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Japon : le parti de la Première ministre Sanae Takaichi en passe de remporter une victoire écrasante aux législatives

Un électeur remplit son bulletin de vote lors de l'élection de la Chambre basse dans un bureau de vote, dimanche 8 février 2026, à Tokyo
Un électeur remplit son bulletin de vote lors de l'élection de la Chambre basse dans un bureau de vote, dimanche 8 février 2026, à Tokyo Tous droits réservés  AP Photo/Louise Delmotte
Tous droits réservés AP Photo/Louise Delmotte
Par Orestes Georgiou Daniel avec AFP
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Selon les premières estimations, le parti de Sanae Takaichi a obtenu une majorité des deux tiers à la Chambre basse du Japon, le meilleur résultat pour le Parti libéral-démocrate (PLD) depuis les élections de 2017 sous l'ancien Premier ministre Shinzo Abe.

La Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, est en passe de remporter une victoire écrasante lors des élections législatives anticipées de dimanche, selon les premières estimations des médias nippons.

Quatre mois après être devenue la première femme à accéder au poste de Première ministre du Japon, le bloc au pouvoir de Sanae Takaichi pourrait même obtenir une majorité des deux tiers à l'Assemblée.

Si cela se confirme, il s'agirait du meilleur résultat pour le Parti libéral-démocrate (PLD) depuis les élections de 2017, quand le parti était dirigé par le mentor de Sanae Takaichi, l'ancien Premier ministre Shinzo Abe, assassiné en 2022.

Une majorité de deux tiers à la Chambre basse

Le PLD aurait obtenu environ 300 des 465 sièges - contre 198 précédemment -, regagnant ainsi une super-majorité, potentiellement sans son partenaire junior, le Parti japonais de l'innovation (Ishin).

"Nous avons reçu le soutien des électeurs pour les politiques fiscales responsables et proactives de la Première ministre Sanae Takaichi et pour le renforcement des capacités de défense nationale", a déclaré Shunichi Suzuki, secrétaire général du PLD, aux médias.

La Première ministre japonaise et présidente du PLD au pouvoir, Sanae Takaichi, s'exprime lors d'une interview au siège du PLD le dimanche 8 février 2026
La Première ministre japonaise et présidente du PLD au pouvoir, Sanae Takaichi, s'exprime lors d'une interview au siège du PLD le dimanche 8 février 2026 Kim Kyung-Hoon/AP Photo

La nouvelle Alliance réformatrice centriste, composée du Parti constitutionnel démocratique (CDP), principal parti d'opposition, et de Komeito, ancien partenaire du PLD, perdrait quant à elle plus des deux tiers de ses 167 sièges.

Le parti anti-immigration Sanseito aurait augmenté le nombre de ses sièges de deux à cinq ou 14, selon la chaîne de télévision NHK.

Le PLD retrouve sa popularité perdue

Âgée de 64 ans, Sanae Takaichi a permis au PLD de regagner une grande partie du soutien qu'il avait perdu lors des dernières élections en raison de la hausse des prix et de plusieurs scandales de corruption.

Batteuse de heavy metal dans sa jeunesse et admiratrice de l'ancienne Première ministre britannique Margaret Thatcher, Sanae Takaichi faisait partie de la frange ultra-conservatrice du PLD lorsqu'elle est devenue cheffe du parti et Première ministre en octobre de l'année dernière.

Depuis, sa popularité ne s'est pas démentie auprès des électeurs, en particulier des jeunes, mais elle devra maintenant tenir ses promesses en matière d'économie et d'inflation.

Elle a récemment annoncé un plan de relance de 135 milliards de dollars (environ 110 milliards d'euros) visant à atténuer les effets de l'inflation - l'une des principales causes du mécontentement des électeurs - en promettant pendant la campagne de suspendre la taxe à la consommation sur les denrées alimentaires.

La dette japonaise représente plus de deux fois l'ensemble de l'économie et, ces dernières semaines, les rendements des obligations à long terme ont atteint des sommets, provoquant des tensions dans le monde entier.

Les relations sino-japonaises mises à l'épreuve

Son triomphe électoral pourrait cependant ne pas être du goût de Pékin.

À peine deux semaines après son entrée en fonction, Sanae Takaichi a laissé entendre que le Japon pourrait intervenir militairement si Pékin cherchait à s'emparer par la force de l'île autonome de Taïwan.

La Chine, qui considère l'île comme faisant partie de son territoire et n'a pas exclu de recourir à la force pour l'annexer, a fermement condamné cette déclaration.

Les autorités chinoises ont convoqué l'ambassadeur de Tokyo, déconseillé à ses ressortissants de se rendre au Japon et organisé des exercices aériens conjoints avec la Russie. Les deux derniers pandas japonais ont même été rendus à la Chine le mois dernier.

Les relations entre Tokyo et Washington semblent en revanche au beau fixe.

"J’ai hâte de me rendre à la Maison Blanche ce printemps et de poursuivre notre travail commun afin de renforcer encore l’alliance nippo-américaine", a déclaré dimanche Sanae Takaichi, après l'annonce des résultats provisoires des législatives.

Saluant un partenariat entre Tokyo et Washington "fondé sur une confiance profonde et une coopération étroite et solide", elle affirme que "le potentiel de [leur] alliance est sans limite".

Cette victoire annoncée aux législatives a également été applaudie immédiatement par le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, qui a salué "une grande victoire" d'un "grand allié" des États-Unis.

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