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Italie : Mario Draghi appelle à un nouveau "pacte" de confiance pour sauver son gouvernement

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Par Euronews
Mario Draghi a "plaidé sa cause" ce matin devant le Sénat italien
Mario Draghi a "plaidé sa cause" ce matin devant le Sénat italien   -   Tous droits réservés  Andrew Medichini/Copyright 2022 The Associated Press. All rights reserved.

La crise politique italienne pourrait-elle se dénouer cette semaine ? Le premier ministre affirme au Sénat que la coalition est l'unique solution pour sauver le gouvernement.

Le Premier ministre italien Mario Draghi a appelé mercredi à "reconstruire" le "pacte de confiance" entre les partis de sa coalition pour sauver son gouvernement, mis en péril par la défection la semaine dernière du Mouvement 5 Etoiles.

"L'unique solution, si nous voulons encore rester ensemble, est de reconstruire depuis ses fondements ce pacte, avec courage, altruisme et crédibilité", a-t-il affirmé au Sénat. "C'est ce que demandent les Italiens".

Lors de cette intervention, qui sera suivie dans l'après-midi d'un vote de confiance, Mario Draghi s'est montré particulièrement sévère avec les partis politiques : "L'Italie n'a pas besoin d'une confiance de façade, qui disparaît face aux mesures difficiles à prendre".

Il les a même directement interpellés : "Vous les partis et les parlementaires, êtes-vous prêts à reconstruire ce pacte ? Etes-vous prêts à confirmer cet effort que vous avez fait durant les premiers mois et qui s'est ensuite affaibli ?"

L'Italie est forte lorsqu'elle est unie
Mario Draghi
Premier ministre

Selon les sondages, la majorité des Italiens souhaitent que "Super Mario" reste à la barre à la tête de sa large coalition d'unité nationale, qui va de la gauche à l'extrême droite.

"L'Italie est forte lorsqu'elle est unie", a-t-il martelé. Les défis domestiques (relance économique, inflation, emploi) et extérieurs (indépendance énergétique, guerre en Ukraine) auxquels l'Italie et l'UE sont confrontées "exigent un gouvernement vraiment fort et solidaire et un Parlement qui l'accompagne avec conviction", a-t-il poursuivi.

Il a également adressé un message au M5S, ardent défenseur du revenu minimum universel menacé par la droite, en le jugeant "important pour réduire la pauvreté bien qu'il puisse être amélioré".

Il a également évoqué une autre mesure chère au M5S, l'introduction d'un salaire minimum légal. "C'est dans cette direction que nous devons avancer, avec les partenaires sociaux", a-t-il dit.

Un vote de confiance doit être organisé dans les deux chambres, mercredi au Sénat puis jeudi à la Chambre des députés, permettant de voir enfin clair après la crise provoquée par la défection jeudi 14 juillet du Mouvement 5 Etoiles lors d'un vote-clé au Sénat.

Le chef du M5S Giuseppe Conte, également prédécesseur de Mario Draghi, a exigé que ses priorités soient prises en compte, notamment l'instauration d'un salaire minimum.

Réactions

Comme prévu, le centre et la gauche ont aussitôt confirmé leur soutien. "Si nous étions déjà convaincus ces derniers jours de renouveler la confiance au gouvernement Draghi, nous en sommes encore plus convaincus après l'avoir écouté", a tweeté le chef du Parti démocrate (PD, gauche) Enrico Letta.

"J'ai écouté, nous voterons oui à la confiance", a annoncé l'ex-Premier ministre Matteo Renzi, qui dirige la petite formation centriste Italia Viva.

Matteo Salvini et Silvio Berlusconi, dont les formations sont associées à la coalition de Mario Draghi, se sont dits prêts mercredi à continuer à le soutenir mais au sein d'un gouvernement sans ministres du Mouvement 5 Etoiles (M5S), à l'origine de la crise politique.

Le M5S de l'ancien chef de l'exécutif Giuseppe Conte, auquel M. Draghi a succédé, doit faire connaître sa position dans la journée et dire s'il accepte de retirer ses ministres tout en continuant à soutenir M. Draghi au Parlement.

Quel que soit le résultat de ce feuilleton politique à l'italienne, l'agence de notation Fitch estime qu'il "est le symptôme d'une plus grande incertitude politique même si des élections anticipées sont évitées", rendant les réformes structurelles et fiscales encore plus difficiles.

Bruxelles et ses partenaires européens pressent aussi Mario Draghi, gage de stabilité, de rester. Le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez s'est même fendu d'une tribune dans Politico intitulée "L'Europe a besoin de dirigeants comme Mario Draghi".

Les marchés scrutent aussi avec attention la situation: la seule éventualité d'un départ du chef de l'exécutif a ravivé les craintes d'une envolée des taux d'emprunt du pays, qui pourrait s'avérer explosive pour la zone euro. La dette de l'Italie s'était déjà retrouvée dans le viseur des marchés en juin lorsque la BCE avait annoncé son prochain tour de vis.