Insurrection à Brasilia : 527 suspects ont été incarcérés

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Par AFP
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, inspecte les dégâts au Palais du Planalto après qu'il ait été pris d'assaut le 8 janvier, à Brasilia.
Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva, inspecte les dégâts au Palais du Planalto après qu'il ait été pris d'assaut le 8 janvier, à Brasilia.   -  Tous droits réservés  Eraldo Peres/Copyright 2023 The AP. All rights reserved

Le point sur la situation au Brésil, quarante-huit heures après le saccage des principaux lieux de pouvoirs à Brasilia par des milliers de partisans de l'ancien président Bolsonaro.

Libération de plusieurs centaines de personnes

Après deux jours de rétention, près de 600 bolsonaristes, arrêtés dimanche après l'assaut de la place des Trois-Pouvoirs, ont été finalement libérés ce mardi par la police "pour des raisons humanitaires" tandis que 527 autres suspects ont été transférés au complexe pénitentiaire de Papuda en attendant leur mise en accusation, voire leur jugement.

Tous les prévenus étaient confinés dans un gymnase de l'Académie nationale de Police fédérale de Brasilia. Ils ont été emmenés par autocars vers une gare routière d'où ils ont pu rentrer chez eux. Dans l'un des bus, certains passagers criaient "La victoire est à nous !" Certains ont passé le bras en dehors des fenêtres, serrant le poing ou faisant le V de la victoire, selon l'AFP.

La Police fédérale a confirmé dans un communiqué que les personnes libérées étaient notamment des personnes âgées, des personnes présentant des problèmes de santé ou des mères accompagnées d'enfants en bas âge.

"L'école de formation de la police fédérale a été transformée en camp de concentration nazi. C'est humiliant de voir comment des gens bien comme nous ont été traités", a déclaré en sortant d'un autobus à la gare routière un des bolsonaristes libérés.

Une femme qui a souhaité garder l'anonymat a donné une toute autre version. "Tout le monde a été bien traité, personne n'est mort là-bas", a-t-elle déclaré.

La Police fédérale a démenti l'information selon laquelle une personne âgée interpellée serait morte lundi dans le siège de son académie.

Les autorités avaient interpellé dimanche quelque 1 500 manifestants suspectés d'avoir envahi le Palais présidentiel, la Cour suprême ou le Congrès.

Nettoyage et réparations

Depuis lundi, des centaines de personnes travaillent pour nettoyer mais aussi restaurer certaines des infrastructures qui ont été gravement endommagées lors des attaques de dimanche.

L'invasion et le saccage des lieux de pouvoir à Brasilia, qui a rappelé ceux du Capitole à Washington il y a deux ans, a causé des dégâts matériels considérables, notamment sur des oeuvres d'art d'une valeur inestimable.

Premières sanctions, premières arrestations de responsables présumés

De retour à Brasilia, le président en exercice depuis le 1er janvier 2023, Luis Ignacio Lula da Silva n'a pas tardé à annoncer des sanctions contres les meneurs et organisateurs de ces attaques.

La justice fédérale a ouvert plusieurs enquêtes et des responsables politiques et de la police de Brasilia ont déjà été placés en garde à vue. Les patrons d'entreprise ayant mis à la disposition leur bus pour transporter des milliers de manifestants sont également activement recherchés.

Les enquêteurs tentent de leur côté de reconstituer le fil de la journée du 8 janvier. Selon le quotidien Estado, qui a analysé plus de 29 heures de vidéos mises en ligne par les manifestants eux-mêmes ou par des témoins, il semble que l'assaut ait bel et bien été préparé en amont.