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Tunisie : les pouvoirs réduits du Parlement n'ont attiré que 13% des électeurs

Comme au premier tour, les Tunisiens ont largement boudé les législatives ce dimanche
Comme au premier tour, les Tunisiens ont largement boudé les législatives ce dimanche Tous droits réservés AP Photo
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Par euronews avec AFP
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Deuxième tour des législatives en Tunisie : près de 85 % des électeurs ont boudé les urnes ce dimanche pour élire des députés sans réels pouvoirs

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Plus de 85% des électeurs ont préféré bouder les urnes ce dimanche plutôt que d'élire des députés sans réels pouvoirs.

Comme un air de déjà vu. Les Tunisiens ont massivement confirmé ce dimanche leur désaveu concernant la réforme du Parlement imposée au forceps par le président Kais Saied.
Selon les premières estimations de l'autorité électorale Isie, à peine 11,3% des électeurs se sont déplacés pour participer au second des élections législatives (en légère augmentation par rapport au premier tour [8,8%]).

La participation était le principal enjeu du scrutin après une abstention de quasi 90% au premier tour, un record depuis l'avènement de la démocratie dans le pays berceau du Printemps arabe il y a 12 ans.

"Je n'ai pas confiance dans la classe politique. Saied pouvait faire un changement radical. Il (...) n'a rien fait", déplore Omrane Dhouib, un boulanger abstentionniste de 37 ans interrogé à Tunis.

L'élection de 131 députés (sur 161 sièges dont 30 déjà pourvus) représente l'ultime étape du processus lancé il y a 18 mois par le président tunisien pour revenir à un système hyper-présidentialiste, similaire à celui d'avant la révolution de 2011 et la chute du dictateur Ben Ali.

Un pays ingouvernable ?

Estimant le pays ingouvernable, M. Saied s'est emparé de tous les pouvoirs le 25 juillet 2021, puis a révisé la Constitution l'été dernier pour abolir le système parlementaire hybride en vigueur.

Les experts ont expliqué la faible affluence par divers facteurs.

D'abord, malgré de fortes divisions qui l'empêchent de mobiliser dans la rue, l'opposition dont Ennahdha, le parti d'inspiration islamiste qui dominait le Parlement sur la dernière décennie, boycottait un scrutin marquant, selon elle, l'aboutissement d'un "coup d'Etat" de M. Saied.

Autre facteur : la majorité des candidats étaient inconnus et sans affiliation politique.

Belhassen Ben Safta, chauffeur de taxi de 60 ans, a voté pour ne "jamais laisser à l'ancien système (Ennahdha) la possibilité de revenir. Ils sont responsables de notre misère".

Selon des experts, une partie de la population, partageant l'aversion de M. Saied pour les partis politiques, approuve sa limitation des pouvoirs du futur Parlement. 

Les nouveaux députés pourront très difficilement renverser le gouvernement et il leur sera impossible de destituer le président.

Que veulent les 12 millions d'électeurs tunisiens ?

"Je ne vote jamais. Tous les secteurs économiques souffrent et Saied ne s'y intéresse pas", dénonce Mohamed Abidi, un serveur de 51 ans à Tunis.

Les Tunisiens ont vu leur pouvoir d'achat dégringoler avec une inflation supérieure à 10% et endurent des pénuries de denrées subventionnées comme le lait, le sucre ou l'huile.

Pour les économistes, elles proviennent de ruptures d'approvisionnement car l'Etat manque de liquidités pour régler ces achats centralisés.

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La croissance est poussive (moins de 3%), le chômage élevé (plus de 15%), la pauvreté s'accroît et plus de 32 000 Tunisiens ont émigré clandestinement l'an passé.

Motif d'inquiétude supplémentaire: des négociations avec le FMI pour un prêt de 1,9 milliard de dollars, clef d'autres aides étrangères, piétinent depuis des mois. 

Ce qui a amené l'agence américaine Moody's à dégrader samedi d'un nouveau cran la note de la dette à long terme tunisienne, jugeant "plus élevé" le risque d'un défaut de paiement.

Le blocage des pourparlers viendrait de désaccords entre le président Saied et son gouvernement sur le programme soumis au FMI en échange de son aide.

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Le président hésite, selon les experts, à adopter des mesures impopulaires comme la levée des subventions sur les produits de base et une restructuration des entreprises publiques surendettées et aux effectifs pléthoriques.

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