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Tout ce qu'il faut savoir sur les élections générales aux Pays-Bas

DOSSIER : Montage d'images stéréotypées des Pays-Bas comprenant le Premier ministre Mark Rutte, des tulipes, un drapeau, un moulin à vent, une bicyclette.
DOSSIER : Montage d'images stéréotypées des Pays-Bas comprenant le Premier ministre Mark Rutte, des tulipes, un drapeau, un moulin à vent, une bicyclette. Tous droits réservés Euronews Graphistes
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Par Laura Llach
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Cet article a été initialement publié en anglais

On fait le point sur les enjeux des élections législatives du 22 novembre aux Pays-Bas. Quelles sont les principales figures qui pourraient prendre le pouvoir ?

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Le Premier ministre néerlandais le plus anciennement en fonction quitte son poste après treize ans de mandat, à la suite des élections qui se tiennent ce 22 novembre. Mark Rutte laissera derrière lui, son bureau de La Haye pour rejoindre une salle de classe.

Il a annoncé sa démission en juillet, après l'effondrement de son gouvernement, un événement qui a plongé les Pays-Bas dans une campagne électorale inattendue.

Le pays se rendra donc aux urnes ce mercredi, à l'occasion d'élections générales anticipées convoquées avec deux ans d'avance.

Voici tout ce qu'il faut savoir sur la politique néerlandaise, les partis, les personnalités et les enjeux de ce scrutin européen :

Une femme portant le drapeau néerlandais alors que des milliers de manifestants se joignent à une manifestation anti-gouvernementale organisée par des syndicats d'agriculteurs
Une femme portant le drapeau néerlandais alors que des milliers de manifestants se joignent à une manifestation anti-gouvernementale organisée par des syndicats d'agriculteursPeter Dejong / Copyright 2021 AP. Tous droits réservés

Comment en sommes-nous arrivés là ?

Surnommé "Teflon Mark" pour sa capacité à tenir les crises gouvernementales à distance, ou "M. Normal" pour son style de vie simple, la démission de Mark Rutte marque la fin d'une époque pour le pays.

Après trois mandats, l'immigration a été le tournant qui a entraîné la chute de son quatrième gouvernement de coalition.

Pendant des mois, le Premier ministre a travaillé sur un ensemble de mesures visant à réduire le flux de nouveaux immigrants aux Pays-Bas. Mais les querelles intestines au sein de sa coalition sur la limitation du regroupement familial et la création d'un système d'asile à deux vitesses l'ont conduit à jeter l'éponge.

Deux des quatre partis de la coalition au pouvoir - les Démocrates 66 (D66) et l'Union chrétienne (CU) - se sont opposés au projet de loi tandis que les deux autres, le VVD et l'Appel chrétien-démocrate (CDA), l'ont soutenu. L'idée était de réduire le nombre de membres de la famille autorisés à rejoindre les demandeurs d'asile dans le pays et de faire attendre les familles deux ans avant qu'elles puissent être réunies.

Quelques jours après l'effondrement de la coalition, Mark Rutte avait annoncé : "Je ne me présenterai pas à la tête de mon parti [ndlr : les libéraux de droite, VVD] aux prochaines élections."

"La capacité de Mark Rutte à construire un consensus, son style managérial et sa manière pragmatique de faire de la politique, sans oublier sa capacité à survivre aux scandales politiques et à repousser l'extrême droite, sont certainement parmi les principales raisons qui expliquent sa longévité au pouvoir," a indiqué à Euronews Philippe Mongrain, chercheur au sein du groupe de recherche "Media, Movement and Politics" à l'Université d'Anvers.

"Mark Rutte a pu rester au pouvoir dans l'un des systèmes de partis les plus fragmentés d'Europe en montrant une volonté de compromis et en faisant preuve de flexibilité idéologique lorsque cela s'avérait nécessaire," a-t-il poursuivi. "Peut-être que ses successeurs suivront une voie similaire, peut-être pas," a-t-il déclaré.

