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Suède: un Russo-suédois soupçonné d'être un agent russe relaxé

Stockholm, 22 novembre 2022
Stockholm, 22 novembre 2022 Tous droits réservés Fredrik Sandberg/AP
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Par AFP
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Le parquet avait requis cinq ans de prison contre Sergeï Skvortsov, qui s'était installé en Suède avec sa femme dans les années 90.

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Le tribunal de Stockholm a relaxé jeudi un homme d'affaires russo-suédois accusé d'être un "agent russe", estimant qu'il avait transmis des technologies occidentales à la Russie mais sans que cela ne constitue de l'espionnage.

Le parquet avait requis cinq ans de prison contre Sergeï Skvortsov, qui s'est installé en Suède avec sa femme dans les années 90 et dirigeait des sociétés d'import-export.

Lors du procès, l'accusation avait estimé qu'il avait servi "d'agent d'approvisionnement" en technologies occidentales normalement interdites de transfert vers le système militaire russe. Les deux pays ciblés par ces acquisitions étaient la Suède et les Etats-Unis, selon le parquet.

Les activités de M. Skvortsov "constituaient une plate-forme d'acquisition de technologies auprès d'entreprises occidentales et cette technologie avancée a été acquise et livrée à l'État russe en contournant les réglementations et les sanctions en matière d'exportation", a estimé le tribunal dans un communiqué.

Mais "la question principale dans cette affaire est de savoir si les activités de l'accusé auraient pu conduire à l'espionnage", a relevé le juge Jakob Hedenmo dans un communiqué.

Pour cela, "l'activité doit avoir eu pour but d'obtenir des informations sensibles à haute valeur de sécurité concernant la Suède et les États-Unis afin de commettre un acte d'espionnage". Or, l'accusation "n'a pas été en mesure de prouver" que c'était son intention, a-t-il ajouté.

"Un système russe"

Arrêté et placé en détention en novembre 2022, l'homme avait été remis en liberté le 9 octobre, à l'issue de son procès, le tribunal estimant qu'il n'y avait "plus de raison" de le maintenir en détention. 

Son procès pour "activités de renseignement illégales" s'était largement déroulé à huis-clos en septembre.

Selon des experts cités par les médias suédois, les technologies transférées ont pu servir notamment à la recherche sur les armes nucléaires.

"La Russie a besoin de technologies. Il y a un système d'approvisionnement russe et ce système est géré par les services de renseignement. Skvortsov et ses deux sociétés font partie de ce système", avait affirmé le procureur Henrik Olin durant le procès.

Selon lui, l'accusé "faisait courir un risque grave aux intérêts nationaux en matière de sécurité, tant en Suède qu'aux Etats-Unis", ciblés par les transferts de technologies pendant une dizaine d'années.

"Il suffit de regarder le champ de bataille en Ukraine pour voir que le complexe militaro-industriel russe a besoin de cela", avait déclaré le procureur à l'AFP avant le procès.

Homme d'affaires classique

M. Skvortsov assurait être un homme d'affaires légitime qui a cherché à obtenir les autorisations d'exporter ses produits.

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Ces autorisations étaient destinées à lui "fournir une apparence de légitimité" mais il a recouru à de faux noms de partenaires d'affaires, n'a pas donné les informations sur le matériel exporté et a fourni de fausses informations sur les utilisateurs finaux, selon le procureur.

L'avocate de Skvortsov, Ulrika Borg, avait demandé la relaxe de son client, jugeant que l'enquête n'avait pas prouvé l'appartenance du Russo-suédois au système russe.

Selon le procureur, les technologies exportées provenaient surtout des Etats-Unis.

En 2016, la justice américaine avait arrêté et jugé, essentiellement à New York, des personnes ayant fourni au système militaire russe des appareils électroniques, avait-il rappelé. 

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"L'analyse des autorités américaines est que l'accusé a pris leur suite", a dit M. Olin avant le procès.

Un agent du FBI a témoigné à huis clos pendant le procès, aux côtés de responsables du renseignement suédois.

Le Premier ministre suédois Ulf Kristersson a jugé en juillet que son pays devait affronter "la situation la plus sérieuse du point de vue de la sécurité depuis la Seconde Guerre mondiale".

Il a estimé mardi que la Russie constituait une de ces menaces, rappelant que Moscou voyait d'un mauvais œil la demande d'adhésion de la Suède à l'Otan et son soutien à l'Ukraine.

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