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Sécheresse précoce et crise de l'eau en France

Le pont submersible de Montclus (Gard), où passe la Cèze. Lorsque le niveau de l'eau monte suffisamment, le pont se retrouve submergé. Ici, le niveau est anormalement bas.
Le pont submersible de Montclus (Gard), où passe la Cèze. Lorsque le niveau de l'eau monte suffisamment, le pont se retrouve submergé. Ici, le niveau est anormalement bas. Tous droits réservés Héloïse Urvoy
Tous droits réservés Héloïse Urvoy
Par Heloise Urvoy
Publié le Mis à jour
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Cette année, le niveau de crise concernant les restrictions d’eau a été déclenché presque trois mois plus tôt que l’année dernière dans certaines zones du pays. Pourtant, 2022 est jusqu’ici l’année la plus chaude jamais enregistrée. Les autorités se préparent à un avenir sec.

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Près d’un tiers de l’Europe est actuellement touchée par la sécheresse, et 10% du continent se trouve déjà en situation de crise, selon l’Observatoire européen de la sécheresse.

C’est le cas dans une partie du sud de la France.

Dans le Gard, la préfecture a déclenché le plus haut niveau d’alerte concernant les restrictions d’eau, celui de crise, depuis le mois de mai.

« Le niveau de crise, c’est le niveau ultime, qu’on espère ne jamais atteindre. Malheureusement, on l’a déjà atteint depuis le mois de mai cette année. C’est un niveau où on interdit la plupart des usages" explique Sébastien Ferra, le directeur départemental des territoires et de la mer (DDTM) du Gard.

Les habitants des zones concernées n’ont plus le droit de remplir leurs piscines, ils doivent limiter fortement l’arrosage de leur jardin, et les stations de lavage de voitures restent fermées. L’irrigation agricole n’est autorisée que la nuit, pour éviter l’évapotranspiration. 

Les niveaux des nappes phréatiques sont trop bas

Selon les dernières données disponibles du Bureau de recherches géologiques et minières, 68% des niveaux des nappes phréatiques sont déficitaires dans le pays. 

"Depuis le début de l’année on est très inquiets, parce qu’on a eu un déficit de pluie depuis le mois de septembre, qui est de l’ordre de 40 à 50%" poursuit Sébastien Ferra. 

"On a quand même, malgré les orages de ces trois dernières semaines, une situation inquiétante. Aujourd’hui, les pluies que nous avons ne viennent pas recharger les cours d’eau et les nappes, par contre elles évitent de recourir à de l’irrigation, car elles alimentent. Mais on a peur que dans les trois prochaines semaines, on ait à nouveau des hausses de températures, et on sait que des degrés de température en plus c’est de l’évapotranspiration pour les plantes, et c’est des besoins en eau supplémentaires Aujourd’hui, on a un niveau d’humidité des sols qui est déjà très bas."

Une des conséquences du dérèglement climatique

Le niveau de la Cèze, rivière qui traverse le département, est anormalement bas pour la saison. Selon Benoît Trichot, maire du village de Montclus et président du syndicat de gestion de cette rivière, ABCèze, c'est une des caractéristiques emblématiques du dérèglement climatique : 

"Avant, on avait des gros orages assez ciblés autour du 14 juillet et du 15 août. Maintenant, on observe un dérèglement. Les agriculteurs le ressentent, car il y avait des pluies à des moment clés qui permettaient aux vignes et cultures de bien fonctionner."
"On pouvait observer certains cycles, mais aujourd'hui cela ne veut plus dire grand chose. Par exemple, il y a de plus en plus de sécheresses hivernales." 

"Dans le passé, il y a eu des sécheresses importantes. Mais là on se rend compte que les températures sont de plus en plus élevées, que c’est de plus en plus récurrent, et surtout que les nappes phréatiques baissent. C’est une réalité, on les mesure, et on sent bien qu’il y a un vrai changement à faire à l’avenir, et donc on essaie de concerter un maximum, de sensibiliser les gens.”

Des gestes et des outils, l'affaire de tous

Technicienne auprès de l'ABCèze, Maud Clavel rappelle que l'eau se raréfie, et qu'elle va devenir une ressource qu'il faut partager : 

"Certes, les agriculteurs doivent s'adapter au changement climatique et au fait qu'il va moins pleuvoir, mais c'est aussi à chacun de le faire, que ce soit les habitants ou le secteur du tourisme."

"Il y a des solutions qui existent, comme le fait d'économiser l'eau grâce à du matériel qui rend les consommations plus efficaces. Cela peut aussi être récupérer l'eau de pluie, ou adapter certaines cultures. Il faut arriver à ce que chacun se projette avec ces solutions dans l'avenir."

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