L'Iran affirme défendre "la liberté d'expression et de réunion pacifique" de ses citoyens

Access to the comments Discussion
Par euronews  avec AFP
Une pancarte brandie lors d'un rassemblement de soutien aux manifestations en Iran, à Paris, le 29 octobre 2022.
Une pancarte brandie lors d'un rassemblement de soutien aux manifestations en Iran, à Paris, le 29 octobre 2022.   -   Tous droits réservés  Geoffroy VAN DER HASSELT / AFP

Le mouvement de contestation qui secoue l'Iran depuis plus d'un mois et demi s'est poursuivi sans relâche cette semaine, en dépit d'une répression qui s'accentue et le début des procès de personnes arrêtées, certaines passibles de la peine de mort.

Les manifestations, sans précédent par leur ampleur et leur nature depuis la Révolution islamique de 1979, et qualifiées d'émeutes par les autorités iraniennes, ont été déclenchées par la mort le 16 septembre de Mahsa Amini.

Cette Kurde iranienne de 22 ans avait été arrêtée trois jours plus tôt par la police des mœurs, qui lui reprochait d'avoir enfreint le code vestimentaire strict de la République islamique, imposant notamment le port du voile en public. 

Selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) au moins 277 personnes ont été tuées lors des manifestations qui ont eu lieu dans le pays.

"L'Iran est engagé dans la protection des droits de l'homme"

De nombreux Etats condamnent la répression violente des manifestations, ce que Téhéran dément.

"La République islamique d'Iran a toujours été et continue d'être engagée dans la promotion et la protection des droits de l'homme. Les droits de liberté d'expression et de réunion pacifique sont reconnus par la Constitution iranienne. D'ailleurs, la pratique de ces droits par le peuple iranien a toujours été soutenue par le gouvernement",a déclaré mercredi, Amir Saïd Iravani l'ambassadeur de l'Iran auprès des Nations unies

L'ambassadeur iranien a également déclaré que les pays étrangers ne devaient pas s'immiscer dans les affaires intérieures de la République islamique d'Iran et a défendu la gestion des manifestations. 

Inquiétudes pour deux journalistes emprisonnées après avoir révélé l'affaire Amini

Le sort de deux journalistes iraniennes, qui ont contribué à rendre publique l'affaire Mahsa Amini et sont emprisonnées en Iran depuis un mois, suscite de plus en plus l'inquiétude des défenseurs des droits humains, qui réfutent les accusations d'espionnage visant les deux journalistes.

Les journalistes Niloufar Hamedi, 30 ans, et Elaheh Mohammadi, 35 ans, ont été arrêtées au début des grandes manifestations qui ont éclaté en Iran après la mort de Mahsa Amini. 

Elles font partie des 51 journalistes arrêtés en Iran lors d'une vague d'arrestations menée par les autorités depuis le déclenchement des manifestations, selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Seuls 14 ont depuis été libérés sous caution.

Washington cherche à manipuler l'opinion, selon Khamenei

Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a accusé mercredi les Etats-Unis de chercher à manipuler l'opinion publique iranienne en soutenant le mouvement de contestation déclenché à travers le pays par la mort en détention d'une jeune femme.

"Les rapports des agences de renseignement montrent que l'ennemi avait établi un plan pour Téhéran ainsi que les grandes et petites villes" du pays, a indiqué M. Khamenei, faisant allusion, selon la télévision, au "rôle des Etats-Unis dans les récentes émeutes".

"Leur plan, leur objectif, c'est d'obtenir que le peuple iranien les suive et que l'opinion du peuple iranien devienne identique à l'opinion des dirigeants britanniques et américains", a ajouté M. Khamenei.