COP27 : l'ONU dénonce le greenwashing sur la neutralité carbone et trace les "lignes rouges"

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Par euronews
Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, s'exprime lors de la COP27, à Charm el-Cheikh en Égypte, 9 novembre 2022
Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, s'exprime lors de la COP27, à Charm el-Cheikh en Égypte, 9 novembre 2022   -   Tous droits réservés  AP

Le Pakistan est un des pays les plus touchés par les événements météorologiques extrêmes dus au dérèglement climatique. Selon l'ONU, les inondations qui ont submergé un tiers du territoire du Pakistan et affecté quelque 33 millions de personnes ont causé plus de 30 milliards de dollars de dégâts et pertes économiques.

Le Premier ministre du Pakistan a déploré mardi le manque de financements pour faire face aux conséquences d'un désastre climatique "causé par l'homme", telles que celles que son pays vient de connaître. 

"Le manque de financements est trop important pour soutenir les besoins réels de reconstruction de ceux qui se trouvent en première ligne des catastrophes climatiques", a déclaré Shehbaz Sharif lors de la COP27 sur le climat en Egypte.

"Nous appelons ceux qui ont le pouvoir et la puissance financière à changer le cours de l'histoire, et cette conférence est là pour ça. Mesdames et Messieurs, c'est maintenant ou jamais. Pour nous, il n'y a pas de planète B", a ajouté le dirigeant pakistanais. 

L'ONU trace les "lignes rouges" du greenwashing des entreprises

Un autre sujet de discussion du sommet concernait le greenwashing. Les experts de l'ONU ont dénoncé les abus des organisations derrière les promesses de "neutralité carbone."

De plus en plus d'entreprises, d'investisseurs, de villes, de régions, promettent d'atteindre la neutralité carbone d'ici au milieu du siècle. Des engagements avec souvent "des failles assez grandes pour y faire passer une citerne de diesel", a commenté le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le travail du groupe d'experts qu'il avait lancé à la dernière COP.

"Nous ne devons avoir aucune tolérance pour le greenwashing sur la neutralité carbone", a-t-il martelé.

Les 18 experts ont élaboré en quelques mois un mode d'emploi pour évaluer le degré de crédibilité des acteurs non étatiques qui s'engagent à la neutralité carbone.

Condition clé de cette crédibilité, s'éloigner des "activités destructrices de l'environnement", en particulier tout ce qui peut entraîner de la déforestation, et sortir progressivement des énergies fossiles responsables du réchauffement de la planète.

Villes, régions, organismes financiers et entreprises "ne peuvent pas revendiquer la neutralité carbone tout en continuant à construire ou investir dans de nouvelles sources d'énergies fossiles", insiste le rapport, qui souligne que les deux sont "incompatibles".

Autre condition sine qua non à un objectif crédible de neutralité carbone, réduire le plus possible les émissions de gaz à effet de serre. Et non pas les compenser en achetant des "crédits carbone" équivalent à un poids de CO2, en finançant par exemple des projets de reforestation ou de développement des énergies renouvelables.

"Vous ne pouvez pas simplement acheter des crédits carbone bon marché et qui manquent parfois d'intégrité", souligne Catherine McKenna, présidente du groupe d'experts.

La Colombie et le Venezuela appellent à sauver l'Amazonie

Les présidents colombien et vénézuélien, Gustavo Petro et Nicolas Maduro, ont lancé mardi à la tribune de la COP27 un appel à la création d'une vaste alliance pour protéger l'Amazonie, la plus grande forêt tropicale de la planète, menacée par la déforestation.

"Nous sommes décidés à revitaliser la forêt amazonienne" afin "d'offrir à l'humanité une victoire importante dans la lutte contre le changement climatique", a affirmé Gustavo Petro lors de la conférence de l'ONU pour le climat à Charm el-Cheikh, en Egypte, aux côtés de Nicolas Maduro et du président du Suriname, Chan Santokhi.

La participation du Brésil à une telle alliance, qui relève pour l'heure d'une déclaration d'intentions, serait "absolument stratégique", a souligné Gustavo Petro.

Le bassin amazonien, qui s'étend sur 7,4 millions de kilomètres carrés, couvre près de 40% de l'Amérique du Sud et s'étend sur neuf pays, avec une population estimée à 34 millions d'habitants, indigènes pour la plupart.