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Royaume-Uni : Robert Jenrick, ténor des Conservateurs, rejoint le parti anti-immigration Reform UK

Un drapeau britannique flotte sur fond de Big Ben, à Londres, le 7 janvier 2026
Un drapeau britannique flotte sur fond de Big Ben, à Londres, le 7 janvier 2026. Tous droits réservés  AP Photo
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Par Gavin Blackburn
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Avant l'annonce officielle de l'entrée au sein du parti Reform UK de Robert Jenrick, la cheffe des Conservateurs, Kemi Badenock a annoncé le limogeage de l'ancien ministre de l'immigration du gouvernement de Rishi Sunak.

C'est un nouveau coup dur pour le parti conservateur britannique. Ce jeudi 15 janvier, Robert Jenrick, ténor des Tories et ancien ministre de l'immigration du gouvernement de Rishi Sunak, a rejoint la formation d’extrême-droite Reform UK, de Nigel Farage.

Le parti conservateur "n'a pas ce qu'il faut pour le changement radical dont le Royaume-Uni a besoin", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse organisée aux côtés du chef du parti anti-immigration. Il a ajouté que les Tories avaient "trahi ses électeurs", notamment avec sa position sur l'immigration.

Après les élections de 2024, qui ont plongé le parti dans la pire crise qu'il ait connu depuis des années, "j’espérais que le Parti conservateur changerait, reconnaîtrait nos erreurs avec humilité, se repentirait", a‑t‑il également affirmé. "J’ai dit cela après les élections, je me suis battu pour cela, j’espérais que ce serait possible. Mais au cours de l’an passé, je me suis rendu compte que c’était naïf. Cela ne s’est pas produit."

Robert Jenrick garde son poste de député et permet à Reform UK de porter à six le nombre de sièges à la Chambre des communes, qui en compte 650. Les Conservateurs n'en compte donc plus que 118.

Exclusion du parti

Un peu plus tôt, la dirigeante conservatrice Kemi Badenoch a annoncé, sur X, avoir renvoyé Robert Jenrick en raison de "preuves irréfutables qu’il préparait en secret son départ", de façon "à être aussi dommageable que possible" pour le parti.

Elle a également annoncé avoir suspendu son adhésion au parti. "Les Britanniques en ont assez des psychodrames politiques, et moi aussi", a-t-elle déclaré. "Ils en ont trop vu sous le dernier gouvernement, ils en voient trop avec celui-ci. Je ne reproduirai pas ces erreurs."

Kemi Badenoch espère que ce licenciement abrupt et sans ambiguïté renforcera sa position à la tête des Conservateurs et lui permettra de regagner les partisans perdus au profit de Reform UK.

Elle a ajouté que ça ne sera pas facile, pour Nigel Farage, de garder Robert Jenrick de son côté. "Tout ce que je dirais à Nigel [Farage], c’est que Rob [Jenrick] n’est plus mon problème", a‑t‑elle déclaré.

En éjectant Robert Jenrick, Kemi Badenoch transforme ainsi un rival interne en adversaire externe. Certains conservateurs se sont réjouis de son départ, accusant l'ex-ministre de l'immigration de comploter contre la dirigeante du parti et de pousser les conservateurs vers l'extrême-droite.

Depuis qu’il a perdu la direction du parti, Robert Jenrick est devenu l’une des voix les plus bruyantes du parti contre l’immigration.

Reform UK, radeau de sauvetage pour les Conservateurs

Robert Jenrick est le 18e membre des Conservateurs à avoir rejoint les rangs de Reform UK ces derniers mois, plongeant ainsi un peu plus les Tories dans la crise à l’approche d’une série d’élections le 7 mai, dont celles des parlements écossais et gallois, dans lesquelles le parti de Nigel Farage apparaît comme le grand favori.

Les Conservateurs affronteront non seulement le gouvernement travailliste à leur gauche, mais aussi Reform UK à leur droite.

Robert Jenrick s'était montré plus ouvert que Kemi Badenoch à la perspective d'une forme d'accord entre les Conservateurs et Reform UK pour uni la droite à l'approche des prochaines élections législatives, qui doivent se tenir en 2029.

Robert Jenrick s'adresse aux membres lors de la conférence du Parti conservateur au Centre international des congrès de Birmingham, le 2 octobre 2024
Robert Jenrick s'adresse aux membres lors de la conférence du Parti conservateur au Centre international des congrès de Birmingham, le 2 octobre 2024 AP Photo

Le Premier ministre travailliste, Keir Starmer, dont la côte a fortement chuté depuis les législatives à la suite d'une série de faux pas, s'est interrogé sur les raisons pour lesquelles Kemi Badenoch avait mis "autant de temps" à limoger Kemi Jenrick, au vu de toutes les spéculations selon lesquelles il cherchait soit à la défier, soit à rallier Reform UK.

Kemi Badenoch, partisane d'un État minimal et de faibles impôts, a poussé les Conservateurs plus à droite, annonçant des politiques proches de celles du président Donald Trump, dont la promesse d'expulser 150 000 immigrés en situation irrégulière par an. Mais ses mauvais résultats dans les sondages et ses prestations ternes au Parlement avaient alimenté les spéculations selon lesquelles elle pourrait être évincée bien avant les prochaines élections.

Cependant, elle a fait une impression plus forte au Parlement ces dernières semaines, notamment lors de ses séances hebdomadaires de questions à Keir Starmer, ce qui semble avoir consolidé sa position de dirigeante.

Les Conservateurs ne sont pas étrangers aux turbulences : ils ont connu six dirigeants en dix ans, dont cinq ont occupé le poste de Premier ministre.

La colère généralisée face à la manière dont le parti gouvernait le Royaume-Uni a conduit à leur défaite aux législatives de juillet 2024, lorsqu'ils ont perdu environ les deux tiers de leurs députés, leur pire performance depuis la naissance du parti moderne il y a près de 200 ans.

Sources additionnelles • AP

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