Législatives néerlandaises : 5 choses à savoir après la victoire de Geert Wilders

FILE : Dans cette photo du 23 novembre 2016, le législateur populiste anti-islam Geert Wilders se prépare à s'adresser aux juges lors de son procès pour incitation à la haine.
FILE : Dans cette photo du 23 novembre 2016, le législateur populiste anti-islam Geert Wilders se prépare à s'adresser aux juges lors de son procès pour incitation à la haine. Tous droits réservés AP Photo
Par Euronews avec AP, AFP
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Cet article a été initialement publié en anglais

Il s'agit de la plus grande victoire dans l'histoire du parti d'extrême droite dirigé par l'homme politique anti-islam controversé Geert Wilders.

1. La victoire du PVV est importante et sans précédent

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L'ampleur de la victoire du "Parti de la Liberté" (PVV), dirigé par Geert Wilders dépasse largement les prévisions des instituts de sondage et double le nombre de sièges qu'il avait obtenus au Parlement, lors des dernières élections législatives. 

Il s'agit non seulement du meilleur résultat électoral jamais obtenu par cette formation d'extrême-droite, mais aussi de la première fois, depuis la Seconde Guerre mondiale, que le plus grand parti des Pays-Bas n'est pas issu de la famille des partis européens libéraux de centre-droit ou de centre-gauche.

Comment Geert Wilders a-t-il fait ? Il semble qu'il ait mobilisé ses électeurs de 2021 pour qu'ils se rendent à nouveau aux urnes, mais il semble aussi qu'il ait conquis des personnes qui s'étaient abstenues en 2021 et qu'il ait obtenu le soutien d'autres partis de droite.

2. Geert Wilders doit encore former une coalition

Le leader du "Parti de la Liberté" (PVV), Geert Wilders, a peut-être doublé le nombre de sièges de son parti au parlement néerlandais lors des élections de mercredi, mais cela ne signifie pas nécessairement qu'il deviendra Premier ministre.

Geert Wilders devra former une coalition avec d'autres partis pour obtenir la majorité au Parlement (ou tenter de gouverner avec une minorité), ce qui, en politique, implique toujours des compromis.

Le chef du Nouveau contrat social, parti lancé il y a seulement trois mois, a déclaré qu'il serait ouvert à des pourparlers avec Geert Wilders. Le parti a remporté environ 20 sièges lors de ces élections.

La coalition de centre-gauche formée par le parti travailliste et le parti écologiste devrait remporter 26 sièges, mais son dirigeant Frans Timmermans a d'ores et déjà exclu toute collaboration avec Geert Wilders.

"Nous ne formerons jamais de coalition avec des partis qui prétendent que les demandeurs d'asile sont la source de toutes les misères", affirme Frans Timmermans.

Le législateur populiste néerlandais anti-immigration Geert Wilders au parlement, La Haye, septembre 2023
Le législateur populiste néerlandais anti-immigration Geert Wilders au parlement, La Haye, septembre 2023AP Photo

3. "Informateur" et "formateur" : spécificités de la politique néerlandaise

Le processus de formation d'un nouveau gouvernement commence par des discussions préliminaires entre tous les partis afin de déterminer quelle combinaison de partis pourrait être en mesure de collaborer pour atteindre le seuil de la majorité, soit 76 sièges sur les 150 que compte le Parlement.

La chambre basse nomme ensuite un "informateur", chargé de définir les contours possibles d'un accord de coalition. Jusqu'en 2012, cette personne était nommée par le roi.

Lorsqu'il apparaît qu'un groupe de partis peut travailler ensemble, un "formateur" est nommé. Il s'agit presque toujours de la personne qui a remporté les élections et qui entame le travail délicat de constitution d'un cabinet potentiel.

Les partis signent ensuite un accord de coalition et le nouveau gouvernement présente ses projets à la chambre basse, qui doit ensuite les approuver par un vote de confiance.

4. La formation d'un nouveau gouvernement risque de prendre beaucoup de temps

Le processus semble unique, les pourparlers de coalition seront difficiles, alors combien de temps tout cela peut-il prendre ?

La réponse est simple : beaucoup de temps.

Les partis néerlandais se battent généralement pendant des mois pour inclure le plus grand nombre possible de points de leurs programmes dans l'accord de coalition, avant même que la course au pouvoir ne commence.

Après les élections de 2021, il a fallu 271 jours - un record - pour créer la coalition qui devait être la dernière du Premier ministre sortant Mark Rutte.

Cela pourrait prendre encore plus de temps cette fois-ci, car la plupart des analystes ne s'attendent pas à ce qu'un gouvernement soit formé avant l'été 2024.

En attendant, Mark Rutte et son gouvernement resteront aux commandes.

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Le leader d'extrême droite néerlandais Geert Wilders, à gauche, et le politicien belge anti-immigrés Filip Dewinter discutent au Parlement néerlandais, novembre 2017
Le leader d'extrême droite néerlandais Geert Wilders, à gauche, et le politicien belge anti-immigrés Filip Dewinter discutent au Parlement néerlandais, novembre 2017Geert Vanden Wijngaert/AP

5. Geert Wilders veut un référendum pour quitter l'UE

Bien que forger des alliances et travailler ensemble au sein d'un gouvernement de coalition nécessite des compromis, Geert Wilders a quelques projets politiques qui feront froid dans le dos en Europe, et qui seront ressentis à Bruxelles en particulier.

Bien que, jusqu'à présent, les Pays-Bas ne soient pas particulièrement enclins à quitter l'Union européenne, Geert Wilders affirme qu'il souhaite organiser un référendum "Nexit".

Parmi d'autres politiques controversées, il souhaite également mettre un terme à l'asile et interdire les écoles islamiques, les corans et les mosquées, même s'il s'est engagé mercredi soir à ne pas enfreindre les lois néerlandaises ou la constitution du pays, qui consacre la liberté de religion et d'expression.

Geert Wilders est également un fervent partisan d'Israël et prône le transfert de l'ambassade des Pays-Bas de Tel Aviv à Jérusalem et la fermeture du poste diplomatique néerlandais à Ramallah, siège de l'Autorité palestinienne.

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