Vladimir Poutine réélu sans surprise face à des rivaux symboliques

Vladimir Poutine va entamer un 3e mandat consécutif en tant que président de la Fédération de Russie.
Vladimir Poutine va entamer un 3e mandat consécutif en tant que président de la Fédération de Russie. Tous droits réservés Alexander Zemlianichenko/Copyright 2024 The AP. All rights reserved.
Tous droits réservés Alexander Zemlianichenko/Copyright 2024 The AP. All rights reserved.
Par euronews avec agences
Partager cet articleDiscussion
Partager cet articleClose Button
Copier/coller le lien embed de la vidéo de l'article :Copy to clipboardLien copié

Au terme d'une campagne calibrée pour lui assurer une victoire sans partage, Vladimir Poutine a donc été réélu dimanche pour un troisième mandat consécutif à la présidence de la Fédération de Russie.

PUBLICITÉ

Tôt lundi matin lors d'une brève allocution, Vladimir Poutine, 71 ans, s'est félicité de sa victoire qui ne faisait aucun doute. 

La Commission électorale centrale de Russie a déclaré plus tard, qu’après le dépouillement de près de 100 % de toutes les circonscriptions, le président russe avait obtenu 87,29 % des voix. La chef de la Commission électorale centrale, Ella Pamfilova, a déclaré que près de 76 millions d'électeurs (sur 112 millions d'inscrits) ont voté pour Poutine, soit son plus grand nombre de voix jamais enregistré.

Le vainqueur attendu faisait face à trois challengers symboliques qui n'ont obtenu au total que 11% des suffrages. Les autres opposants potentiels n'ont pas eu le droit de se présenter, soit parce que leur candidature a été rejetée, soit parce qu'ils étaient en exil, en prison ou au cimetière.

Stanislav Andreychuk, coprésident de l'organisme indépendant de surveillance des élections de Golos, a déclaré que la pression exercée sur les électeurs par les forces de l'ordre avait atteint des niveaux sans précédent.

Selon l'agence officielle russe Tass, le taux de participation à l'élection présidentielle russe atteindrait les 73,33%.

Les résultats de l'élection témoignent de la confiance des citoyens du pays et de leur espoir que nous ferons tout ce qui est prévu
Vladimir Poutine
Président russe

Après avoir remercié les électeurs russes dimanche soir, Vladimir Poutine assuré que les actions de protestation à l'appel de l'opposition n'avaient eu aucun impact sur la présidentielle, tout en menaçant de poursuites ceux qui ont gâché des bulletins de vote. "Il s'agit d'une infraction pénale et nos forces de l'ordre et nos instances judiciaires agiront conformément à la loi", a mis en garde M. Poutine. "En réalité, cela n'a eu aucun effet".

Fait inhabituel, Vladimir Poutine a fait référence à Alexeï Navalny pour la première fois depuis des années lors de sa conférence de presse. Il a déclaré avoir été informé d'un projet visant à libérer le chef de l'opposition de prison, quelques jours avant sa mort. V. Poutine a déclaré qu’il acceptait l’idée, à condition que Navalny ne retourne pas en Russie.

Quant à son nouveau mandat, Vladimir Poutine a déclaré avoir"beaucoup de tâches concrètes et importantes à accomplir. Les résultats de l'élection témoignent de la confiance des citoyens du pays et de leur espoir que nous ferons tout ce qui est prévu", a indiqué le président dans un discours télévisé dans la nuit de dimanche à lundi.

Après une nouvelle vague d'attaques de drone ukrainiens dans la nuit de samedi à dimanche, Vladimir Poutine a également rappelé que son pays ne se laisserait pas "intimider" ni "écraser", après deux ans de conflit en Ukraine et de crise avec les Occidentaux.

"Peu importe qui veut nous intimider ou à quel point, peu importe qui veut nous écraser ou à quel point, notre volonté ou notre conscience. Personne n'a jamais réussi à faire quelque chose de semblable dans l'histoire. Cela n'a pas fonctionné aujourd'hui et ne fonctionnera pas à l'avenir", a martelé le chef de guerre russe.

Des félicitations et des critiques

La victoire de Vladimir Poutine a été notamment dénoncée par l'opposition en exil. L'équipe de l'opposant russe Alexeï Navalny, mort en prison, a dénoncé dimanche le score obtenu par Vladimir Poutine qui "pas de lien avec la réalité" a écrit sur X Léonid Volkov, ex-bras droit en exil du défunt Alexeï Navalny, quelques minutes après l'annonce du dépouillement des suffrages d'un quart des bureaux de vote.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong Un et les présidents du Honduras, du Nicaragua et du Venezuela ont rapidement félicité Vladimir Poutine pour sa victoire, tout comme les dirigeants des pays ex-soviétiques d'Asie centrale du Tadjikistan et de l'Ouzbékistan, tandis que l'Occident a qualifié le vote de simulacre.

A l'étranger également, le ministre britannique des Affaires étrangères David Cameron a critiqué sur X, "la tenue illégale d'élections sur le territoire ukrainien" mais aussi "le manque de choix pour les électeurs et à l'absence de surveillance indépendante de l'OSCE. Ce n’est pas à cela que ressemblent des élections libres et équitables."

Lundi, la France a déploré de son côté que "les conditions d'une élection libre, pluraliste et démocratique" n'aient pas été "une nouvelle fois" réunies en Russie, après la réélection dimanche du président Vladimir Poutine

Le président ukrainien a déclaré que Vladimir Poutine était "ivre de pouvoir" et qu'il voulait "régner éternellement". Dans un message sur les réseaux sociaux, Volodymyr Zelensky estime que la présidentielle russe n'avait "aucune légitimité".

Le ministère polonais des Affaires étrangères a également jugé que cette élection n'était "pas légale" et qu'elle n'avait pas été "libre et équitable".

Partager cet articleDiscussion

À découvrir également

Présidentielle russe : "Les conditions d’une élection libre pas réunies", estime Paris

Festival du film des droits humains : au palmarès, un zoom sur Gaza et la Russie

A Marioupol, une "élection" orchestrée par l'armée russe