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Près d'une semaine après la mort de Renee Good, l’ICE tire sur un homme à Minneapolis

Des gaz lacrymogènes entourent des agents des forces de l’ordre fédérales alors qu’ils quittent les lieux après une fusillade, mercredi 14 janvier 2026, à Minneapolis.
Du gaz lacrymogène enveloppe des agents des forces de l'ordre fédérales alors qu'ils quittent les lieux après une fusillade, mercredi 14 janvier 2026, à Minneapolis. Tous droits réservés  AP Photo/John Locher
Tous droits réservés AP Photo/John Locher
Par Emma De Ruiter
Publié le
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Un agent fédéral de l’immigration a blessé par balle un homme à la jambe mercredi soir lors d’une opération de contrôle à Minneapolis, déclenchant des heurts avec des manifestants. Le maire de la ville a qualifiée la situation d’"intenable".

Un agent de la police fédérale américaine de l'immigration, l'ICE, est à l'origine d'un nouveau tir sur une personne, un peu plus d’une semaine après la mort par balle de Renee Good le 7 janvier, sur fond de vaste offensive contre l’immigration qui a vu des milliers d’agents de l’ICE envoyés dans la plus grande ville du Minnesota.

Le département américain de la Sécurité intérieure affirme que des agents fédéraux étaient impliqués dans la poursuite d’un Vénézuélien illégalement immigré dans le pays.

L’individu a pris la fuite en voiture et a percuté une voiture en stationnement avant de s’enfuir à pied, a précisé le DHS.

Lorsque les agents ont rejoint l’individu, deux autres personnes sorties d’un appartement voisin ont attaqué l'un des policiers "avec une pelle à neige et un manche de balai", selon le DHS.

"Craignant pour sa vie et sa sécurité alors qu’il était pris en embuscade par trois individus, l’agent a tiré un coup de feu défensif pour défendre sa vie", a indiqué le DHS.

Le chef de la police de Minneapolis, Brian O’Hara, a indiqué que l’homme blessé par balle était hospitalisé pour une blessure non mortelle et que les deux personnes sorties de l’appartement étaient en garde à vue.

Des affrontements ont suivi entre agents fédéraux et manifestants qui demandent le départ de l’ICE de la ville. Des agents équipés de masques à gaz ont tiré des gaz lacrymogènes, tandis que certains manifestants lançaient des pierres et tiraient des feux d’artifice.

Le département américain de la Sécurité intérieure affirme que les agents de l’ICE ont procédé à plus de 2 000 arrestations au Minnesota depuis début décembre et promet de poursuivre les opérations.

La situation "défie l’entendement", affirme le gouverneur Walz

Les tensions, très vives depuis la mort par balle de Renee Good le 7 janvier, se sont encore intensifiées mercredi.

Des témoins ont exigé le départ des agents après les avoir vus extraire des personnes de leurs voitures et de leurs domiciles, une situation que le maire démocrate de Minneapolis, Jacob Frey, a qualifiée d’"intenable".

Des manifestants face à des agents des forces de l’ordre après une fusillade, mercredi 14 janvier 2026, à Minneapolis.
Des manifestants face à des agents des forces de l’ordre après une fusillade, mercredi 14 janvier 2026, à Minneapolis. AP Photo/Abbie Parr

"Notre ville est placée dans une situation impossible alors que nous tentons de trouver une voie pour protéger la population, protéger nos voisins et maintenir l’ordre", a déclaré Frey mercredi.

Jacob Frey a décrit une force fédérale cinq fois plus importante que la police municipale, forte de 600 agents, créant des tensions parmi les habitants, dont certains veulent que les policiers "affrontent les agents de l’ICE".

"Nous ne pouvons pas, aujourd’hui en Amérique, nous retrouver dans une situation où deux entités gouvernementales se battent littéralement l’une contre l’autre", a-t-il déclaré.

Jacob Frey a ajouté que la police de Minneapolis reste chargée de ses missions quotidiennes alors que 3 000 agents de l’ICE "créent le chaos", ajoutant "ce n’est pas la voie que nous devrions suivre aujourd’hui en Amérique".

Un manifestant tient un parapluie alors que des étincelles jaillissent d’une grenade assourdissante lancée par les forces de l’ordre, mercredi 14 janvier 2026, à Minneapolis.
Un manifestant tient un parapluie alors que des étincelles jaillissent d’une grenade assourdissante lancée par les forces de l’ordre, mercredi 14 janvier 2026, à Minneapolis. AP Photo/Adam Gray

Lors d’un discours télévisé avant la fusillade de mercredi, le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, a décrit l’État comme étant en proie au chaos, affirmant que ce qui s’y passe "défie l’entendement".

"Soyons très, très clairs : cela a cessé depuis longtemps d’être une question d’application des lois sur l’immigration", a-t-il déclaré. "C’est désormais une campagne de brutalité organisée contre les habitants du Minnesota menée par notre propre gouvernement fédéral."

Les démocrates proposent des lois pour limiter l’ICE

Des élus démocrates à travers le pays proposent des modifications des lois des États pour limiter l’application des règles de l’immigration.

Le Parlement du New Jersey, dominé par les démocrates, a adopté lundi trois projets de loi réclamés de longue date par les organisations de défense des droits des immigrés, dont une mesure interdisant aux forces de l’ordre de l’État de coopérer avec les autorités fédérales chargées de l’immigration.

En Californie, des parlementaires proposent d’interdire aux forces de l’ordre locales et d’État d’occuper un second emploi au sein du département de la Sécurité intérieure et de considérer comme une infraction aux lois de l’État les arrestations "indiscriminées" effectuées par l’ICE aux abords des tribunaux.

Un manifestant tient un exemplaire de la Constitution américaine face aux forces de l’ordre fédérales après une fusillade, mercredi 14 janvier 2026, à Minneapolis.
Un manifestant tient un exemplaire de la Constitution américaine face aux forces de l’ordre fédérales après une fusillade, mercredi 14 janvier 2026, à Minneapolis. AP Photo/Adam Gray

La gouverneure de New York, Kathy Hochul, souhaite que l’État permette aux citoyens de poursuivre des agents fédéraux pour des violations présumées de leurs droits constitutionnels. Une autre mesure vise à tenir à l’écart des écoles, des hôpitaux et des lieux de culte les agents de l’immigration dépourvus de mandats judiciaires.

Le Minnesota et l’Illinois, rejoints par leurs plus grandes villes, ont intenté une action en justice cette semaine contre l’administration Trump. Minneapolis et le Minnesota accusent l’administration républicaine de violer la liberté d’expression en punissant un État progressiste qui favorise les démocrates et accueille les immigrés.

L’administration Trump s’est opposée aux tentatives de limitation des opérations de l’ICE, allant jusqu’à poursuivre en justice des collectivités dont les politiques de "sanctuaire" restreignent les interactions de la police avec les agents fédéraux.

Sources additionnelles • AP

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