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Influence, Sahel, nucléaire : Emmanuel Macron fixe les objectifs stratégiques de la France

Le président français Emmanuel Macron s'exprime depuis la base navale de Toulon, France, le 9 novembre 2022
Le président français Emmanuel Macron s'exprime depuis la base navale de Toulon, France, le 9 novembre 2022 Tous droits réservés Eric Gaillard/AP
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Par Stephane HamalianEuronews avec AFP
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La France réajuste son déploiement au Sahel et met la guerre de l'information au cœur de sa stratégie. Emmanuel Macron réaffirme également le rôle de la dissuasion nucléaire dans la sécurité de l'Europe.

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La France procède à des ajustements dans sa stratégie militaire en Afrique. Le président Emmanuel Macron a officialisé ce mercredi la fin de l'opération Barkhane, lancée en 2014 pour lutter contre les groupes djihadistes au Sahel.

Mais cette annonce ne signifie pas pour autant un retrait total de Paris de cette immense région à cheval sur plusieurs pays. Les troupes françaises, épaulées par quelques contingents alliés, resteront déployées au Tchad, au Burkina Faso et au Niger. Une présence d'environ 3 000 hommes dont les contours seront définis après "une phase d'échanges avec nos partenaires africains, nos alliés et les organisations régionales", a précisé le président français, qui s'exprimait depuis la base militaire navale de Toulon, dans le sud de la France.

Départ précipité du Mali en août

"Cette stratégie sera finalisée d'ici 6 mois (...). C'est indispensable et c'est une des conséquences que nous tirons de ce que nous avons vécu ces dernières années dans toute la région du Sahel", a-t-il expliqué. "Nos interventions doivent être mieux bornées dans le temps et ce dès le début. Nous n'avons en effet pas vocation à rester engagés sans limite de temps dans des opérations extérieures", a-t-il ajouté.

L'idée désormais est de continuer à agir, mais en discrétion. Aucun nouveau nom n'a été donné aux troupes désormais déployées, pour changer la "perception" localement et sur les réseaux sociaux, selon une source Elyséenne.

L'armée française a quitté le Mali en août, après neuf ans de présence, poussée par la junte au pouvoir qui travaille désormais - même si elle s'en défend - avec le sulfureux groupe paramilitaire russe Wagner.

La Russie de plus en plus présente dans la zone, profite d'une opinion publique africaine hostile à l'ancienne puissance coloniale. Moscou surfe sur ce sentiment anti-français et mène des campagnes de désinformations pour décrédibiliser la France auprès des populations locales.

L'influence, au cœur de la nouvelle stratégie de Paris

Cette guerre d'influence sera érigée au rang de "fonction stratégique" dans la défense de la France, dans un contexte de durcissement de la lutte informationnelle dans le monde a annoncé le chef d'État.

"Nous ne serons pas des spectateurs patients", assistant à la propagation de fausses informations ou de narratifs hostiles à la France, et "convaincre fait partie clairement des exigences stratégiques", a déclaré le président français annonçant que ce combat sera doté de "moyens substantiels".

"Une attitude qui serait seulement réactive, voire défensive pourrait passer pour une forme de passivité, ce ne sera pas la nôtre", a ajouté Emmanuel Macron. 

Nucléaire et partenariats européens

Emmanuel Macron a par ailleurs insisté sur la défense du continent européen, plaidant pour un renforcement des liens avec l'Allemagne, qualifié de "partenaire indispensable". Les relations avec le Royaume-Uni ont également fait l'objet d'une attention particulière du président français, les deux pays prévoyant de tenir un sommet sur les questions de défense au premier trimestre 2023.

Emmanuel Macron a également assuré que la dissuasion nucléaire française contribuait" à la "sécurité" de l'Europe, clarifiant ainsi des déclarations récentes qui avaient semblé remettre en question cet enjeu.

Le 12 octobre, le chef de l'Etat avait jeté le trouble en déclarant sur la chaîne France 2 qu'une frappe nucléaire "dans la région" de l'Ukraine, sous-entendu potentiellement dans des pays européens membres de l'Otan, ne relevait pas des "intérêts fondamentaux" de la France.

"Gardons-nous d'oublier que la France a bien la dissuasion nucléaire et gardons-nous parfois de dramatiser quelques propos", a-t-il ajouté.

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