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La colère de la communauté kurde de France, endeuillée ce vendredi à Paris

Heurts entre manifestants kurdes et forces de l'ordre à Paris, le 23 décembre 2022
Heurts entre manifestants kurdes et forces de l'ordre à Paris, le 23 décembre 2022 Tous droits réservés Lewis Joly/Copyright 2022 The AP. All rights reserved
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Par Euronews avec AFP
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Les Kurdes gardent en mémoire l'assassinat en 2013 de trois militantes du PKK, dans ce même arrondissement de Paris.

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De violents incidents ont éclaté ce vendredi après-midi dans le Xème arrondissement de Paris après la mort de trois personnes tuées aux abords d'un centre culturel kurde. Le président français a dénoncé une "odieuse attaque" contre les Kurdes de France.

Dès les minutes qui ont suivi les tirs, dont l'auteur présumé est un homme français de 69 ans, des membres du centre culturel Ahmed Kaya ont mis en cause la Turquie et dénoncé une trop faible protection policière.

"Cela recommence, vous ne nous protégez pas, ils nous tuent!", ont crié certains, gardant en mémoire l'assassinat de trois militantes kurdes à Paris, dans la nuit du 9 au 10 janvier 2013. L'enquête judiciaire en France, toujours en cours, avait relevé "l'implication" de membres des services secrets turcs, sans désigner de commanditaires.

Colère kurde

Des heurts sont survenus entre manifestants et forces de l'ordre qui ont répliqué à des lancers de projectiles par des jets de gaz lacrymogènes. Des poubelles ont été incendiées et des barricades érigées dans la rue.

Les vitres de plusieurs véhicules civils et de police ont été brisées par des pavés et briques, et de nombreux feux ont été allumés sur la chaussée, rue du Faubourg Saint-Denis et boulevard de Strasbourg.

"PKK" (Parti des travailleurs du Kurdistan), "les martyrs ne meurent pas!", scandaient notamment des manifestants.

Dans un tweet, Emmanuel Macron a dénoncé une "odieuse attaque" dont "les Kurdes de France ont été la cible". "Pensées aux victimes, aux personnes qui luttent pour vivre, à leurs familles et proches", a écrit le chef de l'Etat.

L'auteur présumé, connu pour des faits précédents de violences avec armes, a été interpellé peu de temps après les faits et placé en garde à vue. Il aurait voulu "manifestement s'en prendre à des étrangers" et aurait agi seul d'après le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin.

Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour assassinat, tentative assassinat, violences volontaires avec armes et infraction à la législations sur les armes. Les investigations ont été confiées à la police judiciaire.

Le parquet national antiterroriste (Pnat) s'est rendu sur place mais il n'y a "aucun élément qui privilégierait la nécessité de leur saisine", a indiqué la procureure de la République de Paris, Laure Beccuau, écartant pour l'heure la piste d'un attentat.

Antécédents de violences à caractère raciste

Selon deux sources policières, le suspect est un conducteur de train à la retraite de nationalité française et âgé de 69 ans, connu pour des faits de violences avec armes commis en 2016 et décembre 2021.

Il avait été mis en examen en décembre 2021 pour violences avec armes, avec préméditation et à caractère raciste, et dégradations pour des faits commis le 8 décembre à Paris, selon Laure Beccuau.

Une source policière avait à l'époque indiqué à l'AFP que l'homme était soupçonné d'avoir blessé à l'arme blanche au moins deux migrants dans un campement à Paris et dégradé plusieurs tentes d'un campement du parc de Bercy, dans le XIIe arrondissement de la capitale.

Initialement placé en détention provisoire, il a été remis quatre jours plus tard en liberté provisoire, ainsi que l'exige la loi, et placé sous contrôle judiciaire, a indiqué la procureure.

En 2017, l'homme avait également été condamné à six mois de prison avec sursis pour détention prohibée d'armes. Il avait par ailleurs été condamné en juin dernier à douze mois d'emprisonnement pour des faits de violence avec armes commis en 2016. Il a fait appel de cette condamnation.

Il est en revanche inconnu des fichiers du renseignement territorial et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a précisé une de ces deux sources.

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