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Éteindre la lumière, mettre un pull... la "sobriété énergétique" vue par l'ADEME

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Par Olivier Peguy
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Bruno Lafitte (à dr.) de l'Agence pour la Transition énergétique, le 24/08/2022
Bruno Lafitte (à dr.) de l'Agence pour la Transition énergétique, le 24/08/2022   -   Tous droits réservés  Capture d'écran d'une vidéo Euronews

Le président français Emmanuel Macron multiplie les appels à la "sobriété" pour faire face à la crise énergétique.
Comment cela pourrait se traduire ? 
Bruno Lafitte, ingénieur à l'Agence de la transition écologique (ADEME) nous donne quelques éléments de réponse.

Olivier Péguy, Euronews : On l'a vu récemment, plusieurs villes dans le monde et en Europe ont décidé de limiter l'éclairage de leurs monuments. Est-ce que ce genre de limitation a un réel impact en matière d'économie d'énergie ou est-ce surtout symbolique ?

Bruno Lafitte, ADEME : C'est certain que cela a un impact puisque cela permet de faire des économies immédiates et directes. En revanche, cet impact sera plus faible, comparé à l'impact des rénovations des bâtiments qui sont des passoires énergétiques.

Simplement, chaque geste compte ! C'est cela qui est important. Éteindre les bâtiments publics, tout le monde le voit. C'est un geste collectif puisque tous les habitants peuvent le voir. C'est un geste assez facile, un geste sans regret. C'est un geste qui permet des économies d'énergie direct.

On a entendu le président de la République Emmanuel Macron inviter tous les Français à observer une forme de sobriété, en matière énergétique. Il a appelé à la responsabilité de chacun. D'après vous, est-ce que cet appel à la responsabilité des Français a des chances d'être entendu ?

Plus que jamais ! C'est un appel que nous faisons à l'Agence de la Transition écologique depuis longtemps. Mais cet appel a, aujourd'hui, plus que jamais des chances d'être entendu. Nous sommes dans un contexte où on a compris quel était le prix réel, non pas en euro, mais disons le coût de l'approvisionnement en énergie, le coût de notre gaspillage énergétique. On peut effectivement communiquer sur le fait qu'il y a beaucoup de gaspillage énergétique.

Ce sont des petits gestes du quotidien qui peuvent permettre d'éviter le gaspillage.
Bruno Lafitte
Ingénieur à l'Agence de la Transition écologique (ADEME)

On a parlé juste avant d'éteindre l'illumination des monuments la nuit. Ce n'est pas du gaspillage énergétique en soi, puisque cela permet de voir ces monuments. Mais peut-être qu'on peut se permettre pour les quelques personnes qui regarderont ces monuments à 23h, de faire un petit effort et donc, d'éteindre ces monuments.

Ce sont des petits gestes du quotidien qui peuvent permettre d'éviter le gaspillage. Aujourd'hui, on y est plus que jamais sensible.

D'après vous, est-ce que ce qui s'est passé cet été, en France et en Europe, avec les conditions météo si particulières, cela a servi de prise de conscience pour l'opinion publique sur ces questions de gaspillage en matière énergétique ?

Oui, il y a une vraie prise de conscience. Alors, il y a plusieurs éléments qui arrivent en même temps.

Il y a la sécheresse, les feux de forêts, etc. Ce n'est pas directement lié, du moins dans l'esprit des gens, à l'énergie, bien que ce soit lié. En effet, pour produire de l'énergie dite carbonée, on réchauffe la planète. Donc si on limite notre consommation d'énergie carbonée, on évite le réchauffement de la planète, et on peut éviter du coup les effets de sécheresse ou de feux de forêts.

Il y a un autre aspect, un autre contexte, c'est la guerre en Ukraine. Cela nous amène à nous poser des questions sur notre approvisionnement en énergie. Et on est dans un contexte très tendu. Du coup, chaque geste compte. Et les appels à la responsabilité ont plus de chances d'être entendus.

Vous avez parlé de l'importance d'éteindre l'éclairage... Comment cette notion de "sobriété" pourrait se traduire par ailleurs ?

La sobriété telle que je la vois, comporte deux aspects. D'abord, éviter le gaspillage énergétique. Pour l'éclairage, on connaît bien la recommandation d'éteindre la lumière quand on quitte une pièce. Typiquement, ne pas laisser une lumière allumée alors qu'elle ne profite à personne. C'est du gaspillage énergétique.

En plus d'éviter le gaspillage énergétique, on peut aussi réfléchir à ses propres usages. C'est un élément inclus dans la notion de sobriété : réfléchir à ses usages énergétiques. Est-ce que je peux tout simplement réduire ma consommation d'électricité en réduisant un peu mon confort ? Par exemple, pourquoi ne pas réduire la température de la pièce dans laquelle on se trouve en hiver et mettre un pull plutôt que de rester en chemise ou en tee-shirt ? Voilà, cela constitue un petit effort qui ne réduit pas le confort de la personne in fine. Cela suppose simplement de réfléchir à ses usages énergétiques.