Armes chimiques : la guerre en Ukraine accroît la menace, selon le chef de l'OIAC

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Par Euronews  avec AFP
Le siège de l'OIAC, à La Haye, Pays-Bas
Le siège de l'OIAC, à La Haye, Pays-Bas   -   Tous droits réservés  AP Photo/Peter Dejong

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) continue de suivre de près la situation en Ukraine, a déclaré son chef Fernando Arias lors de la réunion annuelle du régulateur.

"La situation en Ukraine a de nouveau accru la menace réelle posée par les armes de destruction massive, y compris les armes chimiques", a déclaré M. Arias lors de la réunion au siège de l'organisation à La Haye, aux Pays-Bas.

"Cela a exacerbé les tensions existantes à un point où l'unité de la communauté internationale sur les défis mondiaux communs liés à la sécurité et à la paix internationales ne peut être présumée", a-t-il ajouté.

Les organismes internationaux de désarmement comme l'OIAC, prix Nobel de la paix en 2013, "sont désormais devenus des lieux de confrontation et de désaccord", a déploré M. Arias.

L'Ukraine et la Russie, membres de l'OIAC

La question des armes chimiques fait l'objet de spéculations depuis le début de la guerre, Moscou et Kyiv s'accusant mutuellement d'en posséder ou d'en avoir fait potentiellement usage, sans apporter de preuves tangibles.

Le ministère russe de la défense a pour sa part soupçonné samedi les Etats-Unis, de développer une programme d'armes biologiques avec l'Ukraine, près de sa frontière.

M. Arias a rappelé à la Russie et à l'Ukraine qu'elles faisaient partie des 193 pays qui se sont "solennellement et volontairement engagés à ne jamais, en aucune circonstance, développer, produire, acquérir, stocker, transférer ou utiliser des armes chimiques".

Il a déclaré que l'OIAC "continue de suivre de près cette situation grave et reste en contact avec les représentations permanentes de la Fédération de Russie et de l'Ukraine".

L'OIAC a fourni à l'Ukraine, à sa demande, une formation pour les premiers intervenants pour les attaques chimiques et pour la détection des fuites chimiques, a déclaré M. Arias.

Syrie et Russie critiquées

De son côté, le régime de Damas, allié de la Russie, fait preuve de "graves manquements à se conformer" aux demandes de l'OIAC, a souligné M. Arias.

La Syrie a refusé d'accorder un visa à un inspecteur de l'OIAC et n'a pas pris les mesures demandées par l'organisme de contrôle des armes chimiques.

La Syrie dément avoir utilisé des armes chimiques et affirme avoir remis ses stocks conformément à un accord de 2013, conclu après une attaque présumée au gaz sarin qui a tué 1 400 personnes à Ghouta, dans la banlieue de Damas.

Elle a été privée de ses droits de vote à l'OIAC en 2021 après qu'une enquête lui eut attribué la responsabilité d'autres attaques aux gaz toxiques.

Les pays occidentaux ont critiqué aussi bien la Russie que la Syrie au cours de la réunion.

Le sous-secrétaire d'Etat américain aux armes et à la sécurité internationale Bonnie Jenkins a dénoncé les affirmations "absurdes, infondées et alarmantes" de la Russie accusant l'Ukraine d'utiliser ou vouloir utiliser des armes chimiques.

M. Jenkins a accusé la Russie d'utiliser des armes chimiques en rappelant l'attaque au novitchok, un agent neurotoxique, perpétrée contre l'ancien espion russe Serguei Skripal à Salisbury en Angleterre en 2018 et l'empoisonnement de l'opposant russe Alexei Navalny en 2020.

La Russie dément toute implication dans ces épisodes.

La vice-ministre britannique de la Défense Annabel Goldie a souligné que la guerre menée par la Russie en Ukraine ne pouvait pas être "ignorée ici à l'OIAC". "Nous avons vu ce type de comportement mensonger en Syrie et nous le voyons à présent en Ukraine", a-t-elle dit.