Texas : bras de fer autour d’une barrière flottante anti-migrants

Des migrants ayant traversé le Rio Grande depuis le Mexique à Eagle Pass, au Texas, le mercredi 12 juillet 2023.
Des migrants ayant traversé le Rio Grande depuis le Mexique à Eagle Pass, au Texas, le mercredi 12 juillet 2023. Tous droits réservés AP Photo/Eric Gay
Par Euronews avec AFP
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Après avoir sommé le Texas de retirer des grandes bouées orange du Rio Grande, le ministère de la Justice a décidé d’attaquer l’Etat dirigé par le républicain Greg Abbott.

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Le gouverneur du Texas, Greg Abbott, a défié lundi le ministère de la Justice, qui en retour a porté plainte contre son Etat au sujet d'une barrière flottante sur le Rio Grande destinée à empêcher les traversées de migrants en provenance du Mexique.

Le ministère avait la semaine dernière dit au Texas que ces grandes bouées orange près d'Eagle Pass obstruaient le passage sur le fleuve et ne disposaient pas d'autorisations fédérales.

"Cette barrière flottante représente un risque pour la navigation ainsi que pour la sécurité publique sur le Rio Grande", a indiqué le ministère, faisant également état de "préoccupations humanitaires".

Dans une lettre adressée au président démocrate Joe Biden, le gouverneur républicain a affirmé lundi avoir le pouvoir de protéger les intérêts "souverains" du Texas en installant les bouées et accusé M. Biden de manquer à ses propres responsabilités concernant l'immigration clandestine.

"Si vous accordez réellement de l'importance à la vie humaine, vous devez commencer à appliquer les lois migratoires fédérales", a-t-il écrit.

"En faisant cela, vous pouvez m'aider à empêcher les migrants de risquer leur vie dans les eaux du Rio Grande", a-t-il ajouté, et de conclure : "Le Texas vous donne rendez-vous devant le tribunal, monsieur le Président."

Un responsable de l'administration Biden, s'exprimant sous couvert de l'anonymat, a estimé que les républicains "jouaient à des jeux politiciens".

"Chaos"

Depuis plusieurs années, des élus à droite s'indignent des arrivées d'immigrés clandestins qu'ils qualifient d'invasion. Donald Trump et son principal rival à l'investiture républicaine pour la présidentielle de 2024, le gouverneur de Floride Ron DeSantis, ont tous les deux placé la notion d'une frontière hors de contrôle au cœur de leurs campagnes.

Mais l'administration Biden réplique que le nombre de traversées illégales a dégringolé depuis l'introduction de nouvelles règles concernant le droit d'asile.

"Les responsables républicains ne veulent pas de solution. Ils veulent le chaos", a déclaré le responsable gouvernemental.

Les bouées ont été installées sur le Rio Grande ce mois-ci, tout comme du fil barbelé sur la rive.

Selon des informations de presse, des migrants se sont retrouvés pris dans cette clôture et ont dû être secourus.

Un document de la police aux frontières ayant fuité a par ailleurs indiqué que le fil barbelé placé par des agents de l'Etat interférait avec ses opérations.

Quelques heures après la publication de la lettre de M. Abbott, le ministère de la Justice a déposé plainte contre le Texas et son gouverneur.

Il affirme dans le texte que le Texas devait obtenir une autorisation avant de placer toute structure sur le Rio Grande et demande à la justice d'ordonner à l'Etat du Sud de la retirer.

"Nous devons tous reconnaître qu'il y a des lois et des politiques en place - à la fois intérieures et internationales - pour assurer la sécurité de toute personne travaillant, vivant ou voyageant le long du fleuve. Ces lois ne peuvent être ignorées", a dit dans un communiqué Jaime Esparza, procureur fédéral à Austin.

A Mexico, le président Andres Manuel Lopez Obrador a indiqué qu'il avait eu une réunion "très productive" avec une délégation américaine sur le sujet de l'immigration. L'équipe envoyée par Washington était dirigée par Elizabeth Sherwood-Randall, conseillère à la sécurité intérieure des Etats-Unis.

Les représentants ont discuté "du problème de l'immigration en mettant l'accent sur les droits humains", a tweeté M. Lopez Obrador lundi soir, expliquant que la "lutte contre le fentanyl et le trafic d'armes" étaient aussi au cœur des échanges.

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