parquet de Bobigny, n'ont agi avec diligence pour sauvegarder une preuve indispensable à la manifestation de la vérité", dénoncent-ils.

Les sénateurs recommandent d'"imposer aux opérateurs" des lieux où se tiennent de grands événements sportifs de conserver ces images "pendant la durée légale d'un mois".

Ils demandent aussi au ministère de l'Intérieur de "définir une doctrine d'emploi du gaz lacrymogène", qui "prévienne l'exposition de personnes ne présentant pas pour eux un danger immédiat".

Un fiasco avant la Coupe du monde rugby et les JO

Ce devait être une vitrine à un peu plus d'un an de la Coupe du monde de rugby et avant les Jeux olympiques d'été dans deux ans, mais le match du 28 mai entre le Real Madrid et Liverpool a viré au cauchemar pour les forces de l'ordre et le gouvernement.

Spectateurs sans billets escaladant les grilles du stade, d'autres munis de tickets mais ne pouvant y entrer, familles aspergées de gaz lacrymogènes par la police ou vols et agressions commis par des délinquants opportunistes: l'organisation de la rencontre fut un "fiasco".