Réforme judiciaire en Israël : la pression de la rue, de Washington, et du président Herzog

Des manifestants à Tel-Aviv ce dimanche soir
Des manifestants à Tel-Aviv ce dimanche soir Tous droits réservés Oren Ziv/Copyright 2023 The AP All rights reserved
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Par euronews avec agences
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Des milliers d'opposants à la réforme judiciaire de Benjamin Netanyahu sont redescendus dans la rue ce dimanche. Le président israélien a demandé l'arrêt du travail législatif en cours.

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A Tel-Aviv, des milliers d’Israéliens sont redescendus dans la rue, dimanche soir, après le limogeage par le Premier ministre Benjamin Netanyahu de son ministre de la Défense. Ce dernier avait demandé une pause dans la réforme judiciaire, très controversée, défendue par le gouvernement.

Les manifestants ont convergé, selon la police, vers le centre de Tel-Aviv, épicentre des protestations depuis la présentation en janvier dernier d’un projet législatif qui divise le pays.

Les Etats-Unis se sont d'ailleurs déclarés "profondément préoccupés", et ont souligné "la nécessité urgente d'un compromis".

"Les valeurs démocratiques ont toujours été, et doivent rester, une caractéristique des relations entre les Etats-Unis et Israël", a averti la porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche Adrienne Watson.

"Les changements fondamentaux pour un système démocratique devraient être menés avec la base de soutien populaire la plus large possible", a-t-elle souligné.

Avec cette réforme, le gouvernement, l'un des plus à droite de l'histoire d'Israël, vise à accroître le pouvoir des élus sur celui des magistrats. Mais selon ses détracteurs, le projet met en péril le caractère démocratique de l'Etat d'Israël.

Benjamin Netanyahu et ses alliés d'extrême droite et ultra-orthodoxes l'estiment nécessaire pour rétablir un rapport de force équilibré entre les élus et la Cour suprême, qu'ils jugent politisée.

Ce lundi, c’est le président israélien, Isaac Herzog, qui s’est joint aux critiques en appelant le gouvernement à arrêter "immédiatement" le travail législatif.

Samedi, Yoav Gallant, pourtant du même parti de droite que B. Netanyahu, le Likoud, avait dit craindre qu'une poursuite des divisions au sein de la population sur ce dossier engendre une "vraie menace pour la sécurité d'Israël", et réclamé une pause d'un mois dans le processus.

L'annonce de son renvoi a entraîné la démission du consul général d'Israël à New York, Asaf Zamir. Le diplomate a qualifié sur Twitter le limogeage du ministre de "dangereuse décision" qui l'a "convaincu qu'(il) ne pouvait plus continuer de représenter ce gouvernement".

A Tel-Aviv, des manifestants ont incendié des pneus dimanche soir, a indiqué la police dans un communiqué. Une journaliste de l'AFP a vu que des manifestants ont brûlé un canapé et du bois et ont bloqué une autoroute.

Munis de drapeaux bleu et blanc, des manifestants ont scandé des slogans comme "Bibi dégage!", reprenant le surnom de Benjamin Netanyahu.

D'autres rassemblements spontanés ont eu lieu devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem ainsi que dans d'autres villes du pays comme à Haïfa (nord) et à Beer Sheva (sud), selon les médias locaux.

Le gouvernement de B. Netanyahu entend organiser cette semaine un vote parlementaire sur son projet de réformes.

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