Un parti séparatiste d'extrême droite en tête des sondages électoraux en Belgique

Le leader d'extrême droite du Vlaams Belang Tom Van Grieken.
Le leader d'extrême droite du Vlaams Belang Tom Van Grieken. Tous droits réservés Virginia Mayo/Copyright 2019 The AP. All rights reserved.
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Par Vincenzo GenoveseYolaine de Kerchove
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Un parti séparatiste d'extrême droite est en tête des sondages en Belgique, où les citoyens choisiront en juin leurs représentants au Parlement régional, fédéral et européen.

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Selon une enquête Euronews/Ipsos, le Vlaams Belang recueille 23,5 % des électeurs en Flandre, la partie néerlandophone du nord du pays, plus riche et plus peuplée que la Wallonie francophone du sud.

Le parti a un objectif clair : faire de la Flandre un État indépendant.

"La Flandre est le moteur démographique, politique, financier et économique de la Belgique. Le problème est que nous n'avons que 50 % du pouvoir politique et qu'il y a un transfert financier de la région flamande votant plus à droite vers la région wallonne votant plus à gauche, où l'on parle français, qui est proche de la France. Et nous en avons assez de payer leurs factures", déclare Tom Vandendriessche, député européen du Vlaams Belang, ID, Belgique.

Le succès du Vlaams Belang fait suite à la montée du populisme et de l'extrémisme dans toute l'Europe et repose sur son opposition à l'immigration. Mais il y a aussi des raisons plus spécifiques.

"Beaucoup de Flamands considèrent qu'ils sont freinés par la Wallonie, la partie sud du pays, et qu'ils s'en sortiraient mieux s'ils étaient indépendants. C'est le même phénomène que l'on a observé avec le Brexit, par exemple.", explique François Gemenne, politologue à HEC Paris.

La stratégie du Vlaams Belang consiste à s'allier avec le parti conservateur flamand Nieuw-Vlaamse Alliantie (NVA) après le vote. Ensemble, ils peuvent obtenir la majorité des sièges au Parlement flamand, déclarer la Flandre comme un État souverain et inviter le gouvernement wallon à procéder à une scission ordonnée de la Belgique. Cependant, les habitants de la ville flamande de Malines ne semblent pas d'accord.

"Je me sens vraiment belge. Et puis notre pays est déjà tout petit, alors ce serait dommage de le diviser.", témoigne Sandrine, une employée.

"Je pense que ce n'est pas bien parce que la Belgique est déjà un petit pays. Je ne veux pas être encore plus petit.", pense aussi Jordy, un étudiant.

"Je pense que ce n'est pas une bonne chose. Je préférerais que la Belgique reste telle qu'elle est aujourd'hui.", ajoute Emily, une élève.

"Selon le Vlaams Belang, le nouveau pays flamand resterait membre de l'Union européenne et de l'OTAN, en tant qu'État successeur de la Belgique. Mais ils ont aussi l'ambition de réformer l'UE pour en faire une organisation de coopération économique entre nations souveraines, sans aucune autre intégration", souligne Vincenzo Genovese, journaliste à Euronews.

Video editor • Vassilis Glynos

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