Le patron de Wagner juge "risibles" les accusations de collaboration avec Kyiv

Evguéni Prigojine, patron du groupe paramilitaire russe Wagner.
Evguéni Prigojine, patron du groupe paramilitaire russe Wagner. Tous droits réservés AP/PRIGOZHIN PRESS SERVICE
Par Euronews avec AFP
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Le Washington Post a rapporté dimanche qu'Evguéni Prigojine a plusieurs fois proposé au renseignement ukrainien de lui fournir des informations sur l'emplacement d'unités de l'armée russe.

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Une frappe russe a fait quatre morts dans l'est de l'Ukraine lundi, au moment où Volodymyr Zelensky obtenait un soutien militaire accru de Londres avec des drones de longue portée dans la perspective d'une contre-offensive contre les forces russes.

Cette frappe à Avdiïvka, situé sur la ligne de front proche de Donetsk, a touché un hôpital, a précisé le gouverneur de la région Pavlo Kyrylenko.

Elle intervient alors que Kyiv a revendiqué le "premier succès" de son assaut autour de Bakhmout (est), où l'armée ukrainienne affirme avancer pour défendre la ville, épicentre des combats depuis plusieurs mois et aujourd'hui majoritairement contrôlé par les Russes.

Dimanche, Kyiv avait déjà juré avoir capturé "plus de 10 positions ennemies au nord et au sud de la banlieue de Bakhmout", après avoir affirmé vendredi avoir repris deux kilomètres dans la zone.

A l'inverse, la Russie dit de son côté avancer au sein même de cette ville, qu'elle tente inlassablement de conquérir depuis l'été dernier, au prix de pertes importantes et sans succès à ce stade.

Les observateurs doutent de la portée stratégique de la conquête de cette ville pour Moscou, mais elle permettrait au Kremlin d'afficher une victoire après plusieurs revers humiliants.

Sur place, le groupe paramilitaire Wagner est épaulé par l'armée régulière russe, bien que son chef, l'homme d'affaires Evguéni Prigojine, accuse régulièrement la hiérarchie militaire de ne pas donner suffisamment de munitions à ses hommes pour pouvoir conquérir Bakhmout.

Evguéni Prigojine réfute les accusations de collaboration avec Kyiv

Le patron du groupe paramilitaire russe Wagner a qualifié lundi de "risibles" des informations de presse selon lesquelles il aurait proposé des informations sur les positions des troupes russes aux services de renseignement ukrainiens.

Le quotidien américain Washington Post a rapporté dimanche qu'Evguéni Prigojine a plusieurs fois proposé au renseignement ukrainien de lui fournir des informations sur l'emplacement d'unités de l'armée russe, en échange d'un retrait des forces de Kyiv de Bakhmout.

Le journal dit s'appuyer sur des documents des services secrets américains ayant fuité et des responsables ukrainiens et américains anonymes.

Ces affirmations, qui ne peuvent pas être vérifiées de manière indépendante, sont publiées au moment où M. Prigojine et l'état-major russe sont à couteaux tirés, sur fond de rivalités au sein des forces de Moscou dans le cadre du conflit en Ukraine.

"Il semblerait que je me batte pour la Russie, mais qu'en parallèle (le président ukrainien Volodymyr) Zelensky suive mes instructions. Donc la main gauche est en guerre avec la main droite", a réagi ironiquement M. Prigojine lundi.

"Risible", a-t-il balayé, dans un message audio publié sur Telegram par son service de presse.

M. Prigojine a notamment affirmé qu'il ne s'était "pas rendu en Afrique depuis le début" du conflit en Ukraine, en réponse aux affirmations du Washington Post selon qui le patron de Wagner aurait rencontré des membres des services de renseignement ukrainiens dans un pays d'Afrique qui n'est pas nommé.

Le patron de Wagner a estimé que des membres de l'élite russe pourraient être derrière ces accusations. "Ils s'efforcent de déverser autant de merde que possible sur moi", a-t-il lancé avec virulence, dans son langage fleuri habituel.

Interrogé par la presse, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a qualifié d'"intox" les informations publiées par le Washington Post.

M. Prigojine critique publiquement l'état-major russe depuis plusieurs mois, l'accusant de ne pas fournir à ses combattants de Wagner les munitions nécessaires pour leur permettre de prendre Bakhmout, où ils sont en première ligne.

Ces critiques sont devenues encore plus violentes ces derniers jours, M. Prigojine insultant dans des vidéos le chef de l'état-major, Valéri Guerassimov, et le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou.

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