Guerre en Ukraine : le soutien de la population russe s'effondre

Une manifestante brandit une pancarte lors d'une manifestation contre l'invasion russe de l'Ukraine, devant l'ambassade de Russie à Athènes, le vendredi 25 février 2022.
Une manifestante brandit une pancarte lors d'une manifestation contre l'invasion russe de l'Ukraine, devant l'ambassade de Russie à Athènes, le vendredi 25 février 2022. Tous droits réservés Frank Rumpenhorst/(c) Copyright 2022, dpa (www.dpa.de). Alle Rechte vorbehalten
Par Joshua Askew
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Cet article a été initialement publié en anglais

Selon l'Institut pour l'étude de la guerre, un groupe de réflexion américain, le Kremlin s'inquiète de l'impact politique de la désaffection pour la guerre, à l'approche de l'élection présidentielle de 2024.

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Selon un récent sondage, le soutien à la guerre en Ukraine en Russie n'a jamais été aussi faible.

L'institut de sondage indépendant Chronicles a constaté que le nombre de Russes qui soutiennent pleinement l'invasion a presque diminué de moitié depuis février 2023.

L'enquête révèle que les partisans de la paix sont beaucoup plus nombreux que les partisans de la guerre, et que les Russes sont plus nombreux à soutenir le départ des troupes de l'Ukraine qu'à s'y opposer.

L'Institut pour l'étude de la guerre ('Institute for the Study of War') a déclaré vendredi que le Kremlin était "probablement préoccupé" par l'évolution de l'opinion publique envers la guerre à l'approche de l'élection présidentielle russe de 2024.

Le groupe de réflexion basé aux États-Unis prédit que Vladimir Poutine axera sa campagne de réélection sur "la prétendue stabilité intérieure de la Russie et les critiques à l'égard de l'Occident, au lieu de se concentrer sur la guerre".

Il est toujours difficile de réaliser des sondages dans les États autoritaires comme la Russie. Critiquer la guerre y est désormais considéré comme un acte criminel, et le Kremlin dépense des millions pour la propagande en faveur de la guerre, ce qui signifie que les sondages peuvent ne pas refléter la réalité de la situation.

Lors d'une marche pour la paix, un homme brandit une affiche avec le slogan "Les Russes sont contre la guerre", près de l'embassade russe en Allemagne, le 2 mai 2022
Lors d'une marche pour la paix, un homme brandit une affiche avec le slogan "Les Russes sont contre la guerre", près de l'embassade russe en Allemagne, le 2 mai 2022Frank Rumpenhorst/(c) Copyright 2022, dpa (www.dpa.de). Alle Rechte vorbehalten

Chronicles, fondé par l'opposant russe Aleksei Miniailo, affirme que ses enquêtes donnent un aperçu précis de l'opinion publique.

Le groupe de recherche basé à Moscou a posé une série de questions à 1 199 adultes dans toute la Russie, dans le cadre d'un sondage téléphonique réalisé entre le 17 et le 22 octobre.

Il a constaté que le nombre de partisans de la guerre - ceux qui expriment une approbation "constante" de la guerre et souhaitent que l'invasion se poursuive jusqu'à ce qu'elle ait atteint ses objectifs - a chuté de 22 % en février 2023 à 12 % en octobre.

L'enquête de Chronicles a révélé que 40 % des Russes soutiennent le retrait des troupes d'Ukraine, quitte à abandonner les objectifs de la guerre. Ce chiffre est resté constant tout au long de l'année 2023.

33 % sont opposés au retrait de l'Ukraine et souhaitent que la guerre se poursuive, bien que ce chiffre ait régulièrement baissé, passant de 47 % en février à 39 % en juillet.

Cette désaffection des Russes pour la guerre pourrait s'expliquer par la pression croissante qu'ils ressentent, et leur pessimisme quant aux retombées de l'invasion, comme l'a montré un autre sondage.

Le sondage réalisé par Chronicles s'est fait l'écho de cette constatation et a révélé que 44 % des personnes interrogées ont vu leurs revenus familiaux baisser.

Vladimir Poutine a annoncé cette semaine une augmentation significative des dépenses militaires ; environ 30 % du budget du pays sera consacré aux forces armées en 2024.

L'enquête a également montré l'impact de la guerre sur la vie de la population.

Plus de la moitié des Russes (52 %) ont récemment été confrontés à l'anxiété ou à la dépression, contre environ un tiers (32 %) en mars 2022.

Les personnes à faible revenu sont plus susceptibles de faire état d'effets mentaux négatifs.

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