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Arménie : le Sénat français demande des sanctions contre l'Azerbaïdjan

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Par Stephane Hamalian  & Euronews  avec AFP
Une mère arménienne sur la tombe de son fils, le 14 juin 2021
Une mère arménienne sur la tombe de son fils, le 14 juin 2021   -   Tous droits réservés  Mstyslav Chernov/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved

Le Sénat français a demandé au gouvernement, dans un texte voté ce mardi, d'envisager, avec ses partenaires européens, "les réponses les plus fermes" à l'égard de l'Azerbaïdjan, y compris un embargo sur les importations de gaz, et d'"exiger son retrait immédiat du territoire arménien".

La proposition de résolution - texte sans valeur contraignante - portée par le président du groupe LR Bruno Retailleau, a été adoptée par 295 voix "pour", une seule "contre" et 36 abstentions.

Le texte, cosigné par les présidents des groupes centriste Hervé Marseille, PS Patrick Kanner et CRCE à majorité communiste Eliane Assassi, appelle en outre à la libération et au rapatriement de tous les prisonniers de guerre arméniens, et réaffirme "la nécessité de reconnaître la République du Haut-Karabagh".

"Le temps n'est plus à observer, il est désormais à décider, le temps n'est plus à protester, il est à sanctionner", a déclaré Bruno Retailleau, déplorant un "deux poids, deux mesures", en comparaison des sanctions prises à l'encontre de la Russie après son invasion de l'Ukraine.

L'ambassadrice d'Azerbaïdjan en France, Leyla Abdullayeva, a rejeté ce vote, estimant que la position du Sénat était "biaisée" et qu'elle nuisait "aux efforts de consolidation de la paix dans la région". 

Mission d'observation de l'UE

Paris et Washington ont accusé l'Azerbaïdjan d'avoir lancé une offensive contre son voisin le 13 septembre dernier, qui a fait au moins 200 morts.

Pour tenter de calmer les tensions, l'Union européenne a déployé mi-octobre une mission civile d'observation, du côté arménien de la frontière. Une décision prise à la suite d'une réunion quadrilatérale tenue le 6 octobre entre le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, le président français Emmanuel Macron et le président du Conseil européen Charles Michel.

L'Arménie et l'Azerbaïdjan tiennent depuis plusieurs mois des réunions régulières visant à normaliser leurs relations, la dernière ayant eu lieu entre les chefs des diplomaties des deux pays à Washington le 8 novembre, autour du secrétaire d'Etat américain Antony Blinken.

La Russie, qui souhaite conserver son statut de maître des horloges du Caucase, s'implique également dans le règlement du conflit, Vladimir Poutine ayant reçu le président azerbaïdjanais et le Premier ministre arménien le 31 octobre à Sotchi, pour un sommet tripartite.

Emmanuel Macron a eu samedi dernier ²un échange téléphonique avec son homologue azerbaïdjanais Ilham Aliyev. Il s'entretiendra également avec le Premier ministre arménien Nikol Pachinian en marge du sommet de la Francophonie à Djerba le 19 novembre, selon l'Elysée.

Le territoire arménien visé

L'Arménie et l'Azerbaïdjan se sont affrontés pour le contrôle du Haut-Karabagh dans une première guerre lors la chute de l'URSS, remportée par l'Arménie. Un deuxième conflit initié en septembre 2020 par l'Azerbaïdjan, avec le soutien de la Turquie, a conduit à une défaite d'Erevan, qui a perdu le contrôle d'une majeure partie de ce territoire, en vertu d'un cessez-le-feu signé sous l'égide de Moscou en novembre 2020. Depuis, des soldats russes de maintien de la paix y sont déployés.

Le Haut-Karabagh est un territoire peuplé majoritairement d'Arméniens, arbitrairement rattaché à république socialiste soviétique d'Azerbaïdjan en 1921, par le bureau caucasien du parti bolchévique.

Les bombardements survenus en septembre ne concernent, cette fois-ci, pas le Haut-Karabagh, mais directement le territoire de la République d'Arménie.