4ème semaine de manifestations en Iran: le secteur pétrochimique rejoint la contestation

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Par Euronews  avec AFP
Manifestations en Iran, le 4 septembre 2022
Manifestations en Iran, le 4 septembre 2022   -   Tous droits réservés  Hawre Khalid / Copyright 2022 The AP. All rights reserved.

Les manifestations et rassemblements antigouvernementaux en Iran sont entrés dans leur quatrième semaine, avec de nouvelles protestations signalées sur le campus universitaire de Téhéran, mais aussi au Sud du pays, où se trouvent de nombreuses raffineries.

Les slogans antigouvermentaux des manifestants ont à nouveau résonné sur le campus de l’Université de Technologie Amirkabir de Téhéran. Un mois après la mort de Mahsa Amini, après son arrestation par la police des mœurs pour un port de voile non réglementaire, les étudiants iraniens défient toujours le pouvoir malgré les répressions.

Manifestation d'étudiants à l'université Amirkabir de Téhéran, le 10 octobre 2022

Selon Iran Human Rights (IHR), une ONG basée à Oslo, au moins quatre-vingt-douze manifestants ont été tués et des centaines d’autres arrêtés depuis le 16 septembre. Le dernier bilan donné par les médias officiels iraniens remonte au 27 septembre ; il faisait état "d’une soixantaine" de morts. Quant aux policiers, membres des gardiens de la révolution ou de la milice des bassidji, le nombre de tués atteint quatorze, selon Téhéran. L’Etat iranien a également mis en place de sévères restrictions à l’accès à Internet pour contrôler ce qu’il appelle "des émeutes", notamment des blocages d’Instagram et de WhatsApp, ainsi qu’une surveillance des VPN.

Le secteur pétrochimique rejoint la contestation

Le mouvement de contestation a rallié lundi des travailleurs du secteur industriel. Les travailleurs des raffineries de pétrole d’Abadan et de Kangan ainsi que ceux de l’usine pétrochimique de Bouchehr se sont joints aux manifestations. Des vidéos partagées par des médias en persan basés à l'extérieur du pays montrent également des ouvriers brûlant des pneus devant l'usine pétrochimique d'Assalouyeh, dans le Sud-Est.

Le fait que le secteur de la pétrochimie rejoigne le mouvement pourrait dessiner un tournant dans la situation en Iran. Le pays occupait, en 2020, la cinquième place comme producteur au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP). Malgré les sanctions américaines à son encontre, l’Iran exporte principalement en Chine, en Inde, au Japon ou encore en Corée du Sud son pétrole, en passant par des sociétés basées à Hong Kong, à Singapour et aux Emirats arabes. Le secteur de la pétrochimie est l’un des secteurs clés de l’économie iranienne avec des ventes qui représentent plusieurs dizaines de millions de dollars de pétroles et de produits pétrochimiques.

Une situation explosive aux airs de déjà-vu inquiétant pour le pouvoir en place: en septembre 1978, l’entrée en grève de la pétrochimie avait marqué un tournant important dans la contestation contre le régime du Shah, et avait contribué à la chute de celui-ci 4 mois plus tard.