La commission budgétaire du Parlement allemand a approuvé six achats importants de la Bundeswehr, chacun dépassant la limite de 25 millions d'euros, y compris l'achat de munitions pour drones.
La Bundeswehr prévoit de commander pour environ 540 millions d’euros des systèmes d’armes auprès des fabricants allemands Helsing et Stark Defence. La commission budgétaire devra de nouveau se prononcer sur d’éventuels achats supplémentaires dépassant ce montant.
Parmi les projets d'armement approuvés figurent également deux contrats-cadres pour des systèmes de munitions létales (LMS). Ceux-ci sont souvent appelés "drones kamikazes".
Il s'agit de systèmes aériens sans pilote qui peuvent rester en vol stationnaire pendant une période prolongée avant d'attaquer des cibles avec des ogives intégrées, combinant ainsi les capacités d'un drone de reconnaissance et d'une arme de précision.
Le ministère de la Défense a cependant dû respecter certaines limites. Alors qu’il était initialement prévu de dépenser jusqu’à quatre milliards d’euros pour les munitions rôdeuses, le plafond a finalement été fixé à deux milliards d’euros.
Dans un premier temps, un nombre fixe de ces systèmes sera commandé auprès de deux fabricants. Selon le ministère de la Défense, d'autres drones pourront être achetés ultérieurement via les contrats-cadres, à condition qu'ils répondent aux exigences de la Bundeswehr. Il n'y aurait pas d'obligation d'acheter des systèmes supplémentaires.
Avec cette acquisition, la Bundeswehr met en place une capacité importante de la guerre moderne, qui peut être utilisée à distance de sécurité. La décision de la commission budgétaire doit garantir que la brigade blindée 45 en Lituanie puisse être équipée de ces systèmes d'ici 2027.
Critique de la liaison Thiel de Stark Defence
Les critiques ont fusé de la part des Verts et de la gauche à propos de ces plans. La raison en est la participation de l'investisseur américain Peter Thiel, un soutien du président américain Donald Trump, qui aurait, selon le Manager Magazin, investi des dizaines de millions d'euros dans l'entreprise de drones Stark Defence à l'aide de son Founders Fund. Sara Nanni, des Verts, a mis en garde dans un entretien à l'AFP contre une influence cachée du milliardaire américain de la technologie.
Le Handelsblatt rapporte, en se référant à une porte-parole de Stark Defence, que Thiel n'a "aucune influence sur les activités opérationnelles de Stark". Il serait un investisseur minoritaire, dont la part se situerait à un pourcentage à un chiffre.
Après la commission de la défense mercredi, le ministre allemand de la Défense Boris Pistorius (SPD) a déclaré que "s'il y a des inquiétudes sur la qualité de la participation de Thiel dans l'entreprise, nous devons y donner suite". Selon Pistorius, ce n'est toutefois pas le cas. Lui aussi répète la déclaration de la porte-parole de Stark selon laquelle la participation de Thiel "représente un pourcentage à un chiffre, sans accès ou consultation des faits opérationnels".
"Cela nous a été assuré par écrit par l'entrepreneur. Et il n'y a aucun doute à ce sujet", a déclaré Pistorius.