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Devant le Conseil de sécurité de l'Onu, la Russie justifie la violation des accords de Minsk

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Par euronews avec Agences
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Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni ce vendredi, à la demande de la Russie, pour marquer le huitième anniversaire de l'accord de Minsk II, adopté le 12 février 2015.

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Le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni ce vendredi, à la demande de la Russie, pour marquer le huitième anniversaire de l'accord de Minsk II, adopté le 12 février 2015.

Depuis 2019, Moscou organise une réunion annuelle à l'occasion de cet anniversaire qui en chevauche un autre cette année, celui de l'invasion russe en Ukraine. Elle a débuté le 22 février 2022.

Le protocole de Minsk, puis les accords de Minsk, ont été adoptés par la Russie et l'Ukraine pour mettre fin à la guerre dans le Donbass qui a tué plus de 14 000 personnes depuis 2014. Voués à l'échec dès le départ selon certains experts, ces accords ont été littéralement enterrés lorsque la guerre en Ukraine a éclaté.

Devant le Conseil de sécurité de l'ONU à New York, la Russie a reconnu qu'elle n'avait pas réussi à mettre en œuvre l'accord de Minsk de 2015, mais a justifié ses actions.

"Nous n'avions pas d'autre choix que de défendre notre pays (...) de défendre notre identité et notre avenir", a ainsi argumenté Vasily Nebenzya, l'ambassadeur russe auprès des Nations unies.

Cette réunion organisée par Moscou et destinée à discuter des "leçons tirées des accords de Minsk" après le conflit russo-ukrainien de 2014, s'est déroulée alors que la guerre en Ukraine dure depuis bientôt un an. L'"hypocrisie" russe a ainsi été dénoncée par plusieurs délégations occidentales au Conseil de sécurité.

"Le niveau de cynisme derrière cette réunion du Conseil de sécurité est stupéfiant. Les tentatives de déformation de l'histoire ne changent rien au fait que la Russie est responsable de son agression brutale contre l'Ukraine, malgré l'entraînement et la formation des forces ukrainiennes dans l'est du pays depuis 2014. La Russie a longtemps cherché à déguiser et à nier son rôle dans le conflit, mais nous pouvons maintenant voir clairement quelles étaient ses intentions ultimes en 2014", a déclaré le représentant adjoint des États-Unis auprès de l'ONU, Richard Mills.

"Il est temps de reconnaître la vérité. La vérité est que Poutine a prouvé une fois pour toutes qu'il était impossible de négocier avec lui", a pour sa part déclaré l'ambassadeur ukrainien Sergiy Kyslytsya.

" Poutine a prouvé qu'il était impossible de négocier avec lui. Le fait que la Russie sape et détruise constamment les accords de Minsk le montre clairement."

Expulsion de diplomates

En amont de la réunion devant le Conseil de sécurité, la Russie a annoncé jeudi l'expulsion de quatre diplomates autrichiens en réponse à celle de quatre Russes plus tôt en février que Moscou qualifie de geste "inamical et injustifié" de la part de Vienne.

Cette décision a été signifiée à l'ambassadeur autrichien, qui a été convoqué au ministère à Moscou, a-t-il ajouté.

L'Autriche avait annoncé le 2 février l'expulsion de quatre diplomates russes, dont deux accrédités auprès des Nations unies à Vienne, les accusant d'avoir agi de "manière incompatible avec leur statut diplomatique".

Moscou a dénoncé jeudi une "mesure inamicale et injustifiée cause de graves dommages aux relations bilatérales, qui sont déjà en crise en raison des actions de la partie autrichienne".

Le ministère russe a aussi dénoncé les "difficultés d'obtention de visas pour les délégations officielles russes se rendant à Vienne pour participer à des événements multilatéraux".

Il a aussi accusé l'Autriche de saper son statut "d'Etat impartial et neutre de plateforme de la diplomatie internationale".

La Russie dispose d'un important dispositif diplomatique en Autriche au niveau bilatéral, mais aussi pour la représenter à l'ONU ainsi qu'auprès de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

L'Autriche, pays traditionnellement neutre, était proche de la Russie avant le conflit en Ukraine. Les expulsions de diplomates y sont peu courantes.

Conférence sur la sécurité

Plus de 150 représentants gouvernementaux assistent entre le 17 et le 19 février, à la 59e édition de la Conférence de Munich sur la sécurité. Cette grand-messe, consacrée aux questions de sécurité internationale, se tient chaque année en Bavière.

À cette occasion, les dirigeants des États baltes ont déjà dit qu'ils insisteraient pour qu'un tribunal international soit créé afin d'enquêter sur les crimes de guerre commis par la Russie.

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Les dirigeants occidentaux devraient aussi renouveler leur engagement à soutenir Kyiv aussi longtemps qu'il le faudra pour repousser l'agression russe, à la fois financièrement et militairement.

Aucun responsable russe n'a été invité cette année à Munich.

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