Transports, santé : pas de répit sur le front des grèves au Royaume-Uni

Access to the comments Discussion
Par euronews  avec AFP
Des cheminots britanniques en grève
Des cheminots britanniques en grève   -   Tous droits réservés  Kirsty O'Connor/live

Les Britanniques n'en ont pas fini avec les grèves.

Ils sont appelés à ne voyager qu'en cas d'absolue nécessité cette semaine car près de 40 000 cheminots débrayent pendant 5 jours, à la clé : de graves perturbations des trains. Le gestionnaire public du réseau ferré est le plus affecté mais aussi 14 compagnies de train privées.

Le syndicat RMT, qui a lancé en juin la plus grosse grève en 30 ans dans le secteur, demande de meilleurs salaires face à l'inflation qui frôle 11% dans le pays, mais aussi des garanties sur les conditions de travail. Le syndicat accuse le gouvernement conservateur, qui veut réformer le secteur, de bloquer les négociations.

Les grèves pour le pouvoir d'achat se sont multipliés dans de nombreux secteurs ces derniers mois au Royaume-Uni : la santé en décembre avec une grève des infirmières puis des ambulanciers, mais aussi les postiers, les opérateurs des télécoms, les agents de circulation sur les autoroutes ou certains conducteurs de bus à Londres. La majorité de ces mouvements se poursuit en janvier.

Vague de contestation inédite

Cette vague de contestation est d'une ampleur inédite dans le pays depuis des décennies et risque de durer car le gouvernement reste inflexible face aux revendications des grévistes et envisage même de durcir la réglementation sur le droit de grève.

Le Premier ministre Rishi Sunak avait estimé fin décembre que la lutte contre l'inflation impliquait "d'être responsable lorsqu'il s'agit de fixer les salaires du secteur public" pour ne pas alimenter encore d'avantage les hausses de prix.

Selon un sondage YouGov publié fin décembre, deux tiers des Britanniques soutiennent les grèves des infirmières, 63% celle des ambulanciers. La grève dans le rail est moins populaire, soutenue par 43% des personnes interrogées.

"Les syndicats (du rail) ont décidé qu'ils voulaient faire grève cette semaine, ce qui est profondément inutile, nuit au secteur ferroviaire et aux intérêts des personnes qui y travaillent", a déclaré mardi sur Sky News le ministre des Transports Mark Harper.

Le ministre assure "travailler dur" à la résolution du conflit entre les entreprises ferroviaires et les syndicats, et indique qu'une offre est sur la table.

Mi-décembre, les adhérents des syndicats TSSA et Unite avaient voté en faveur d'une offre salariale améliorée de Network Rail prévoyant une hausse rétroactive minimale de 5% en 2022 et de 4% en 2023. Ils disaient n'avoir reçu aucune offre comparable des compagnies ferroviaires privées.

Pour le secrétaire général du RMT, Mick Lynch, l'exécutif "sape les efforts pour obtenir un accord", en imposant des conditions trop strictes aux négociateurs des compagnies ferroviaires. Les membres du RMT avaient rejeté en décembre une offre de Network Rail.

"Nous ne pouvons pas accepter la proposition actuelle. Nous avons besoin de nouveaux éléments dans l'équation pour parvenir à trouver des solutions", a déclaré M. Lynch, assurant qu'un accord "est possible dans les prochains jours" mais que le syndicat est prêt à poursuivre le mouvement aussi longtemps que nécessaire.