Chine : malgré une flambée des cas de Covid-19, le pays se rouvre au monde

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Par Euronews  avec AFP
Des voyageurs à l'aéroport de Guangzhou, le 25 décembre 2022
Des voyageurs à l'aéroport de Guangzhou, le 25 décembre 2022   -   Tous droits réservés  Emily Wang Fujiyama/Copyright 2022 The AP. All rights reserved

Arriver en Chine, être accueilli par du personnel en combinaison blanche et subir une quarantaine obligatoire : toutes ces étapes seront bientôt terminées. À partir du 8 janvier, un simple test PCR négatif suffira pour entrer sur le territoire. Trois ans après sa fermeture, la Chine se rouvre donc au monde. Pourtant, comme à Shanghai, les hôpitaux sont submergés. Les cas de COVID-19 explosent à nouveau depuis trois semaines.

Une augmentation du nombre de cas de pneumonie à cause du COVID-19

Des dizaines de patients sont entassés les uns à côté des autres. À Pékin, le nombre de lits a été doublé pour faire face à la flambée des contaminations. "On a vu une augmentation du nombre de patients atteints de pneumonie à cause du Covid-19. Au début, la plupart des patients avaient plus de 90 ans. Maintenant, leur âge est descendu autour de 75, 80 ans", explique Ling Lan, directrice adjointe de l'hôpital de l'amitié Chine-Japon. Les crématoriums sont par ailleurs débordés. Dans tout le pays, d'immenses files d'attente se forment devant les salons funéraires.

Des inquiétudes aux Etats-Unis, en Inde et en Chine

La fin brutale ce mois-ci de cette politique du "zéro COVID" a cependant été reçue d’une tout autre manière à l’étranger, alors que la Chine fait face à la plus importante vague de contaminations au monde, amplifiée par l’apparition de nouveaux variants. Aux Etats-Unis, des responsables ont déclaré mardi que des restrictions d’entrée pour les voyageurs venant de Chine étaient envisagées, après que le Japon et l’Inde ont imposé des tests PCR obligatoires aux arrivants chinois.

"La communauté internationale est de plus en plus préoccupée par les poussées actuelles de Covid-19 en Chine et par le manque de données transparentes, notamment de données sur les séquences génomiques virales, communiquées par la Chine", ont déclaré ces responsables américains, sous couvert d’anonymat, en référence à la République populaire de Chine. Citant des préoccupations exprimées par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), ils ont ajouté que les Etats-Unis "envisagent de prendre des mesures similaires" à celles décidées par le Japon, l’Inde et la Malaisie.

Le Japon va ainsi rétablir à partir de vendredi les tests PCR obligatoires pour les voyageurs provenant de Chine continentale. L’île de Taïwan, que la Chine revendique comme faisant partie de son territoire, a également annoncé qu’elle procéderait à des contrôles du virus sur les voyageurs en provenance du continent.

"Impossible" à mesurer

Les autorités chinoises ont reconnu que l’étendue de la vague épidémique était maintenant "impossible" à mesurer et ont réduit le nombre de critères permettant d’imputer un décès au COVID. Le Centre de prévention et de contrôle des maladies chinois a ainsi répertorié mercredi 5 231 nouvelles contaminations et trois morts du coronavirus à l’échelle nationale, des chiffres probablement sous-estimés car les malades n’ont plus besoin de se déclarer.

Face aux manques de médicaments de base, les autorités pékinoises prévoient de distribuer du Paxlovid, un traitement oral, dans des hôpitaux locaux et des cliniques communautaires. Il reste cependant très difficile à obtenir pour le citoyen ordinaire. Ce médicament, développé par les Etats-Unis, était brièvement disponible sur la plateforme d’e-commerce JD. com et celle de livraison Meituan ces derniers jours, avant d’être en rupture de stock.