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En Italie, le Pô vidé par la sécheresse

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Par euronews
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Le sol craquelée par la sécheresse dans la vallée du Pô
Le sol craquelée par la sécheresse dans la vallée du Pô   -   Tous droits réservés  Screenshot Euronews

Du sable sec à perte de vue, un sol craquelé et desséché qui était encore recouvert d'eau il y a quelques mois... En Emilie-Romagne, dans le centre de l'Italie, les rives du Pô n'ont vu que quelques gouttes ces derniers mois, comme en plein été. La combinaison avec les températures chaudes et croissantes sont désastreuses : "depuis le mois de novembre, on est en dessous de la normale, explique Marco Gardella, ingénieur environnemental à l'autorité du bassin du Pô.  Le niveau des précipitations a diminué de moitié et la quantité de neige a diminué de 70%, ce qui a empêché les lacs de se remplir." 

Le Pô est le plus grand fleuve d'Italie et il représente près du tiers de la production agricole du pays ; l'ensemble du secteur est donc inquiet. Il y a aussi des conséquences en ce qui concerne l'eau potable, puisqu'environ 700 000 personnes utilisent l'eau du Pô dans leurs usages quotidiens. Les municipalités ont procédé à de nombreuses restrictions d'eau, que ce soit en Emilie-Romagne ou ailleurs en Italie.

Pour la première fois dans l'histoire de la commune de  Fontanellato, à quelques minutes de voitures des rives du fleuve, le maire a coupé l'alimentation de la fontaine principale. Pour faire face à la sécheresse, les autorités demandent à leurs concitoyens de réduire leur consommation d'eau le plus possible durant la journée. "Cette année, toute le monde doit être conscient que l'eau est une ressource dont nous devons tous nous soucier" explique Luigi Spinazzi, le maire de Fontanellato.

Limiter la consommation d'eau ou l'irrigation est une option qui ne suffira pas à long terme. Pour les scientifiques, il faut prendre de mesures plus radicales et accélérer le processus de transition écologique. "Nous ne devrions même plus en débattre ! Nous savons que le changement climatique existe, s'agace Meuccio Berselli, secrétaire général de l'autorité du bassin du Pô. L'année prochaine pourrait être encore pire car nos modèles montrent que les températures devraient augmenter et les sécheresses comme celle-ci pourraient potentiellement durer encore plus longtemps".

Les experts espèrent avant tout que la pluie sera suffisante à l'automne et qu'elle permettra de redonner un niveau normal au fleuve... mais avec le dérèglement climatique, rien n'est certain.