La grande question qui se pose aujourd'hui est la suivante : qui animera la politique néerlandaise après Mark Rutte ?

Sur cette photo d'archives, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte écoute les débats au Parlement
Sur cette photo d'archives, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte écoute les débats au ParlementPeter Dejong / Copyright 2021 AP. Tous droits réservés

Comment se déroulent les élections aux Pays-Bas ?

Contrairement à d'autres pays européens, les élections aux Pays-Bas ont généralement lieu le mercredi, et ce dans le but de favoriser la participation des électeurs.

Dans le système de liste ouverte utilisé aux Pays-Bas, chaque parti présente une liste de candidats sur le bulletin de vote et les citoyens peuvent choisir pour quel candidat voter.

Pour obtenir un siège à la Chambre des représentants néerlandaise, le seul seuil qu'un parti doit atteindre est le nombre de votes valides divisé par 150, le nombre de sièges de la chambre. Cette absence de seuil est rare dans l'UE.

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Les résidents néerlandais des îles d'Aruba, de Curaçao et de Saint-Martin ne peuvent voter que s'ils ont vécu aux Pays-Bas pendant au moins dix ans ou s'ils ont travaillé dans la fonction publique néerlandaise sur l'une de ces îles, selon la page du site du gouvernement néerlandais consacrée au vote.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, le pays a mis en moyenne 94 jours pour former une nouvelle coalition, mais la constitution du dernier cabinet a été la plus longue de l'histoire de l'après-guerre. Il a fallu 299 jours de négociations pour parvenir à un accord.

Les sondages d'opinion suggèrent qu'au moins trois partis politiques seront nécessaires pour former un gouvernement de coalition après ces nouvelles élections.

Des bulletins de vote triés avant le dépouillement lors des élections générales à Amsterdam
Des bulletins de vote triés avant le dépouillement lors des élections générales à AmsterdamPeter Dejong / Copyright 2021 AP. Tous droits réservés

Quels sont les principaux partis ?

Le vote pour les 150 sièges de la chambre basse du Parlement ouvrira la voie à une nouvelle génération de dirigeants, après que des membres importants de la quatrième coalition au pouvoir de Mark Rutte ont également annoncé qu'ils quittaient la vie politique.

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Parmi eux, Sigrid Kaag, vice-Première ministre et cheffe du parti de gauche D66, a pris sa décision en raison de l'impact de la crise économique sur le pays. Elle a pris cette décision en raison des répercussions sur sa famille des menaces répétées qu'elle a reçues lorsqu'elle était en fonction.

Sur les 26 partis politiques en lice, seuls 17 sont actuellement représentés au Parlement.

"Les élections néerlandaises sont parmi les plus volatiles d'Europe occidentale," explique Philippe Mongrain.

Selon le chercheur, contrairement aux élections de 2021, le VVD au pouvoir a aujourd'hui deux rivaux proches : le nouveau parti de centre-droit et anti-establishment Nieuw Sociaal Contract (NSC), fondé en août par l'ancien député de l'Appel chrétien-démocrate Pieter Omtzigt, et la liste commune du Parti travailliste et de la Gauche verte, formée en juillet et dirigée par Frans Timmermans, ancien vice-président de la Commission européenne.

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Le dernier sondage réalisé par I&O Research montre que ces trois partis se disputent le pouvoir : le NSC de Pieter Omtzigt avec 27% des voix, le VVD de l'ancien Premier ministre avec 26% et la coalition de la Gauche verte et du Parti travailliste avec 25%.

"Le parti de l'ancien Premier ministre, le VVD, n'est pas particulièrement bien placé, mais le poste de Premier ministre n'est certainement pas hors de portée, d'autant plus que Pieter Omtzigt semble avoir exclu de prendre ce poste en cas de succès de son parti," explique Philippe Mongrain.

