Annecy rend hommage aux victimes de l'attaque au couteau

D'innombrables bouquets de fleurs en hommage aux victimes de "l'attaque au couteau"
D'innombrables bouquets de fleurs en hommage aux victimes de "l'attaque au couteau" Tous droits réservés Jean-Christophe Bott/' KEYSTONE / JEAN-CHRISTOPHE BOTT
Par euronews avec AFP
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Un rassemblement citoyen a eu lieu ce dimanche sur les rives du lac d'Annecy, trois jours après l'attaque au couteau qui a fait 6 blessés, dont 4 enfants.

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"Parlez-moi d'amour" : la ville d'Annecy a choisi dimanche cette chanson célèbre pour célébrer les victimes et héros de l'attaque au couteau survenue cette semaine dans un jardin d'enfants proche du lac.

Ce havre de paix situé près du centre historique s'est transformé jeudi matin en "scène de terreur" quand un homme a attaqué à coup de couteau quatre enfants en bas âge et deux adultes, tous hors de danger désormais, comme l'a rappelé le maire EELV François Astorg lors du rassemblement citoyen.

Face à un tel acte de "cruauté et de barbarie", "il n'y a d'autre choix que de répondre par l'unité, la solidarité et l'espoir", a-t-il dit dans un bref discours en présence de plusieurs centaines de personnes.

Dans le public, Shana Barragan, une institutrice de 27 ans, se dit "bouleversée": "Cela fait du bien de voir qu'il y ait autant de personnes qui soient ici. Mais ça reste douloureux".

Très émue, la foule applaudit quand une chanteuse est venue interpréter Juliette Greco, les plus âgés fredonnant en choeur le refrain "Parlez-moi d'amour, dites-moi des choses tendres".

Lui-même visé par des messages haineux de l'extrême droite qui l'accuse d'avoir favorisé l'immigration, l'élu a appelé dans son discours à "faire le choix de l'amour contre la destruction", à réagir avec "empathie et courage", à "ne pas céder à la peur, à la tentation de la défiance".

Le pronostic vital des 6 blessés n'est plus engagé

L'assaillant, un réfugié syrien récemment parti de son pays d'accueil, la Suède, après des années de vie familiale, a été mis en examen pour "tentatives d'assassinat" et placé en détention provisoire samedi. 

Mutique depuis son interpellation, Abdalmasih H. a été placé à l'isolement au centre pénitentiaire d'Aiton, en Savoie, selon une source proche du dossier.

Le psychiatre qui l'a examiné "a relevé l'absence d'éléments délirants francs", mais il est trop tôt pour se prononcer sur une éventuelle "pathologie psychiatrique", selon le parquet d'Annecy.

Le pronostic vital des six blessés, pour la plupart hospitalisés en urgence absolue après l'attaque, n'est plus engagé, a annoncé samedi la procureure.

Depuis le drame, une foule afflue en continu sur l'aire de jeu où s'est déroulé le drame, peu à peu envahie par les bougies, les fleurs, les peluches et les ballons.

"Alba, Ennio, Ettie, Peter, une petite pensée", dit un message inscrit dans un coeur sur un banc, en soutien aux petites victimes, deux Français, un Britannique et une Néerlandaise, tous âgés de moins de trois ans. 

Un Français de 78 ans et un Portugais de 73 ans, ont également été blessés dans l'attaque.

"Il faut que la vie continue, il ne faut pas vivre dans la peur, il faut vivre dans l'espoir", insiste Jean-Paul Naville, un retraité de 64 ans, venu en voisin pour le rassemblement.

Les héros ordinaires

Dans son discours, le maire d'Annecy a aussi rendu un hommage vibrant à tous ceux qui ont "fait preuve de courage" pendant l'attaque.

Parmi ces héros ordinaires, deux agents municipaux ont tenté d'arrêter l'attaquant à coups de pelle, un jeune loueur de pédalo et un professeur de mathématiques en sortie avec des élèves ont tenté de s'interposer, une assistante maternelle s'est précipitée pour secourir deux enfants blessés, un jeune touriste catholique a pris en chasse l'agresseur... 

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Certains étaient présents sur la tribune, aux côtés des secours, des soignants, des policiers et des pompiers.

Le président Emmanuel Macron leur avait déjà exprimé sa "gratitude" et sa "fierté", vendredi au cours d'une cérémonie officielle organisée à la préfecture de Haute-Savoie. 

Il s'était notamment attardé auprès de Henri, le jeune pèlerin catholique, célébré sur les réseaux sociaux comme "le héros au sac à dos".

L'extrême droite aux aguets

Le hashtag #MerciHenri est devenu une antienne sur les comptes d'extrême droite, très focalisés, aussi, par le hashtag #francocide, un terme notamment utilisé par Eric Zemmour (Reconquête!). 

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Le soir de l'attaque, quelques dizaines de militants d'ultradroite s'étaient retrouvés dans le parc puis dans les rues d'Annecy en scandant "Bleu, blanc, rouge, la France aux Français".

Après avoir fui son pays en guerre, Abdalmasih H. avait obtenu fin 2013 un permis de séjour permanent en Suède où il avait obtenu l'asile, ce qui lui conférait le statut de réfugié.

"Aucune motivation terroriste n'apparaît à ce stade", selon la procureure. Des témoins l'ont seulement entendu "évoquer sa femme et sa fille et prononcer le nom de Jésus Christ" pendant l'attaque.

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