"Le nouveau parti d'Omtzigt attire des électeurs de plusieurs formations dont le VVD, le CDA et le D66, ce qui pourrait expliquer, du moins en partie, la performance quelque peu décevante de ces partis dans les sondages d'intentions de vote," ajoute-t-il.

Le Mouvement des agriculteurs et des citoyens (BoerBurgerBeweging, BBB) est un autre parti qui a obtenu de bons résultats lors des récentes élections régionales.

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Les politiques de lutte contre le changement climatique du gouvernement Rutte ont affecté les agriculteurs du pays, qui se sont mobilisés en masse pour protester.

Des milliers de personnes assistent à une manifestation anti-gouvernementale organisée par des syndicats agricoles à La Haye, Pays-Bas, le samedi 11 mars 2023
Des milliers de personnes assistent à une manifestation anti-gouvernementale organisée par des syndicats agricoles à La Haye, Pays-Bas, le samedi 11 mars 2023Peter Dejong / Copyright 2021 AP. Tous droits réservés

Qui est Omtzigt et pourquoi bouleverse-t-il la politique néerlandaise ?

Pieter Omtzigt est l'un des hommes politiques conservateurs les plus populaires des Pays-Bas et, bien qu'il n'ait fondé son parti politique, NSC, qu'il y a deux mois, nombreux sont ceux qui parient sur sa victoire aux élections.

Ce technocrate souhaite apporter des changements radicaux dans le pays : "Nous voulons réaliser nos idéaux, et non pas chercher le pouvoir pour le pouvoir," a déclaré l'homme politique de 49 ans aux journalistes.

Sa popularité repose sur son charisme et sa lutte contre l'establishment politique. Ancien député de l'Appel chrétien-démocrate, aujourd'hui indépendant, il est devenu un martyr en quittant son parti après avoir écrit un rapport critique sur celui-ci.

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Omtzigt a joué un rôle clé dans la découverte du scandale des allocations familiales qui a entraîné la chute du gouvernement Rutte en 2021. Les autorités fiscales néerlandaises ont utilisé un algorithme pour créer des profils de risque afin de détecter la fraude fiscale. Sur la base de ces indicateurs, les autorités pénalisaient les familles sur simple suspicion de fraude. Des dizaines de milliers de familles issues des milieux les plus défavorisés se sont retrouvées avec des dettes qu'elles ne pouvaient pas payer.

Ses antécédents en matière de révélation des faits et d'enquête sur les scandales politiques lui ont donné le statut d'étoile montante, mais saura-t-il saisir sa chance ?

Pieter Omtzigt, chef du parti NSC, s'exprime lors d'un débat avec d'autres candidats à l'approche d'élections nationales cruciales
Pieter Omtzigt, chef du parti NSC, s'exprime lors d'un débat avec d'autres candidats à l'approche d'élections nationales crucialesPeter Dejong / Copyright 2021 AP. Tous droits réservés

Quelles sont les préoccupations des électeurs ?

Si l'on demande aux électeurs néerlandais ce qui les préoccupe, il y a trois thèmes qui dominent : le pouvoir d'achat, l'immigration et le système de santé néerlandais, selon une étude récente d'AD Nieuws.

Comme le souligne Philippe Mongrain, l'inflation mensuelle des denrées alimentaires approchait les 20% au début de l'année et se situe actuellement autour de 10%, selon Statistics Netherlands, ce qui représente un fardeau important pour les consommateurs néerlandais.

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"Afin de maintenir le pouvoir d'achat des consommateurs et de financer le système de santé, de nombreux électeurs considèrent la réduction de l'immigration comme une solution viable pour libérer des fonds publics," ajoute le chercheur.

Plus de 40% des électeurs interrogés par AD estiment que trop d'argent est consacré au système de réinstallation des demandeurs d'asile dans le pays, ainsi qu'à d'autres coûts financiers liés à la migration.

La pénurie de logements, la transition énergétique et le changement climatique sont également au cœur des préoccupations des électeurs à l'approche de ces élections du 22 novembre.

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